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  • : Blog de dominique Baert
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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 10:15
hemblog.jpgAvant hier soir, j’ai en effet participé, en soutien à la liste que conduit Fabienne LEPERS à Hem, à une réunion publique centrée autour de deux thèmes, le pouvoir d’achat et la sécurité.
Il me revenait d’intervenir sur le premier (cf. mon blog du 6 février), laissant le second à l'une de mes vraies grands amies, Marylise LEBRANCHU, ancienne ministre du Commerce et de l’Artisanat, puis ministre de la Justice, Garde des Sceaux de Lionel JOSPIN.
C’est une vraie copine, une femme politique qui dans ses ministères hier ou comme militante fait honneur à la politique ! Elle a centré son propos sur la « violence » et pointé un comportement qui n’est pas apaisant : celui du Président de la République !
Il génère en effet une violence de la déception : déception face à toutes les annonces faites lors de sa campagne et non satisfaites en 9 mois de présidence !
A l'exception, certes, de la délinquance routière : le nombre de tués sur nos routes a baissé. C’est tant mieux. Et du fait de meilleures protections et de systèmes de surveillance, le nombre de vols (voitures, téléphones portables, cambriolages) a baissé également. Si ces évolutions sont positives, reconnaissons qu’elles ne sont pas dues qu’à Sarkozy !
En revanche le nombre d’agressions est en hausse : les atteintes aux personnes ont augmenté de 20 % ! Et que fait-on de ces petits délinquants, que l’on envoie systématiquement en prison alors qu’il faut leur faire reconnaître que la loi doit être respectée? Est-ce là la seule solution ? Car souvent, celui qui commet une infraction car il a "la rage" a "la haine" quand il ressort de prison ! En prison, les barrières tombent. Le propos de Marylise Lebranchu était fort de vérité et ô combien juste.
Depuis 2002 et la fin de la police de proximité, on assiste à de nouvelles formes d’incivilités. Elles touchent les personnes qui habitent les logements sociaux, les personnes âgées ou ceux ayant de petites retraites. Car la politique du Gouvernement, c’est aider ceux qui ont le plus et abandonner ceux qui ont le moins ; sans progrès social, il n’y aura pas de victoire sur la délinquance. Nous n’avons pas le droit, nous, à gauche, de ne rien faire.
Emprisonner à tour de bras, c’est facile, mais il faut également prévoir le retour, ce qui suppose que « l’espace public ne soit pas vide ». Et c’est bien là l’un des sujets cruciaux. La situation est d’autant plus grave que les associations et les villes perdent de leurs moyens. Nous devons dénoncer la Droite, celle qui tient un discours sur la sécurité et qui enlève les moyens pour agir ! Et être de gauche, sur ce thème de la sécurité, ce n’est pas être laxiste. Nous sommes respectueux du Droit et nous avons des principes.
Enfin, Marylise Lebranchu a esquissé une comparaison entre la dérive actuelle de la France et la situation des Etats-Unis. Une société dans laquelle règne l’injustice et la violence. Elle craint que la France ne finisse par ressembler complètement à ce pays. Car, estime-t-elle, notre société française, pour être apaisée, doit être « équilibrée ».
Ce que la Gauche porte, c’est l’envie d’être ensemble, l’envie de vivre ensemble.


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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 10:05
albert.jpgRaymond Devos en avait fait un sketch célèbre : "Mon chien, c'est quelqu'un…". Eh bien moi, je peux dire que "mon chien, c'est… devenu quelqu'un" !
 
Alors, j'ai décidé de vous le présenter. Pourquoi cet "outing" ? Parce que ma vie privée a été publiquement dévoilée ce matin dans mon quotidien. Eh oui, à la maison, quand je rentre le soir, j'ai un chien qui m'attend, et il s'appelle Albert !
 
