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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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27 septembre 2008 6 27 /09 /septembre /2008 07:30

Hier, je l'ai dit, le Gouvernement présentait le Projet de Loi de Finances pour 2009, c'est-à-dire le budget de l'Etat pour l'année prochaine. Dès sa présentation, on le voit, cela va être dur pour bien des ministres, et donc des services publics, pour les fonctionnaires et pour les collectivités locales (cf. article précédent). Dans les mois qui viennent, cela va aussi être très dur pour nos concitoyens, les associations… Je le crains.

 

Car les comptes dérapent et le dérapage est fort ! Les finances de la Maison France ne sont pas tenues !

 

● Ainsi, le déficit de l'Etat va augmenter de 20 % entre 2008 et 2009 ! Le Gouvernement peut ne rien en dire, mais c'est pourtant la réalité !

 

Le déficit du budget de l'Etat était de - 41,7 Mds € prévus en loi de finances initiale pour 2008. En cours d'année, il y aura eu :

o      - 5 Mds € de moins values fiscales (des recettes moindres que prévues) ;

o      - 4 Mds € de charge supplémentaire de la dette (augmentation des intérêts payés sur la dette de l'Etat, notamment – mais pas seulement – en raison de la hausse des taux d'intérêt) ;

o      + 1,3 Mds € d’économies (annulations de crédits).

 

Au final, le déficit 2008 sera de - 49,4 Mds ! Pour 2009, le Gouvernement présente un budget en loi de finances initiale à - 52,0 Mds € ! La dérive est donc de + 25 % d'une année à l'autre.

 

 

● La charge de la dette s'envole. Déjà en 2008, il y a eu dérapage de 4 Mds € de la charge d'intérêt, comme je viens de le dire. La hausse sera au moins de 2 Mds € par an dans les 4 ans qui viennent, d'après les propos même du ministre qui estime que « le passé nous rattrape ».

 

Sur la période 2003-2007, la charge de la dette a augmenté de + 500 millions € par an ; sur la période de 2008-2012, elle augmentera de + 2100 millions € par an (ça quadruple !).

 

Ainsi, elle devrait être de 41,2 Mds € en 2008 et atteindrait 49,5 Mds en 2012 (soit + 20 % en 4 ans !).

 

 

● Enfin, la dette de l'Etat crève les plafonds autorisés. Ainsi, alors qu'elle était de 64,9 % fin 2006, de 65,3 % en 2008, la dette de l'Etat va grimper à 66 % du PIB en 2009. La France est, et reste donc, très sensiblement supérieure au plafond de 60 % (du PIB) imposé par Bruxelles.

 

 

 

 

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 22:55

N'allez pas penser que nous copions l'initiative du Gouvernement de récompenser les bacheliers français. A Wattrelos, cela fait déjà plusieurs mois que nous en avons eu l'idée, notamment grâce à mon adjoint à l'enseignement supérieur et à l’égalité des chances, Amed Zafrane, lui-même professeur.

 

Cette idée, nous l'avons mise en pratique ce soir en recevant à l'Hôtel de ville les bacheliers ayant obtenu leur diplôme dans un lycée wattrelosien, c'est-à-dire Zola pour l'enseignement général et professionnel, et Savary pour l'enseignement professionnel.

Manifestement, le principe de cette réception a séduit puisque la quasi-totalité des quelque 100 lauréats était présente !

 

A ces jeunes Wattrelosiens qui, comme moi il y a 30 ans, ont connu la grande émotion de lire leur nom sur la liste des élèves reçus (en ce qui me concerne, c’était sur la grille du lycée Zola), j'ai voulu adresser trois messages.

 

D'abord, leur transmettre les félicitations de la Municipalité car le baccalauréat est évidemment un élément capital de la réussite scolaire et il n'était pas normal que Wattrelos, jusqu'à aujourd'hui, ne comptât pas de réception de ce type dans le calendrier de ses cérémonies. Par surcroît, le Bac, créé par un décret en 1808, a 200 ans cette année ; tout un symbole !

