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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 13:52
Ce matin, réunion de la Commission des Finances, où nous auditionnons M. Jean GAEREMYNCK, Délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle. Et ce qu’il nous apprend est consternant !
Vous savez que je ne décolère pas des décisions financières récentes du Gouvernement qui ont consisté à faire de 13 à 15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus aisés de notre société, alors même que d’importants besoins publics existent et qu’ils ne sont pas satisfaits !
Quelles sont les conséquences de ce « cadeau fiscal » ? J’en ai déjà évoqué 2 sur ce blog :
 
1)      le risque d’une dérive du déficit budgétaire. L’Etat va laisser filer son déficit (qui est pourtant déjà de plus de 40 milliards d’euros !), et donc sa dette, j’en suis convaincu ! Cela se confirme ! Le rapporteur général (UMP) du Sénat vient de le confirmer, en « enterrant le rapport Pébereau sur la dette », et le Gouvernement aussi qui vient de reculer de 2010 à 2012 la perspective du retour à l’équilibre des finances publiques.
 
2)      autre conséquence, les hôpitaux continuent de s’enfoncer dans leur crise financière : le milliard qui leur serait nécessaire n’est prévu nulle part !
 
Mais depuis ce matin, une 3è conséquence augmente ma colère : l’emploi social n’est pas financé en 2007, et baissera fortement en 2008 !
 
Car que nous dit M. GAEREMYNCK ? Ce haut fonctionnaire nous explique surtout 2 choses :
 
1)      Il n’y a pas assez d’argent pour financer l’emploi social : manquent 730 millions en 2006, et 1 milliard en 2007 !
 
En effet, par suite de sous-évaluation des dépenses dans le Budget 2006, pour boucler le budget en 2006, l’Etat n’a pas payé 730 M€ d’exonérations à la Sécurité sociale qu’il lui devait pourtant… pour pouvoir payer notamment les contrats aidés. En termes clairs, on a sous-évalué les dépenses, et du coup on a fait de la cavalerie en ne payant pas sa dette à la Sécu.
Pour 2007, ce tour de passe-passe ne sera plus possible, et pourtant, il manquerait, nous dit-on 1 milliard d’euros pour boucler l’année, dont 300 millions pour les contrats aidés, 400 millions pour le Fonds de Solidarité (qui paie notamment l’ASS des chômeurs les plus démunis, ou encore l’indemnisation des intermittents du spectacle), ou 100 millions pour le dispositif emploi des « cafés-restaurants », voire 25 millions pour le financement de l’AFPA : tout cela n’est pas financé ! Ces informations provoquent des regards consternés auprès des députés de droite comme de gauche !
Décidément, l’automne sera difficile.
 
2)      L’emploi social sera sacrifié en 2008 !
 
D’ores et déjà, on nous le dit : le Gouvernement a décidé une « décélération » des contrats aidés dès le second semestre 2007. En termes clairs, il y aura moins de contrats dans nos collectivités pour les personnes en grandes difficultés. D’ici la fin de l’année, le Gouvernement en veut 130 000 (au lieu de 175 000 pour le 1er semestre, soit – 25,71 % !).
Pour 2008, cela devrait être pire.
  