Hier, à l'école Kléber de Croix, comme député, j'ai évoqué aux élèves le rôle de l'Assemblée et le travail du Député. Et immanquablement, à la fin, les enfants m'ont allègrement posé des questions sur ce qu'est ma vie quotidienne. Plutôt curieux, ces enfants ! Alors je ne me suis pas dérobé. Je leur ai dit ce qu'est la vérité de ma vie, celle d'un célibataire qui n'a pas toujours bien approvisionné son frigo, qui part tôt et qui rentre tard, et qui partage sa vie avec un compagnon à 4 pattes. Et franchement, c'est un paquet de joies et de bonne humeur.
 
Pourtant, sa vie n'avait pas vraiment commencé sous les meilleurs auspices. Car c'est un chien trouvé, jeté à l’âge d’à peine quelques semaines dans la cour d'une de mes collaboratrices avec quelques autres, une collaboratrice qui s'est trouvée bien ennuyée d'avoir ces petites bêtes sur les bras (au propre comme au figuré !). La suite de l'histoire, vous la devinez ! Un de mes collaborateurs (qui s'appelle Albert) est venu m'en parler avec insistance ; il savait que je m'interrogeais après les législatives sur l'idée de me prendre un nouveau chien ! Le résultat, c'est qu'une fois qu'on m'a amené le
chiot… il est resté ! Et comme il lui fallait un nom, tant pis pour celui qui me l'a amené, je l’ai appelé Albert… comme lui !
 
Alors soyons francs, pas une seconde depuis, je ne l'ai regretté ! Bien sûr, avec ma vie animée, ce n'est pas toujours facile de m'organiser, mais on y arrive. C'est une contrainte, mais aussi bien des moments de détente. C'est un "pot de colle"… mais qui ne rirait pas devant ses jeux et ses pitreries ? Et le rire, ça aide à vivre.
 
Ben oui, c'est quelqu'un mon chien.
 
Il est petit, mais faut que je m'en occupe… aussi !


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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 20:30
undefinedL'opération du Parlement des Enfants est un beau moment d'éducation à la citoyenneté. De quoi s'agit-il ? Dans chaque circonscription législative, une classe est choisie et les élèves de cette classe élisent un député junior (et son suppléant), lequel via siéger à l'Assemblée Nationale un samedi en mai ou juin (selon les années) à la place du (vrai) député de la circonscription.
 
La classe en question doit rédiger une proposition de loi qui est transmise à l'Inspection académique, puis à l'Assemblée Nationale. Sur ces 577 propositions, une dizaine seront sélectionnées et débattues en commission ce samedi matin-là par les députés juniors, et votées l'après-midi dans l'hémicycle.
 
Cette année, j'ai choisi l'école Kléber de Croix dans le quartier Saint-Pierre, parce que la directrice de l'école m'avait apporté un projet intéressant d'éducation citoyenne de cette classe de CM2 de Madame Gruny, mais aussi parce que la rénovation de cette école Kléber aura été financée sur des crédits GPV (Grand Projet de Ville) qui avaient été décidés par le gouvernement de Lionel Jospin, à la majorité duquel j'avais participé lors de mon précédent mandat de député (de 1997 à 2002) : cela m'a paru une bonne manière pour faire le lien entre ces deux mandats.
 
Dans cette classe de CM2, ma députée junior est Lucie FERREIRA (cf. photo ci-dessus). La proposition de la classe portera sur la récupération des eaux usées et de l'eau de pluie. Une fois encore, je remarque que les enfants sont très sensibles, mobilisés et imaginatifs pour l'avenir de la planète, et plus généralement sur les questions d'environnement. Si les adultes, et notamment les grands de ce monde, avaient la même sensibilité, le même degré de préoccupations, le développement serait déjà vraiment durable !
 
Alors bien sûr, ce matin, je suis devant eux, avec ma suppléante Francine LANGEVIN pour leur parler de la fonction du député, du fonctionnement de l'Assemblée nationale, de ce qu'est la loi, comment elle s'écrit, comment elle se vote… Un cours d'instruction civique en somme. Je leur explique, je les interroge : qui est le Président de l'Assemblée nationale ? Quels sont les horaires des séances ? Etc.
 