 

Ensuite, j'ai voulu affirmer notre soutien à nos établissements scolaires wattrelosiens, primaires comme secondaires. Mon prédécesseur Jean Delvainquière s'était battu pour l'ouverture d'un lycée wattrelosien à la fin de années 60 (Zola), son successeur Alain Faugaret avait obtenu celle d'un lycée professionnel dans les années 80 (Savary), et moi-même, j'avais eu à défendre les intérêts de nos lycées wattrelosiens il y a une dizaine d'années, convaincu que si je n'avais pas pu étudier à Wattrelos, moi qui suis issu d'un milieu modeste, j'aurais sans doute dû mettre un terme plus tôt à ma scolarité.

 

Toutes celles et ceux ayant comme moi accédé à des responsabilités et que je rencontre au hasard de mes activités, à Paris ou ailleurs, me disent d'ailleurs leur fierté d'avoir été à l'école, au collège puis au lycée à Wattrelos.

 

Enfin, j'ai tenu à encourager tous ces jeunes à poursuivre avec succès leurs études s'ils le souhaitent. Peut-être avec un petit coup de pouce de la Ville puisqu'à Wattrelos, on peut avoir droit, sous condition de ressources bien sûr, à une bourse d'enseignement supérieur (j'en avais moi-même bénéficié à l'époque). Certes, l'enseignement supérieur n'est pas de la compétence d'une ville, mais pour nous, il est fondamental de pouvoir aider financièrement nos jeunes qui en ont besoin à ce moment décisif de leur vie, car l'inscription à l’université, les fournitures à acheter, le trajet, le logement parfois, cela coûte cher lorsque l'on mène des études.

 

Cette année, Wattrelos a consacré 135 000 euros à ce dispositif, certes pas obligatoire mais essentiel pour nous qui voulons garantir l'égalité réelle des chances et offrir une clé supplémentaire à la réussite. Offrir une clé, c’est d’ailleurs ce que j’ai fait très concrètement puisque j’ai remis à nos bacheliers, à l’issue de la cérémonie, une clé USB qui, j’espère, leur sera utile pour leurs travaux informatiques. Là encore, tout un symbole !

 

Félicitations à nos bacheliers de la promo 2008 !

 

 

 

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 14:35

L'économie française ne va pas bien.

 

Dès avant la crise financière qui s'accélère (et c'est préoccupant pour les conséquences que cela va avoir, car cela risque bien d'accentuer la dégradation de la situation française !), les indicateurs économiques de la France ne sont pas bons.

 

Le journal Libération de ce matin les synthétise : une croissance économique négative (-0,3 % au 2e trimestre 2008) ; un commerce extérieur déficitaire de - 4,8 Mds € en juillet 2008 (et - 50 Mds € en un an) ; une inflation de + 3,2 % (en rythme annuel) en août ; un pouvoir d'achat des ménages qui s'effondre (+ 0 % au 1er trimestre 2008, - 0,6 % au 2e trimestre) ; des créations d'emplois qui se sont d'abord ralenties (+ 0,7 % au 1er trimestre 2007, mais seulement + 0,3 % au 1er trimestre 2008) avant de chuter (- 0,1 % au 2e trimestre 2008) ; un chômage qui a arrêté de baisser et recommence à progresser.

 

Au cœur de cette évolution, et malgré les propos moralisateurs, hier à Toulon, du Président de la République, il y a une dramatique erreur de stratégie de politique économique de ce Gouvernement, à l'image de la loi TEPA de l'été 2007 (qui, par la baisse des impôts des plus riches et le bouclier fiscal, a favorisé l'épargne au détriment de la consommation et qui, par la stimulation des heures supplémentaires, a défavorisé l'embauche).

 

Or, ce midi, après sa présentation en Conseil des Ministres, Madame LAGARDE est venue expliciter le Projet de Loi de Finances pour 2009 (photo ci-dessus). C'est un acte politique fort, c'est aussi un acte économique majeur car, compte tenu des sommes en cause, le budget de l'Etat a une incidence importante sur toute l'économie nationale.