Collectivités (CAE et C. d'Avenir) : 310 000 en 2007 ; 230 000 en 2008, soit - 25,80 %
Secteur marchand (CIE et CJE) : 90 000 en 2007 ; 75 000 en 2008, soit - 16,60 %
Total des contrats : 400 000 en 2007 ; 305 000 en 2008, soit - 23,75 %
Rappelons que ces contrats étaient 495 000 en 2006.
Ces chiffres font peur ! Ils annoncent des lendemains très difficiles.
Car que vont répondre les maires, les élus locaux à ceux de leurs concitoyens qui viennent leur demander un emploi ?
Ils avaient déjà peu de moyens : ils en auront encore beaucoup moins !
Tout cela va faire des dégâts.
Mais c’est de plus en plus clair : là n’est pas la priorité du Gouvernement ! Pendant l’été, des décisions douloureuses se préparent.
Soyons vigilants, sachons les dénoncer !
Pour ma part, j’ai posé quatre questions à M. GAEREMYNCK sur : l’avenir des contrats aidés, et les conditions d’accès (car je crains que pour réaliser leur baisse, le Gouvernement ne durcisse les conditions d’éligibilité) ; l’implantation optimale des maisons de l’emploi (sera-t-elle révisée prochainement ?) et le devenir des comités de bassin d’emploi ; l’évolution des moyens financiers de l’Etat pour l’insertion par l’activité économique (notamment pour les missions locales) alors que l’enveloppe du Fonds social européen diminue ; les moyens prévisibles de l’Inspection du travail (car il n’y a pas de qualité de l’emploi sans bon contrôle !).


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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 15:16
Avignon-2007-pour-le-web.jpgRégulièrement, on me pose la question de savoir ce que je fais de mes week-ends. La réponse est simple : je bosse. Mes loisirs sont simples à lister : 1 ou 2 cinémas, et 1 à 3 pièces de théâtre par an. Une exception toutefois : un séminaire de banquiers, de responsables d’entreprises, de hauts fonctionnaires et d’hommes politiques une fois par an à Avignon en juillet, et qui se déroule au Palais des Papes même (photo ci-contre). Au programme : dans la journée, on discute, on réfléchit, et le soir, quelques spectacles. C’est un moment privilégié pour moi dans le rythme de l’année.
Cette année, l’ordre du jour est philosophique : "Vivre ensemble à l’heure de la post-modernité", avec pour invité Michel MAFFESOLI qui vient de publier "Le réenchantement du monde".
Pour ce philosophe, la crise actuelle n’est pas qu’économique, culturelle ou politique. Chaque époque se caractérise par des "épistémê", c’est-à-dire un ensemble de "mots" qui l’identifient et la symbolisent. Et pour lui, les phases de crises ou de mutations sont des périodes où s’élabore une nouvelle "épistémê".

1°) Quelle est notre épistémê "moderne" ?
Pour M. MAFFESOLI, elle repose sur 4 mots-clés :
 
- le "travail", qui est une valeur moderne. Au début du 19ème siècle, le travail est devenu "un impératif catégorique" (Kant) : "C’est ce par quoi il y a réalisation de soi" ;
- le "rationalisme", dans le prolongement de Max Weber qui parle de "rationalisation généralisée de l’existence", et "d’araisonnement du monde" ;
- "l’utilitarisme", car "ne vaut que ce qui sert à quelque chose". La grande idée moderne, c’est
"l’homme maître et possesseur de la nature". Le schéma moderne, c’est un social maîtrisable et une nature soumise…
- la "temporalité" du groupe : ce qui caractérise la tradition moderne, c’est le futur. L’important, c’est demain ! La concrétisation la plus symbolique de cela, ce furent les expositions universelles du 19ème siècle, où la société se donne à voir à elle-même (cf. en 1867 la phrase phare de l’exposition : "Rien n’arrête l’idée dont le temps est venu : le progrès").
Voilà ce que fut le vivre ensemble dit "moderne" : un individu autonome, qui se réalise par le travail, avec le futur pour objectif.

2°) Il y a aujourd’hui une "saturation". N’y a-t-il pas une épistémê post-moderne en gestation ?
Cette "saturation" des concepts est certes une "décadence", mais aussi une "émergence". Il y a éclatement des unités :
-                     la République une et indivisible paraît éclater en une mosaïque d’intérêts divers ;
-                     les "grandes institutions" (familles, syndicats, …) connaissent une fragmentation. Il y a retour de la communauté. Le mot même de "communautarisme" apparaît, un mot "dangereux".
-                     les grands systèmes qui avaient constitué la modernité, avec la fin des grands récits de référence (marxisme, freudisme…).