Et je répond à leurs questions…
C'est qu'ils m'en avaient préparé, ces écoliers studieux ! Et immanquablement, voilà qu'ils me posent des questions sur ma vie quotidienne, mes vacances, si j'étais bon élève à l'école… et même si je sors toujours avec des paparazzi (c'est vrai qu'aujourd'hui les appareils photo de nos amis de la presse les impressionnent) ! Tout cela se passe bien et c'est sympa.
 
Franchement, j'aime bien ce moment. D'autant que j'ai toujours considéré utile de présenter, d'expliquer ce que sont nos institutions, comment elles fonctionnent. Ils se dit tant de chose sur les "politiques", et tant de gens se détournent de la politique, la critiquent, la raillent… Moi, je crois à la politique, à cet exercice qui consiste à gérer au service des autres. Alors je prendrai toujours plaisir à expliquer, à le faire aux citoyens de demain (ce matin, surtout... d'après-demain !) que sont les enfants !
 
Alors oui, ce matin, j'ai passé un bon moment personnel, et en alliant l'utile à l'agréable, j'ai fait mon travail de député…


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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 15:56
Cela fait 9 mois aujourd'hui que Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République. En cette date "anniversaire" fleurissent des "bilans", et ils ne sont guère élogieux, soulignons-le. Ainsi, lundi 4, Libération titrait un de ses articles : "Sarkozy se marie sous les sifflets"… On y lit ainsi que 84 % des Français sont insatisfaits des résultats de la politique de N. Sarkozy et de son gouvernement en matière de pouvoir d'achat… un comble pour celui dont l'un des principaux thèmes de campagne était de se présenter comme LE président du pouvoir d'achat ! La réalité se rappelle à ces promesses, et l'écart est considérable.
 
Ce thème du pouvoir d'achat est au cœur des préoccupations des Français en ce début d'année. Il le sera aussi, comme thème national, dans les élections municipales et cantonales à venir, n'en doutons pas.
 
Et de ce point de vue, ces élections sont aussi l'occasion d'un "message" national. Si la Majorité connaît un succès lors de ces élections, alors elle pensera que le pays est sur la bonne voie, que tout va bien, et qu'elle peut continuer sa politique. Au contraire, si la Gauche remporte ces élections, alors la Majorité aura à comprendre ce message comme une sanction de sa politique, et peut-être comprendra-t-elle qu'il faut l'infléchir ! Voilà pourquoi, entre autres raisons, il faut voter à gauche les 9 et 16 mars : c'est utile pour la France, et pour nos villes.
 
Pourquoi ? Pour 3 raisons, qui sautent aux yeux après ces 9 mois de présidence Sarkozy.
 
1.      Il y a des données sociales qui sont irréfutables.
La vérité, c'est que les inégalités augmentent et que le pouvoir d'achat souffre.
Il y a creusement des inégalités de revenus et de patrimoine (notamment depuis les mesures qui ont affecté l'impôt sur le revenu, ou l'ISF). Ainsi, les décisions prises ont allégé des impôts qui sont progressifs, ce qui a donc profité essentiellement aux ménages les plus aisés, alors que les prestations pour les plus modestes ont stagné. C'est encore plus durement ressenti dans une région comme la nôtre, déjà inégalitaire : l'écart entre le 1er décile et le 9ème décile, c'est-à-dire entre les 10 % les plus pauvres et les 10 % les plus riches, en matière de revenu médian qui est de 5,42 en France et de 6,93 dans la métropole lilloise.
 
Mes permanences d'élus me rappellent à chaque fois les difficultés sociales criantes de tant de mes concitoyens : difficultés de logement (surtout avec des hausses de loyers quasiment libres depuis 3 ans !), difficultés d'emploi (et augmentation du nombre de Rmistes), difficultés de fin de mois (avec en particulier une énergie toujours plus chère). C'est cela l'essentiel de mes rendez-vous, et de mes rencontres ! Et de fait, cet automne les sollicitations de l'action sociale municipale et des Restos du Cœur n'ont jamais été aussi fortes !
 