 

J'aurai tout au long des semaines à venir, bien des occasions de revenir sur ce budget et ses conséquences. De sa présentation d'aujourd'hui, j'en retiens quatre :

 

 

·        d'abord un frein sur les dépenses de l'Etat : avec une croissance d'à peine + 0 % en volume, elles ne stimuleront pas la croissance économique ;

 

·        d'autant plus que des taxations nouvelles sont introduites : hausse des cotisations vieillesse (+ 1,5 Mds €) ; taxation des organismes d'assurance qui sera répercutée sur le tarifs des assurances complémentaires et payée par le consommateur final (+ 1 Md d'€) ; taxe sur les opérateurs Internet (0,5 Md €) ; taxe sur les capitaux et l'épargne pour financer le RSA (+ 1,1 Md €). Cela évidemment freinera le pouvoir d'achat, et donc la consommation, et donc la croissance ;

 

·        des difficultés accrues de fonctionnement des services publics : 30 630 suppressions de postes dans la fonction publique, cela se verra évidemment dans nos services de proximité (écoles, police, justice, impôts…). Il y aura 13 500 postes d'enseignants et 3000 policiers en moins en 2009 !

Ces suppressions sont graves, car elles accélèrent les disparitions de postes de ces dernières années. De 2002 à 2006, les gouvernements Raffarin-Villepin ont supprimé au total 33 000 postes en 5 ans ; de 2007 à 2009, en 3 ans, sous la présidence Sarkozy, le gouvernement Fillon supprime 65 000 postes ! Totalisons ces périodes, et observons que cela veut dire 100 000 postes en moins dans les services publics depuis 2002...

Pas étonnant qu'il y ait moins d'enseignants dans les écoles ou de policiers dans les rues... Le pire, c'est qu'on va supprimer autant de postes dans l'année qui vient que sur les 5 ans de la législature précédente.

 

·        un étranglement financier des collectivités locales. J'y reviendrai. Mais avec une enveloppe globale stable en volume, d'à peine + 2 % en valeur (bien moins que l'inflation), un FCTVA incorporé aux dotations, ce qui fait croître les dotations de fonctionnement de moins de 1 %, la baisse de 33 % des dotations de compensation et la refonte de la DSU… beaucoup de communes vont connaître en 2009 un choc financier sans précédent ! Comment feront-elles pour financer leurs services, subventionner les associations ?

 

 

Ce Budget 2009 de l'Etat, avec mes collègues socialistes de la Commission des Finances, on va le regarder dans le détail. Mais en écoutant la Ministre, ma conviction est faite : il n'est pas pertinent sur le plan économique (car il prolonge une erreur de stratégie) et il est dangereux socialement (car il va contribuer à dégrader la cohésion sociale et le tissu humain de nos villes et de nos quartiers).

 

 

 

 

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 09:46

Saisi par des concitoyens inquiets, j’avais cet été saisi le Gouvernement de la question frontalière inhérente à la mise en œuvre des nouvelles cartes grises (la presse locale s’en est fait l’écho – cf. Nord Eclair du 6 août 2008).

 

Rappelons-nous, en effet que le 1er janvier 2009, un nouveau système d’immatriculation entre en application : cette immatriculation sera désormais attachée au véhicule et non plus au domicile. Ce qui implique qu’une carte grise provisoire sera envoyée par voie postale et sous pli sécurisé au domicile, et qu’en attendant, une carte grise provisoire sera délivrée. Or, c’est là que le bât blesse : cette carte provisoire ne permet pas a priori de se rendre à l’étranger… et nombreux sont les habitants de ma circonscription, largement frontalière, à devoir se rendre en Belgique pour travailler ou tout simplement rendre visite à la famille ou à des amis !

 

Le Ministère de l’Intérieur énonce que « les préfets des départements frontaliers seront invités à se rapprocher des autorités des pays limitrophes pour obtenir qu’elles considèrent que ce certificat provisoire peut faire foi dans l’attente du titre définitif. »

 

En termes clairs, le Gouvernement renvoie vers les préfets… le soin de se débrouiller avec les autorités des pays frontières… Dont acte. Mais je crains que cela ne concoure pas à la cohérence… Car comment peut-on être certains que plusieurs discussions et plusieurs points du territoire aboutissent à une même conclusion ? Au final, il y a risque d’une certaine pagaille et, pis sans doute, d’une insécurité juridique des conducteurs d’automobiles. Que se passera t-il en cas d’accident ? Non, décidément, ce n’est pas satisfaisant…

 

 

 

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 14:26

Dans mes articles précédents (3 et 10 septembre), j'ai rendu compte des auditions qu'avec la Commission des Finances nous menons pour tirer au clair les décisions qui ont conduit à la sentence arbitrale qui est extraordinairement favorable à Bernard Tapie… et tout aussi extraordinairement défavorable aux contribuables français !