3°) Quelles en sont les conséquences ?
Des mots sont en train de se substituer aux précédents, et caractériseront la "post-modernité".
Ce qui prendra de plus en plus d’importance, ce n’est plus le travail, mais ce sera l’idée de "création" ("faire de sa vie une œuvre d’art"). Elle va caractériser la post-modernité.
Le "rationalisme", c’est l’accent mis sur le cerveau. Aujourd’hui, c’est le corps dans son entier qui devient important. Il y a un "retour du corps" (on le voit dans la mode, les besoins de fitness, de bien-être…). La métaphore du "corps social" n’en est plus une, elle peut devenir une réalité.
Il y a une "esthétisation" de l’existence. C’est le retour des émotions communes. Notre vie sociale se fait sur la ponctuation de nos émotions (sportives, culturelles…).
La temporalité, aujourd’hui, c’est le présent ! Le "carpe diem" s’impose : le "projet" n’est plus à l’esprit.
M. MAFFESOLI résume cette mutation des mots et des références, comme étant "une revanche des valeurs du Sud sur les valeurs du Nord". Et il tire la conclusion « qu’il faut avoir la capacité d’accompagner ce qui est inéluctable », rappelant que "chaque société rêve de la suivante ; sachons accompagner le mouvement, pour qu’il ne devienne pas un cauchemar".

Tout cela, c’est vrai, incite à la réflexion. C’est l’intérêt de ce type de débat. J’y observe des constats pertinents sur les évolutions en cours de notre société. Mais personnellement, je n’en tire pas les mêmes conclusions que notre ami philosophe : il ne faut pas renoncer à contenir des évolutions, voire à les combattre quand elles ne sont pas un "progrès", quand elles nourrissent des forces centrifuges dans la société, quand elles risquent de contribuer à son éclatement. Non, il ne faut pas renoncer au volontarisme ! C’est cela la nécessité, et le champ du "politique"…
 
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14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 12:49
Les conséquences de ce projet de loi que le Gouvernement veut faire voter m’obsèdent. Quand on voit les besoins publics dans nos hôpitaux, dans nos commissariats, pour financer les logements ou les politiques d’emploi, je ne parviens vraiment pas à comprendre, ni à pardonner, le cynisme de ces dirigeants qui sont en train de donner de l’argent, beaucoup d’argent à ceux qui sont parmi les contribuables les plus importants !
Alors je feuillette le rapport du Rapporteur général du Budget, qui présente le Projet de Loi avec le gouvernement dans l’hémicycle. Et j’y vois un instructif tableau qui explique que ce « bouclier fiscal » à 50 % aura pour conséquence de rendre à 234 397 contribuables 810 millions d’euros !
Certes, mais ce n’est pas pour autant réparti « équitablement » (si j’ose dire, parlant d’une mesure aussi scandaleusement injuste !).
Car, 201 864 contribuables (86 % du total) qui ont un patrimoine inférieur à 750 000 euros vont se voir rembourser globalement 131 millions d’euros (16 % de l’enveloppe totale !), soit une restitution pour chacun de 649 euros en moyenne.
En revanche, pour les plus gros patrimoines, c’est le jackpot !
Qu’on en juge : 4157 contribuables, qui ont un patrimoine supérieur à 7,1 millions d’euros, vont se répartir 441 millions d’euros (55 % de l’enveloppe totale !), à savoir :
-          169 millions d’euros, pour les 3 076 contribuables qui ont un patrimoine inférieur à 15,5 millions (qui vont toucher en moyenne chacun 54 941 euros !) ;
-          272 millions d’euros, pour les 1 081 contribuables dont le patrimoine est supérieur à 15,5 millions (qui, eux, vont se voir rembourser en moyenne chacun… 251 619 euros !!!).
Le bouclier fiscal, cela touche bien les riches, mais surtout les plus riches des plus riches !
 