Alors quand j'entends un député de l'UMP nous apostropher, nous, élus de l'opposition (parce que l'un des nôtres avait posé une question sur le pouvoir d'achat au gouvernement), en nous parlant du "disque rayé du pouvoir d'achat", j'ai envie de devenir méchant, et j'ai surtout envie de lui dire que ce problème, c'est la réalité sociale du moment ! Cette réalité qui fait qu'alors que l'inflation est à 2,6 / 2,7 % annuelle, au 1er janvier, le Rmi n'a augmenté que de +1,6 %, le minimum vieillesse et les petites retraites de +1,1 %, et les prestations familiales de +1 % !
 
2.      Il y a un contexte économique qui est très difficile.
Il n'arrange en rien la situation de nos concitoyens. La croissance française est en berne. Elle est inférieure à la croissance européenne et mondiale. Le déficit commercial s'accentue chaque mois et s'élève à 40 milliards d'euros. Le prix du baril de pétrole flirte avec les 100 dollars (il était de 57 dollars en octobre 2006). Notre dette publique dérape. Les taux d'intérêt tendent à remonter, tandis que la crise des «subprimes» crée des incertitudes, et les banques deviennent très restrictives. Le déficit de l'Etat s'élève à 42 milliards d'euros (-1,6 % du PIB en 2001, -2,3 % en 2002, -3,5 % aujourd'hui !). Les comptes sociaux continuent eux aussi à se dégrader : -8,7 milliards de déficit en 2006, -11,7 milliards en 2007 ! Rien ne se freine, tout s'aggrave !
 
3.      Il y a dans ce contexte des décisions qui sont incompréhensibles.
A commencer par le TEPA, ce texte mal nommé sur "le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat". Les mesures fiscales de cet été, le fameux «paquet fiscal» auront coûté près de 15 milliards d'euros, ce qui pèse forcément sur le déficit de l'Etat. Ainsi, le bouclier fiscal, qui consiste à faire baisser le plafond de l'imposition de 60 à 50 % : déjà, à 60 % dans le Nord, 111 contribuables se seront partagés en 2007 chacun un chèque de 90 000 euros !
 
Etait-il également urgent, dès l'été, de modifier le régime du droit des successions alors que près de 90 % en étaient déjà exonérées ? Evidemment, cette réforme va une nouvelle fois dans le sens de ceux qui ont déjà beaucoup ! Et que dire de la tentation de la suppression de l'exonération de la redevance télé pour les plus de 65 ans non imposables ? Cela me concernait personnellement, car la Droite revient sur ce que j'avais fait voter ! Cette décision allait frapper de plein fouet le pouvoir d'achat des personnes âgées aux pensions modestes (780 000 personnes allaient devoir payer à nouveau les 116 euros de redevance). Heureusement, face à la mobilisation des élus de Gauche, le Gouvernement y a renoncé, mais pour 2008 seulement ! Attention à 2009…
 
Pourquoi ne pas citer aussi la Loi de Finances où on a supprimé également l'impôt dit «de bourse», une taxe payée sur les transactions boursières de plus de 20 000 euros ! Un amendement voté par la Droite qui coûte 200 millions d'euros au Budget de l'Etat !
 
Et des décisions incompréhensibles, il en est encore bien d'autres : l'idée de stimuler les heures supplémentaires (car comment croire que cela créera des emplois ?) ; la suppression des contrats aidés (qui jette, ou maintient dans la pauvreté et le chômage tant de personnes en difficultés d'insertion) ; la création des "franchises médicales", véritables taxes sur les malades ; l'annonce de la mise en place de nouvelles taxes (sur les poissons, sur les téléphones, …) ; les suppressions de 22 500 emplois publics…
 
Tout cela pèse sur le pouvoir d'achat.
 
Tout cela crée une situation insupportable
 
1)     Insupportable face à l'image de la France à l'étranger. Au-delà des "frasques" présidentielles, l'image et la crédibilité de la France sont plus que touchées par notre incapacité à respecter les normes budgétaires, et par notre politique économique et financière à vau-l'eau. A quelques mois de la présidence française, nous risquons bien d'être la risée de l'Europe.
 