 

Cet après-midi, c'est Madame Lagarde, Ministre de L'Economie, des Finances et de l'Emploi qui est entendue. Nous balayons toutes les questions dans deux directions : la légalité du recours à l'arbitrage, et les raisons de la décision du Gouvernement d'y recourir.

 

Pour ma part, j'ai interrogé la ministre sur une curiosité de sa démonstration. En effet, comme Madame Lagarde le dit, selon que l'on distingue litige de droit interne ou de droit international, le CDR, société de droit commercial, a la possibilité de recourir à l'arbitrage. Or, l'EPFR – établissement actionnaire du CDR – établissement public administratif, ne peut pas y recourir !

 

Or, quand la condamnation tombe (énoncée par le tribunal arbitral) et qu'il faut payer (190 millions d’€ de provisions immédiates !), qui fait le chèque ? Pas le CDR, non, mais l'EPFR qui verse 153 millions d’€ (en empruntant d'ailleurs cette somme auprès du Crédit Lyonnais !) dès le 5 septembre !

 

Donc juridiquement, l'EPFR ne peut pas recourir uniquement à l'arbitrage, mais la condamnation, c'est lui qui la paie ! N'est-ce pas franchement curieux ?

 

Voilà pourquoi, à mon sens, dans sa procédure, le CDR a fait le portage de l'arbitrage… ce qui d’évidence, me semble-t-il, rend alors par nature illégal le recours à l'arbitrage.

 

C'est donc bien, plus que jamais, une affaire d'Etat !

 

 

 

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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 08:15

Ce soir, s'engage le premier projet de loi de la session, celui relatif aux revenus du travail.

 

Le Gouvernement le présente comme devant permettre de « mettre en place un cadre plus favorable à la dynamisation des revenus du travail », et pour cela il propose de « promouvoir l'intéressement, d'instaurer le libre choix du salarié quant à l'usage de sa participation, de moderniser la fixation du SMIC et de conditionner les allègements généraux de cotisations patronales aux négociations salariales de branche et d'entreprise ».

 

Louable, diront certains. Et pourtant, face à la hausse des prix, la faiblesse des salaires et des revenus, la reprise de la hausse du chômage, le développement de la précarité, l'explosion des déficits publics, ce projet de loi n'apporte aucune réponse immédiate aux difficultés quotidiennes de nos concitoyens.

 

Ainsi, ce projet de loi ne contient aucune disposition en faveur des retraités et des chômeurs, alors que, pour les premiers, les retraites augmentent bien moins que l'inflation et que, pour les seconds, les allocations chômage seront supprimées après deux refus d'offres considérées comme raisonnables de petits boulots et d'emploi à temps partiel! 

 

Quant au texte même, en quoi favorisera-t-il le pouvoir d'achat, préoccupation première et légitime des Français? 

 

Quand il propose d'instituer un crédit d'impôt au bénéfice des entreprises qui concluent un accord d'intéressement, il est à parier qu'une telle mesure poussera les entreprises à substituer aux salaires (qui ouvrent droit à la protection sociale et aux retraites) des rémunérations aléatoires et variables sans droits sociaux. Des entreprises reporteront, voire renonceront, à des augmentations de salaire au profit du versement de primes non soumises à cotisations sociales.

 

Quand le projet gouvernemental permet de débloquer pour les salariés les sommes relatives à la participation, il ne s'agit en aucun cas d'une augmentation de salaire ! Il s'agit simplement de permettre à des salariés de recevoir une somme épargnée dans l'entreprise qui leur reviendra de toute façon. En plus, le déblocage anticipé de cette épargne (souvent de précaution) pour les salariés les plus modestes sera soumis à l'impôt sur le revenu, la CSG et la CRDS. 