 
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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 17:43
En séance ce matin, toujours l’examen du projet de loi dit TEPA (travail, emploi, pouvoir d’achat), avec notamment dans son article 5, le fameux « bouclier fiscal ». J’en ai déjà parlé, et on pourrait ici réécrire les pages de bien des rapports. Pour être le plus pédagogue possible, je me limiterai à un exemple, que j’emprunte à l’étude que vient de publier le syndicat national unifié des impôts (SNUI). Celui-ci a calculé les avantages du « paquet fiscal » de ce projet de loi pour un couple parisien, marié avec 2 enfants, qui a un patrimoine imposable à l’ISF de 20,3 millions d’euros et déclare 200 000 euros de salaires annuels.
Actuellement, au titre de l’ISF, ce ménage paie 291 870 euros, avec un impôt sur le revenu de 43 788 euros et des taxes foncière et d’habitation de 20 000 euros.
Aujourd’hui, avec le bouclier fiscal à 60 %, le fisc doit déjà lui rembourser 235 658 euros (soit 80 % de son ISF !).
Avec les autres dispositions du « paquet fiscal » de cette loi, ce couple va pouvoir donner 150 000 euros en franchise d’impôt à chacun de ses enfants, son patrimoine imposable est ramené à 20 millions d’euros, et son ISF diminue de 5 400 euros.
Mais avec la réduction du bouclier fiscal à 50 %, le fisc remboursera de l’ordre de 280 000 euros à ce couple (soit 98 % de son ISF !).
Ces chiffres se passent de tout commentaire. Qui peut raisonnablement nier que la mécanique de ce bouclier fiscal n’est rien d’autre que la quasi-disparition de l’impôt sur la fortune en France ?
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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 15:31
L’un de mes collègues estime que c’est l’article dit « Johnny Hallyday » : celui grâce auquel le chanteur – que j’aime bien quand il se contente de chanter – pourrait quitter son chalet suisse pour revenir en France ! Mais c’est une décision fiscale grave et injuste.
Quand il a été créé par le gouvernement de D. deVillepin, « le bouclier fiscal » avait été présenté en 2006 comme un dispositif favorisant tous les Français ! En fait, son bénéfice est concentré sur les plus aisés.
La réalité impose de le reconnaître. Seuls 10 % des Français payent un impôt sur le revenu supérieur à 8 % de leurs revenus. Et sur un coût global de 450 millions d’euros pour 93 000 bénéficiaires potentiels, ce dispositif permet aujourd’hui à 16 000 personnes de se partager d’ores et déjà plus de 350 millions d’euros (alors que les 77 000 autres se partagent 50 millions d’euros) !
Les premiers remboursements issus de l’actuel bouclier fiscal ont eu lieu début 2007 et atteignent pour les plus aisés plusieurs millions d’euros (7 millions dans un cas rendu public par la presse, entre 1 et 1,5 million pour plusieurs contribuables). Il s’agit de très riches propriétaires qui peuvent ainsi réduire fortement leur imposition au titre de l’ISF.
En réalité, le nouveau bouclier fiscal viendra amplifier les effets de l’actuel. Pour tous les Français qui ne paient pas l’ISF, soit 98 % d’entre eux, le bouclier actuel ne sert à rien. Le bouclier « nouvelle formule » ne leur servira pas davantage. La somme de l’impôt sur le revenu, de la taxe d’habitation, de la taxe foncière (à condition d'être propriétaires), de la CSG et de la CRDS est inférieure à 40 % de leurs revenus. La seule raison d’être du nouveau bouclier fiscal est la disparition de l’ISF, et encore pour les tranches les plus élevées !
Si bon nombre de ceux qui, ici dans la circonscription, ont de bonne foi voté à droite, voyaient la morgue et les apologies libérales de la richesse des élus de droite qui s’expriment, s'ils entendaient comment tous leurs propos ne respirent que l’argent, ils seraient, comme moi, consternés ! Certains élus de l’UMP eux-même paraissent mal à l’aise : ils sentent que là, ils vont trop loin, que leurs collègues sont injustes à l’excès… Mais ils voteront quand même ! Parce que N. Sarkozy le veut…
Pour moi, c’est clair, c’est non !
 