2)     Insupportable pour l'éthique et la morale politique. Un malaise s'est installé. La hausse du salaire présidentiel, son goût ostentatoire pour les richesses et surtout pour les riches, ont créé, avec la situation sociale vécue par bon nombre de nos concitoyens en souffrance, un contraste saisissant. Le Président du "pouvoir d'achat", celui qui proclamait "je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas" paraît en décalage cruel avec la vie des Français.
 
D'autant plus que de plus en plus de gens comprennent qu'il ne dit pas la vérité, et
qu'après les municipales, il y aura des décisions douloureuses sur la carte scolaire, par exemple, sur la carte hospitalière, et surtout sur les dépenses de l'Etat et de la Sécurité sociale. C'est un dur "plan de rigueur" qui se prépare, et on ne le dit pas !
 
3)     Insupportable surtout devant la détresse sociale, et elle est grande, comme je l'ai déjà dit ! Et c'est là que se trouve l'enjeu, dans ce contexte, des élections municipales.
 
Cet enjeu, il est économique, avec la question des moyens financiers et humains à la disposition de nos villes.
 
L'enjeu est aussi, bien sûr, politique, car les municipales sont l'occasion de porter un projet, et de le défendre par rapport à des valeurs.
 
L'enjeu est surtout social et se résume à une seule question : quelle digue face aux politiques nationales porteuses d'injustices et d'inégalités ? Car la digue, au quotidien, c'est la ville, l'action municipale : pour l'emploi, le logement, l'action sociale, l'égalité des chances…
 
C'est pour cela qu'il est important de soutenir la Gauche les 9 et 16 mars dans les villes. Elle ne résoudra pas la crise du pouvoir d'achat que créent et accentuent les politiques nationales, mais elle peut en contenir bien des conséquences négatives pour nos populations.


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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 17:19
Cet après-midi, le Parlement est convoqué en Congrès à Versailles pour modifier la Constitution et autoriser la ratification (qui aura lieu la semaine prochaine à l'Assemblée) du Traité de Lisbonne. Honnêtement, la position des socialistes n'est pas simple à expliquer : la position sur le Traité est claire, le Parti Socialiste approuve le traité, et le votera dans l'hémicycle de l'Assemblée. Mais pour ce qui est de la modification constitutionnelle la ligne officielle, la position, c'est de s'abstenir.
 
Cela n'a pas de sens !
 
Car enfin, je crois qu'en politique, il faut être clair et si l'on veut être compris, savoir être lisible. Or, qui peut comprendre qu'on vote oui dans trois jours, et qu'on s'abstienne cet après-midi ?
 
C'est qu'en fait, il y a le fond (le Traité de Lisbonne) et la forme (le mode de son adoption).
 
Sur le Traité, comme socialiste, ma position est celle de mon parti. Je l'approuve. Pourquoi ?
 
Ce Traité constitue un progrès utile, mais limité.
 
Il est un progrès, parce qu'il contient les dispositions institutionnelles nécessaires pour faire avancer l'Europe élargie. Il dote – enfin – l'Union d'institutions rénovées et apporte même quelques avancées démocratiques : un président du Conseil européen stable, un rôle des Parlements nationaux affirmé, un président de la Commission reflétant la couleur politique majoritaire issue des élections européennes, un haut représentant pour les affaires étrangères, une référence à la Charte des droits fondamentaux. Ce traité a donc un mérite incontestable : il sort l'Europe à 27 de l'ornière, il lui permet de mieux décider, il constitue la boîte à outil, le règlement intérieur, qui permettra la relance dans un second temps de l'Union.
 
Mais ce progrès est limité, parce que le Traité de Lisbonne n'est rien de plus que cela, il ne marque pas de progrès significatif de l'Europe économique et sociale, il ne modifie pas le système de vote pour les questions fiscales et sociales, il n'équilibre pas le pouvoir de la Banque centrale européenne, il n'ouvre pas de nouveaux champs de compétences même si deux bases juridiques en matière d'énergie et de lutte contre le changement climatique sont introduites. Bref, il n'est pas le Traité que nous aurions voulu avoir, mais il ouvre une porte, il dessine des possibilités, il ébauche des potentialités. Alors, par pragmatisme, et surtout parce que nous voulons que l'Europe avance, qu'elle retrouve son dynamisme, la majorité des membres du Parti socialiste l'ont effectivement approuvé.
 