 

Quand le texte prévoit qu'à compter de 2010 la hausse du SMIC interviendra le 1er janvier au lieu du 1er juillet, une telle mesure est évidemment sans effet sur le niveau actuel du SMIC et n'implique aucune augmentation dans l'immédiat !

 

Quand, enfin, le Projet de loi prévoit qu'à compter de 2009, les entreprises de plus de 50 salariés devront restituer 10% des allégements de cotisations sociales accordés l'année précédente si elles n'ont pas engagé de négociations salariales, là encore, aucun effet sur les salaires n'en découlera !

 

Et l'ouverture – et non la conclusion – de négociations salariales suffira à éviter la restitution par les entreprises et ne garantira pas la hausse des salaires !

 

Sur tous ces points, les députés socialistes feront des propositions visant à rendre dissuasive l’utilisation abusive des emplois à temps partiel subi, pour garantir la revalorisation du SMIC et garantir le pouvoir d'achat des salariés. 

 

Lors du débat, nous offrirons au Gouvernement une nouvelle fois la possibilité d'adopter des mesures en faveur de tous, en faveur de l'amélioration de leur quotidien. Mais saura-t-il répondre favorablement aux urgences des Français ?

 

 

 

 

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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 08:06

Cette semaine, le Parlement est convoqué en session extraordinaire : en effet, le Gouvernement a l'intention de soumettre un si grand nombre de textes à l'examen du Parlement qu'il lui a demandé de siéger en séance publique une semaine plus tôt que la date prévue à cet effet, le premier mardi du mois d'octobre.

 

Dès cet après-midi, nous sommes de surcroît appelés à nous prononcer par un vote solennel sur la présence militaire française en Afghanistan. J'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer à travers ce blog sur cette question difficile (cf. article du 21 août dernier).

 

A la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001, le Président de la République et le Premier Ministre d'alors, Jacques Chirac et Lionel Jospin, ont engagé des troupes militaires françaises en Afghanistan sous l'égide de l'O.N.U. Mais la situation de 2008 n'est plus celle de 2001.

 

Autant en 2001, il s'agissait d'affirmer notre solidarité avec les Etats-Unis, de les soutenir dans leur droit à la légitime défense ; il s'agissait aussi de démanteler les bases d'Al Qaïda, de contribuer à l'installation d'un régime démocratique à Kaboul et de reconstruire un pays dévasté.

 

Aujourd'hui au contraire, après 7 années de guerre – oui, c'est bien la guerre en Afghanistan ! – la situation s'est fortement dégradée : gouvernement afghan très fragile, corruption, domination des seigneurs de guerre, culture du pavot et trafic d'opium, talibans conquérant chaque jour un peu plus le territoire afghan jusqu'à se rapprocher de Kaboul ! Sans compter que les forces alliées sont entre-temps passées sous commandement de l'OTAN et que les troupes américaines continuent de mener leurs propres opérations, ce qui n'est pas sans causer de graves difficultés de cohérence et de missions.

 

Certes, il n'est pas question d'un retrait immédiat. En revanche, à terme, la question se pose. Pour répondre aux graves tensions que connaît ce pays, pour construire un avenir pérenne et pacifié à ce peuple, il nous faut repenser la politique conduite en Afghanistan, et plus largement au Proche Orient.

 

Les prochains mois peuvent nous le permettre : l'élection prochaine d'un nouveau président aux Etats-Unis et les élections présidentielles (2009) et législatives en Afghanistan (2010) sont autant d'occasions à saisir. Par ailleurs, la lutte contre le terrorisme ne peut être militaire et locale. Elle est nécessairement globale et multiforme. L'intervention militaire des Etats-Unis en Irak amplifiant le terrorisme en est la preuve.

 

Par ailleurs, il nous faut rompre avec cette idée que les puissances occidentales pourraient occuper sur le long terme les pays du Moyen Orient. Aujourd'hui, plus que jamais, nous devons oeuvrer avec l'ensemble des Etats de cette région, qui sont autant de partenaires et d'acteurs pour trouver une stabilisation.