 
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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 15:28
Pendant la discussion du texte gouvernemental en débat à l’Assemblée, le contraste est fort : le gouvernement va distribuer 13 milliards de « cadeaux fiscaux », et va notamment abaisser le « bouclier fiscal » de 60 à 50 % ce qui aura pour conséquence de supprimer l’impôt sur la fortune des contribuables les plus aisés… et pourtant, avec seulement 1 milliard, on remettrait d’équerre les comptes de tous les hôpitaux publics ! Mais ça, ça n’est pas prévu ! Voilà pourquoi c’est sur l’article 5 qui concerne le « bouclier fiscal » que j’ai voulu interpeller ce matin Madame Lagarde, Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi :
 
« L'action politique, ce n'est pas seulement faire des choix de maintien de recettes fiscales, c'est aussi et peut-être surtout formuler des choix de dépenses : que faire de l'argent public ? A quoi le consacrer ?
 
Vous le savez, sur les bancs de gauche de cet hémicycle, nous désapprouvons le "bouclier fiscal" que vous voulez porter à 50 %. Nous, nous pensons qu'il n'y a pas l'argent dans nos caisses publiques pour faire cela !
 
Mais si vous, vous pensez que vous l'avez cet argent, ce que je vais vous proposer c'est de le consacrer à autre chose, à une autre dépense, autrement plus importante, autrement plus urgente, autrement plus déterminante pour l'avenir de notre société et de nos populations, à savoir la situation financière de nos hôpitaux publics !
 
Leur situation est dramatique. Les recettes ne sont plus suffisantes pour couvrir les dépenses. La réforme de la tarification à l'activité, l'insuffisante prise en considération des missions de prévention, l'homogénéisation des contraintes financières entre cliniques privées et hôpitaux publics sans prendre suffisamment en considération les spécificités d'accueil pour tous de nos hôpitaux, tout cela limite les recettes, et crée de graves besoins financiers.
 
Partout en France, les budgets prévisionnels des hôpitaux publics sont votés en déficit ! Soyons francs, chers collègues, dans nos villes, dans nos circonscriptions, qui n'est pas touché ? Il y a là un drame financier qui existe, dont on ne parle pas, et un drame social latent.
 
Quand je rentre dans ma ville, quand je suis dans ma circonscription, personne, je dis bien personne, n'est venu me demander avec impatience quand entrera en application le bouclier fiscal ! Personne, je dis bien personne ne vient me demander quand diminuera l'impôt sur la fortune. En revanche, beaucoup, beaucoup de mes concitoyens sont inquiets, très inquiets pour l'avenir de leur hôpital ; ils sont inquiets des annonces faites dans la presse ou en Conseil d'Administration de fermetures de services, voire de menaces sur l'établissement hospitalier lui-même.
 
Dans ma ville, à Wattrelos, le déficit du Centre hospitalier est de près d'1 million d'€ ; à Roubaix de 8 millions d'€, sur tout le Nord- Pas de Calais, en cumul, d'après l'ARH, ce sont 70 M€, et sur toute la France, d'après l'estimation de la Fédération hospitalière, ce sont 750 M€.
 
Il suffirait, Madame et Messieurs les Ministres, de réduire votre ambition sur le "bouclier fiscal", peut-être que vous limitiez sa baisse de 60 à 55 %, ou à fortiori bien sûr que vous renonciez à cette réforme, pour que vous puissiez consacrer 1 Md€ à remettre à flot tous nos hôpitaux publics du pays !
C'est le choix que je vous propose de faire, ici, maintenant !...
 
Vous prendriez une décision intelligente financièrement, juste humainement, et socialement urgente.
 