Reste la question de son mode de ratification. Faut-il un référendum ? Bien sûr, le rejet du référendum de 2005 crée un précédent sur un sujet comparable, et il peut être juridiquement, et surtout politiquement plaidable de recourir à un nouveau référendum. Je peux le comprendre. C'est la position majoritaire du parti socialiste.
 
N'empêche que pour ma part, depuis mes études d'histoire et de droit constitutionnel, je n'aime pas les référendums. Depuis le 2 décembre 1851 et la prise de pouvoir légale – par référendum – de Louis-Napoléon Bonaparte, et les usages plébiscitaires gaulliens du référendum, je n'aime pas ce mode d'expression. Il caricature la réalité, la résume à un choix binaire, et surtout, il est de tentation plébiscitaire, tant et si bien… que le plus souvent on s'y exprime sans toujours répondre à la question réellement posée, mais bien souvent par rapport au responsable politique (président ou gouvernement) qui la pose.
 
Alors cette fois, que faire ? Le Président de la République a choisi de recourir à la ratification parlementaire. Dont acte.
 
Le Parti socialiste, que tout le monde sait très partagé entre les "oui" (majoritaires) et les "non" au traité européen, choisit une position qu'il estime médiane (pensant qu'elle va regrouper la totalité, ou au moins une très large majorité, des groupes parlementaires de l'Assemblée et du Sénat), et donc décide de s'abstenir !
 
Si j'étais certain que chacun soit discipliné, j'aurai suivi cette consigne… même si je l'estime illisible. Je pense, au fond de moi, que le Parti aurait mieux fait de prendre acte de sa division en deux camps (qui sont deux approches du traité européen), et de laisser la liberté de vote. Bon, on n'en est pas là, on dit qu'on va s'abstenir !
 
Sauf que, dans les réunions préparatoires, dans la presse, dans les couloirs, cela se confirme : ceux qui sont contre le traité, vont aussi voter non à la révision de la constitution ! Et alors, pourquoi ceux qui sont pour le traité ne pourraient pas cet après-midi voter oui ?
 
Poser la question, c'est y répondre. Je suis dans l'hémicycle du Congrès à côté de cette grande voix de la gauche qu'est Robert Badinter. Je le questionne. Sa réponse fuse : sans état d'âme, il votera oui.
 
J'ai voté oui.
 
Par souci de cohérence et de clarté. Parce que la politique, ce ne sont pas des postures auxquelles personne ne comprend rien, mais la clarté des choix.
 
 
 
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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 15:58
Ce matin, la Commission des Finances se réunit pour auditionner Christine LAGARDE, Ministre de l'Economie et des Finances sur les conséquences de ce qu'il est maintenant convenu d'appeler "l'affaire de la Société Générale". Demain, mardi 5, nous auditionnerons le Gouverneur de France et la Directrice Générale du Secrétariat Général de la Commission Bancaire.
 
Banquier de métier, chacun le sait (j'ai moi-même été inspecteur à la Société Générale quelques mois, juste à la fin de mes études), je ne peux qu'être sensible à ce qui s'est passé, car, comme les autres élus, ce que je voudrais, c'est essayer de comprendre. Comprendre comment un établissement aussi prestigieux, aussi solide, doté d'équipes parmi les meilleures au monde, peut ainsi déraper.
 
Alors que se poursuivent des enquêtes judiciaires, du ministère des finances et de la Commission Bancaire, la ministre nous présente le rapport d'étape qu'elle vient de remettre ce matin au Premier ministre.
 