 

Quant aux populations afghanes elles-mêmes, quel avenir leur offririons-nous si les troupes militaires devenaient – ce qui se dessine déjà ! – une force d'occupation ? Enfin, il nous faut nous garder d'une politique militaire française qui ne serait qu'un suivisme aveugle d'une politique étrangère américaine du tout militaire.

 

Aussi, pour restaurer une situation viable et pérenne en Afghanistan, plusieurs pistes complémentaires s'imposent : redéfinir les missions et les moyens militaires ; veiller à préserver les populations civiles des combats ; rééquilibrer l'aide civile et le militaire ; aider davantage les autorités afghanes à s'affirmer dans la conduite des affaires du pays ; être plus exigeants à l'égard des autorités afghanes en matière de lutte contre la corruption ou la drogue ; faciliter le consensus national entre les Afghans ; aider au dialogue entre les Etats de la région et inciter le Pakistan à ne plus soutenir les talibans.   

 

En 2008, loin de l'exemple de 2001, le président Sarkozy n'est pas parvenu à créer les conditions d'un consensus national. La cause réunit sans doute Gauche et Droite : vaincre le terrorisme et ceux qui le soutiennent. Les moyens d’y parvenir cependant nous séparent.

 

Le président a mis le pays dans un engrenage dangereux. « Jusqu'où allons-nous aller dans la logique de guerre? » s'interroge à juste titre notre Président de groupe. A cela s'ajoutent certains propos malencontreusement provocants. Pour le député socialiste que je suis, c'est précisément pour pouvoir protéger nos soldats qu'est indispensable un changement de la mission que leur confie la Nation.

 

Le Président et son gouvernement n’ont tiré aucune leçon des échecs en Afghanistan ; voilà pourquoi il ne me paraît pas possible, comme mes collègues du groupe socialiste, d’octroyer un blanc seing illimité tel qu'il est demandé cet après-midi. J'ai donc voté non. Non à l'enlisement.

 

Dans ce moment de particulière gravité, je n'ai pas voté contre la poursuite de l’engagement de la France en Afghanistan. J'ai voté contre une conception politique et militaire qui nous conduit dans une impasse et qui, je le crains, risque bien d'occasionner encore des pertes chez nos jeunes militaires. 

 

 

 

 

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 14:38

J’étais intervenu le 14 mai dernier auprès de Jean-Paul Bailly, Président du groupe La Poste, pour relayer une demande du cercle des collectionneurs des arts de Roubaix en faveur de la création d’un timbre à l’effigie du célèbre musée de Roubaix La Piscine.

 

Je suis député de Roubaix et il va de soi que cette proposition m’avait enthousiasmé ! D’autant que La Poste met régulièrement à l’honneur des villes françaises et que Roubaix, la deuxième ville du Nord, n’a pas encore obtenu cette faveur pour elle-même (elle l’avait obtenu pour le 100e Paris-Roubaix et pour une série consacrée aux héros de la Résistance).

 

Dans le courrier envoyé au président Bailly, que je connais bien, j’avais insisté sur la qualité du patrimoine roubaisien, notamment du mondialement connu musée d’art et d’industrie André-Diligent, ouvert en 2001, également appelé La Piscine. En effet, le lieu n’est autre qu’une ancienne piscine municipale art déco bâtie entre 1927 et 1932 dans le but de mettre en place, à l’époque, un service sportif et hygiéniste de grande qualité.

 

Vraiment, ce musée, à l’image de Roubaix, de sa population et de son histoire, vaut vraiment d’être connu… avec l’aide de La Poste. Ce serait aussi une façon de faire écho à la mutation formidable accomplie par Roubaix ces dix dernières années pour se sortir d’une douloureuse crise industrielle. Son sursaut, son redéveloppement économique, son renouvellement urbain sont souvent un exemple !

 

Ce matin, au courrier, j’ai reçu une excellente nouvelle. Par lettre en date du 12 septembre, le président Bailly me répond que « suite à l’avis exprimé par la commission des programmes philatéliques, l’émission de ce timbre a été inscrite dans la première partie du programme de l’année 2010 ».