Monsieur le Président, Madame et Messieurs les Ministres, dans son titre, ce projet de loi dit s'intéresser au "Travail, à l'emploi et au pouvoir d'achat". Et bien, c'est précisément sur la situation du travail, de l'emploi de ce qui est souvent l'un des principaux employeurs de nos villes, à savoir l'hôpital public, au pouvoir d'achat de ceux qui sont souvent un nombre de travailleurs salariés important résidant dans nos villes, que je veux attirer aujourd'hui votre attention la plus forte. Car à quoi sert de réduire l'impôt payé par les plus aisés de notre société si notre société n'est plus capable de réaliser sur notre territoire l'accès aux soins pour tous ? La vraie priorité nationale, c'est cela ! Alors Madame et Messieurs les Ministres, renoncez au bouclier fiscal, financez les hôpitaux ! »
 
Faut-il dire que la Ministre n’a pas jugé utile de répondre…
Et pourtant, bien des députés y compris UMP me disent dans les couloirs que j’ai raison !
La vérité, c’est que le groupe majoritaire est tenu par des motivations plus idéologiques, libérales à l’excès, que par une analyse financière sérieuse des réalités.
Ah libéralisme, que de dégâts ils vont faire en ton nom !…
 
 
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11 juillet 2007 3 11 /07 /juillet /2007 14:11
DBMigaudJuillet07pourleWeb.jpg







En compagnie de Didier Migaud, Président de la Commission des Finances (photo Xavier Mouthon).

Ce mercredi midi, la Commission des Finances a choisi ses rapporteurs spéciaux, et m’a confié le rapport en charge des « Engagements financiers de l’Etat ». Sous l’autorité du Président de la Commission, il me revient d’évaluer la charge de la dette de l’Etat (avec les dérapages de ces dernières années, cela ne va pas être mission facile !), d’examiner la gestion de sa trésorerie, quelles sont les utilisations des garanties de l’Etat, et la politique de l’épargne suivie par l’Etat !
Ce ne sont pas, j’en conviens, des sujets dits « grand public », mais ils sont lourds et importants car ils concernent la politique financière de notre pays. Mais bien des thèmes peuvent toucher la vie de bon nombre de nos concitoyens (épargne-logement, niveau des taux d’intérêts, livret A…) !
Déjà, il faut que je prépare mon questionnaire pour le rapport de la session d’automne : cela doit partir au gouvernement et à ses administrations la semaine prochaine. J’y travaille dès ce soir… reconnaissons-le, pendant la séance publique.


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4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 13:18
Madame Lagarde est venue ce matin présenter le premier texte de la législature, le projet de loi « en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat ». Peu d’articles (à peine 11), mais avec des réformes très importantes, et lourdes de conséquences. J’ai un sentiment de malaise, pour tout dire.
Soyons francs, car j’aime parler vrai : je suis d’accord avec certaines mesures telles que l’exonération fiscale des revenus d’étudiants (encore qu’il faudrait sans doute tenir compte des ressources des parents !) ou la suppression des droits de succession entre conjoints.
Mais bien d’autres choses sont très déstabilisantes et particulièrement coûteuses pour les finances publiques, sans qu’on n’ait aucune assurance sur la stimulation de la croissance économique. De plus, elles seront socialement injustes.
C’est vrai sur la détaxation des heures supplémentaires (à lui seul, le dispositif coûtera 6 milliards d’euros !). Avec le « bouclier fiscal » qui passe de 60 à 50 % (en intégrant la CSG et la CRDS), cela veut dire une quasi-disparition de l’impôt sur la fortune. Pour justifier cela, Madame Lagarde estime que cette mesure est légitime parce que, dit-elle, « c’est la partie la plus aisée de la population qui permet de faire circuler de la richesse dans le pays » !!! Et elle appuie son propos en citant Sacha Guitry : « Etre riche, ce n’est pas avoir de l’argent, c’est en dépenser ! »
Je suis consterné ! Les vainqueurs sont vraiment d’une droite décomplexée, ils assument ! On touche au comble du cynisme.
Avec la déduction fiscale des intérêts d’emprunts pour les propriétaires de leur résidence principale, la dépense fiscale sera de 3,7 Mds d’euros nous dit la ministre ! Et pour la réduction des droits de succession, le coût est de 2,2 Mds d’euros !
Au total, le « paquet fiscal » de ces mesures représente de 12 à 13 milliards d’euros… (près de 25 % du déficit actuel de l’Etat !).
La question est bien sûr dans tous les esprits, sur les bancs des députés de Gauche : comment tout cela va-t-il être financé ? 
 . Le Gouvernement va-t-il (encore !) laisser filer le déficit de l'Etat, et donc augmenter la dette de l'Etat ? Au premier semestre 2007, celle-ci vient déjà de dépasser 65% du PIB...
 