Elle relate la chronologie des faits connus, s'efforce de détailler les mécanismes d'information et les contrôles internes à la Banque, et veut surtout formuler des préconisations organisationnelles et prudentielles raisonnables pour que cela ne se reproduise plus. Que dire, que faire de plus ? En effet, rien d'autre pour le moment.
 
Chacun comprend que tout n'est pas encore connu, élucidé, ni même compris. Trop tôt pour tirer toutes les conséquences de tout cela.
 
Pour ma part, je retiens surtout : d'évidence des mécanismes internes n'ont pas fonctionné ; d'évidence aussi les jeux financiers sont devenus plus incontrôlables que jamais (on joue sur des sommes de plus en plus importantes, avec des mécanismes de contrôle de plus en plus délicats à mettre en œuvre, avec une volatilité accrue par les techniques qui transportent les fonds d'une seconde à l'autre à l'autre bout de la planète, d'autant plus que ce qui se vend et s'achète a de moins en moins à voir avec l'économie réelle : dans ce cas, on vend et on achète des variations d'indices boursiers !) ; d'évidence, surtout, il n'y a pas de fonctionnement sur des marchés financiers sans l'existence de régulateurs solides : alors que semblait souffler sur ce secteur un vent montant de dérégulation, cette crise de la Société Générale (jointe à celle des subprimes aux Etats-Unis) saura rappeler que déjà les contrôles existants sont trop peu exhaustifs, que déjà les moyens consacrés à ces contrôles devraient être renforcés et que rien ne serait pire pour le système bancaire et financier que de baisser la garde du contrôle…
 
Mais pour cela, il faudra sans doute aller au-delà des préconisations de la ministre. Comme d'habitude avec ce gouvernement, on énonce des principes de contrôles accrus, mais… on n'évoque pas les moyens supplémentaires qui y seront consacrés !
 
Affaire à suivre…


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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 14:14
blog-n-habitant.jpgHier soir, je recevais les vingt familles wattrelosiennes qui ont demandé à devenir françaises au cours de l’année 2007. Une manifestation de bienvenue dans notre République que je juge sympathique, symbolique et utile.
Dès que je suis devenu maire, j’ai voulu que cette réception se fasse, bien avant qu’elle ne devienne légale et obligatoire (depuis 2006). Je vous propose de lire mon intervention dans la rubrique Mes discours.



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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 17:45
Cet après-midi, je suis à l’audition du ministre du Budget, Eric WOERTH, devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale. A l’ordre du jour, l’exécution du budget 2007.
 
En fait, le ministre veut faire passer un message : « Le déficit est en train de diminuer », puisqu’alors que le déficit prévu début 2007 en Loi de Finances Initiale était de 40 Mds €, au final la réalisation aura été de 38,4 Mds € ! Et le Gouvernement, et la Majorité de faire « cocorico » pour essayer de nous faire croire qu’ils sont bons gestionnaires.
 
Le problème, c’est que ce n’est pas la réalité !
 
Car, en effet, la réalité, ce sont deux réalités statistiques incontestables :
 
-         le déficit de l’Etat d’une année à l’autre ne diminue pas, il augmente !
En effet, le déficit en exécution (c’est-à-dire « réalisé ») en 2006, a été de 35,7 Mds € ; or celui estimé aujourd’hui pour 2007 serait de 38,4 Mds €. C’est donc bien un dérapage de 2,7 Mds € (soit + 7,6 %) qu’a connu le déficit de l’Etat de 2006 à 2007 ! Avec sa présentation, le Gouvernement maquille la vérité…
 
 
-         le déficit augmente d’autant plus, qu’en fait il y a des dépenses « cachées » qui n’ont pas été inscrites, qui restent des dettes de l’Etat, et non reprises dans les dépenses de l’année 2007. Ce sont des « reports de charges ». De quoi s’agit-il ? Un solde de dette de l’Etat vis-à-vis de la Sécurité sociale pour 1,2 Md € ; 1,5 à 2 Mds € de dépenses de la Défense non budgétées sur l’exercice ; la comptabilisation du compte – épargne – temps des agents de l’Etat pour 0,2 Md € ; la dette de l’Etat vis-à-vis du Crédit Foncier pour le paiement des primes d’épargne – logement pour 0,6 Md €… A cela s’ajoutent les conséquences des recettes exceptionnelles de 2007 (qui ne se reproduiront donc pas en 2008), à savoir 0,65 Md € pour la seule SNCF et 0,92 Md € pour EDF. Quand on totalise tout cela (et je ne suis pas encore certain d’avoir tout identifié !), cela veut dire qu’existent en dehors du déficit de l’Etat plus de 5 Mds € de « déficit supplémentaire latent ».
 