 

La Ville de Roubaix et le musée La Piscine auront donc leur timbre… et c’est justice !

 

Je suis pour ma part ravi d’avoir porté ce dossier à son terme avec succès.

 

 

 

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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 13:42
Voici la réponse obtenue à l'une des questions écrites qu'en ma qualité de parlementaire j'ai posée :

- à Madame la Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales sur le nouveau système d'immatriculation des véhicules qui entrera en application le 1er janvier 2009. Dans ses grandes lignes, le projet prévoit que les opérations d'immatriculation seront possibles partout en France, quelle que soit l'adresse du demandeur, auprès des préfectures et, nouveauté, auprès de professionnels habilités et agréés ; les immatriculations seront désormais attachées au véhicule et non plus au domicile ; la nouvelle carte grise sera adressée par voie postale sous pli sécurisé au domicile et, dans l'attente, une carte grise provisoire avec le numéro déjà définitif est délivrée. Lire la suite (J.O. du 8 juillet 2008). Réponse parue au J.O. le 16 septembre 2008



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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 10:44

Toutes les villes ne le font pas. Mais Wattrelos, oui !

 

Nous recevons tous les ans à l’Hôtel de ville les enseignants qui viennent exercer dans nos écoles publiques. C’est un geste républicain significatif, un signal fort que j’ai voulu leur adresser dès le début de mon premier mandat. La première réception a ainsi eu lieu en 2001 ; nous sommes en 2008, et je suis toujours autant persuadé, à l’image de tous mes prédécesseurs depuis Henri Briffaut, que l’éducation est la première des libertés que l’on peut offrir à nos enfants

 

Cette année, ces nouveaux enseignants sont au nombre de 29, tous jeunes. Certains ont voulu exercer à Wattrelos ; d’autres s’y trouvent par les aléas du mouvement, comme l’on dit dans l’Education nationale. Une Education nationale avec laquelle notre Ville travaille en coproduction : c’est ainsi que nous concevons la démarche éducative – l’inspecteur de circonscription, Jean-Pierre Mollière, se tient d’ailleurs à mes côtés lors de cette réception.


Alors : qu’est-ce que je leur raconte à ces nouveaux enseignants ?  Que Wattrelos est une ville à l'histoire ouvrière, bien sûr, où la monoindustrie textile fut flamboyante. Nombre de ses quartiers se sont développés autour de grandes entreprises. Mais si ces entreprises ont fermé leurs portes, la Ville ne se résigne pas et veut croire à son avenir en aménageant des parcs d'activités et en préparant le réaménagement de ses friches industrielles.

 

Je leurs dis également que Wattrelos est une ville de solidarité et de cœur, qui aime faire la fête. Beaucoup d’enfants de nos écoles, leurs parents aussi, sont membres d’une association sportive ou culturelle, et très attachés au carnaval ou à leur fête d'école de fin d'année, deux institutions.

 

Je leur dis surtout que Wattrelos est une ville qui parie sur l'éducation depuis toujours, car c'est le plus court chemin vers "l'ascenseur social". Ainsi, toutes les écoles publiques (sauf une) ont été rénovées et équipées de matériel informatique, et l'éducation artistique, les événements tels que le festival L'Enfance de l'Art, et le développement des lieux de culture et d’éducation sont des priorités municipales.

 

Au reste, la dynamique de fréquentation de nos écoles publiques et privées, qui accueillent au total 5244 élèves, est favorable (+ 178 élèves en 5 ans), ce qui nous a valu de pouvoir ouvrir quatre classes supplémentaires en élémentaire cette année, contre une fermeture en maternelle.


Pour conserver cette dynamique, pour porter notre projet municipal en faveur de l’éducation, j'ai besoin de l’énergie et de l’engagement de nos enseignants.

 

Je le leur ai dit à la façon de Coluche : « Wattrelos compte sur vous ! ». Pour symboliser cet ancrage au service des jeunes Wattrelosiens, je leur ai offert un livre sur l’histoire de notre ville et, devinez-quoi, une poupée… Berlouffes !



 

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