 . Le Gouvernement va-t-il faire des économies sur les autres dépenses publiques ? C’est à craindre, car la ministre le reconnaît : le Gouvernement « devra examiner des mesures d’économie à l’automne »… Bingo ! On dépense aujourd’hui de l’argent qu’on n’a pas, et on fera des coupes sombres plus tard !
 
 . Le Gouvernement prépare t-il de nouvelles recettes pour compenser ces « cadeaux fiscaux » ? Là encore, la ministre n’en dit mot, si ce n’est « qu’il ne faut pas mélanger les discussions », et que « d’autres viendront plus tard ». Chacun sait qu’elle parle de la « TVA sociale »…
C’est bien ce que j’avais dit dans ma campagne : on fera payer par le plus grand nombre, et donc par les plus modestes, les réductions fiscales pour les plus aisés.
Oui, c’est vrai, ce texte est symbolique, il donne le ton de la politique que le gouvernement de Sarkozy/Fillon entend mener. Le clivage entre droite et gauche est, à mes yeux, plus net que jamais.


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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 15:15

Je suis dans l'hémicycle et je viens d'écouter le Premier Ministre, François Fillon, présenter son discours de politique générale.
Il demande la confiance de l'Assemblée nationale. Il n'a pas la mienne : dans deux heures, au moment du vote, je mettrai dans l'urne une carte magnétique "contre". Pourquoi ?
Pour des raisons de forme, même si ce n'est pas le plus important. François Fillon n'est pas un orateur hors pair ; ça, on le savait, mais qui peut lui reprocher ?
En revanche, comment comprendre qu'il passe les 20 premières minutes de son discours à parler des institutions, des commissions parlementaires ou de la modification de la Constitution qui permettra au Président de venir s'exprimer devant l'Assemblée nationale ? Qui cela intéresse-t-il chez mes concitoyens, est-ce vraiment là la première priorité au moment où l'on entre en fonction ? Pour moi, c'est clair, c'est non.
Puis on a eu droit à un passage en revue des différents ministères qu'a occupés François Fillon dans sa vie politique... Juste après les institutions, il a parlé démocratie sociale (ex-ministre du Travail), universités et recherche (ex-ministre éponyme), puis éducation (là encore ex-ministre de l'Education)...
N'y avait-il pas d'autres priorités dans ce pays que les postes ministériels que le nouveau Premier Ministre a occupés ? Si ce n'était pas si sérieux, qui ne peut trouver curieux - et plutôt pitoyable - de l'entendre dire que, pour l'université, "depuis 25 ans rien n'a été fait"... Aurait-il une si piètre appréciation de sa propre fonction?
Mais à mon sens, le plus inacceptable pour le député de Roubaix que je suis est d'avoir dû attendre 50 longues minutes du discours du Premier Ministre (qui nous explique ce qu'il va faire dans les 5 ans qui viennent !)... avant que le mot "chômage" ne soit prononcé ! C'est consternant.
Pour moi, homme de Gauche, il n'est pas d'objectif de politique économique et sociale qui m'obsède davantage.
Mais les vraies raisons qui vont m'amener à refuser la confiance sont des raisons de fond. Pendant la campagne, j'avais dénoncé des mesures qui risquaient d'être mises en place par la Droite si elle gagnait ; et bien, on y est ! François Fillon vient de les annoncer.
Citons l'une après l'autre celles que j'ai notées : le contrat unique de travail (fini le contrat à durée indéterminée !) ; pour la retraite, ce sera l'allongement de la durée de cotisation (finis les départs après 40 ans ; ce sera bientôt 41, 42 puis 43 ans !), et la réforme des régimes spéciaux ; la "TVA sociale", annoncée comme certaine ; la mise en place des "franchises", avec un "plafond annuel par personne" (fini l'accès aux soins pour tous !) ; le gel des dotations de l'Etat aux collectivités locales (pas de hausse des moyens pour nos villes : bonjour l'étranglement de nos communes pour les années à venir !) ; le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux dès 2008 (soit - 40 000 suppressions de postes !)...
Tout cela va faire des dégâts pour les plus modestes, cela va être douloureux, dramatique pour beaucoup.
Voilà pourquoi je suis résolument contre ! Les électeurs de ma circonscription vont souffrir de tout cela. Ils m'ont élu pour dire non à ces mesures, à cette politique. C'est ce que je ferai.
 