Et si ces 5 Mds € avait été additionnés aux 2,7 Mds € d’augmentation de 2007 ?
L’analyse des comptes de l’Etat fait davantage froid dans le dos ! Mais c’est pourtant la vérité des chiffres : le vrai déficit de l’Etat aujourd’hui en France est plus proche de 43,4 Mds € que des chiffres annoncés par le Gouvernement.
 
8 mois de Présidence SARKOZY, cela se résume brutalement : une augmentation non contrôlée de 22 % du déficit de l’Etat !


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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 08:47
Voici les réponses obtenues à deux questions écrites qu’en ma qualité de parlementaire j’ai posées :

- à Monsieur le Secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique sur l'incohérence du régime indemnitaire de la catégorie A de la filière sportive de la fonction publique territoriale. En effet, le régime prévu pour les conseillers des activités physiques et sportives (APS) mériterait d'être comparable à celui des attachés territoriaux à tout le moins. Lire la suite (J.O. du 25 septembre 2007). Réponse parue au J.O. le 29 janvier 2008


- à Madame la Ministre de la Culture sur la protection des droits de propriété intellectuelle des artistes interprètes dans un monde où la mutation effrénée des nouvelles technologies de diffusion risque de spolier ces derniers des justes retours de leur talent et de leur créativité. Lire la suite (J.O. du 11 septembre 2007). Réponse parue au J.O. le 29 janvier 2008


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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 17:43
On le sait : depuis que je suis maire, l’emploi des Wattrelosiens est ma préoccupation majeure, je dirai même, mon obsession. Voilà pourquoi je suis attentif à tout ce qui peut améliorer l’efficacité des dispositifs pour l’emploi. C’est le sens de la convention de coopération avec l’ANPE que j’ai signée lundi 28 janvier en début de soirée.
Elle prévoit de renforcer la collaboration entre les services de la Ville et l’Anpe sur le plan de la transmission des informations, de la lutte contre l’exclusion et les discriminations, et de l’insertion professionnelle.
Selon moi, une politique de l’emploi doit s’appuyer sur plusieurs facteurs :
-         des instruments adaptés : sur ce plan, je déplore vivement la réduction massive des contrats aidés dans le secteur non marchand, car c’est souvent une vraie chance pour des dizaines de personnes de pouvoir bénéficier de tels contrats : avec la décision du gouvernement de réduire de 50 % les enveloppes du Nord Pas-de-Calais, ces personnes seront demain sans solution, et cela sera dramatique !
-         une volonté forte des acteurs. Elle existe aussi bien à la Ville de Wattrelos où, dès après mon élection, j’ai fait venir directement auprès de moi, à mon cabinet, une chargée de mission-emploi (elle-même en provenance de l’ANPE) que dans les structures associées que j’ai souhaité voir travailler davantage en réseau et qui, maintenant je crois, en ont pris clairement l’habitude (ANPE, Assedic, Mission locale pour l’Emploi, Office municipal d’Education permanente, Plan Wattrelosien d’Insertion). Avec au bout de cette volonté, deux objectifs clairs : d’une part, l’attention accordée à tous les dossiers de création d’emplois quelle que soit leur importance ; d’autre part, devant chaque offre d’emploi, il faut se poser la question : n’y a-t-il pas un Wattrelosien pour l’occuper ?
-         la concertation : c’est une méthode incontournable. Je crois aux vertus de l’écoute, du dialogue et de l’échange. C’est l’intérêt de la convention que nous venons de signer.


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