 

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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 08:49
Parmi les responsabilités que j’exerce, celle de président du conseil d’administration du centre hospitalier wattrelosien me tient particulièrement à cœur, car je sais l’attachement de la population de Wattrelos (et des villes alentour !) à son hôpital.
Et en ce moment, je suis plus que préoccupé.
Pourquoi ? Parce que la situation financière de l’établissement, comme celle de très nombreux hôpitaux en France, est très inquiétante. Disons même qu’il y a lieu, à l’heure actuelle, de le sauver !
J’ai voulu que mon adjoint chargé des questions de santé, Jean-Pierre Delannoy, présente une motion, au Conseil municipal de Wattrelos hier soir, afin de marquer la volonté des élus wattrelosiens de tout faire pour éviter le pire.
A qui s’adresse ce message ? A l’Agence régionale de l’Hospitalisation, autorité de tutelle de l’hôpital, qui envisage, pour diminuer les dépenses, parmi diverses mesures d’économies, le transfert de l’activité de blanchisserie vers le centre hospitalier de Roubaix. On sait ce que cela signifie : le début d’un engrenage qui, à terme, peut remettre en cause l’existence même de l’hôpital.
Heureusement, ce plan a été rejeté par la Commission médicale et le Comité technique de l’établissement. Le Conseil municipal vient de voter, à l’unanimité, une motion qui demande trois choses :
·        la compensation financière pérenne des mesures statutaires et réglementaires non budgétées (= 749.000 euros) ;
·        l’accompagnement budgétaire nécessaire de l’établissement pour lui permettre de poursuivre son activité, dès l’année 2007 et les années suivantes, en attachant une importance particulière aux missions de prévention, si fondamentales pour la santé de la population wattrelosienne ;
·        la garantie de l’appui financier indispensable à la poursuite des investissements incontournables à la pérennité de l’établissement et aux besoins de notre territoire de santé. Il en est ainsi des si nécessaires 30 lits de soins de suite autorisés, mais non encore financés.
Le Conseil d’administration du centre hospitalier, aujourd’hui, a entendu ces messages (notamment du personnel venu nombreux à la porte de la salle de réunion pour marquer son inquiétude), et a refusé à l’unanimité le plan de retour à l’équilibre, voulu par l’ARH, et proposé par la Direction de l’hôpital. Tant mieux ! C’est une bonne décision.
Mais elle ne résout pas les difficultés : il nous faudra discuter, mais aussi être imaginatif. Avec à l’esprit, une seule volonté : pérenniser et consolider NOTRE hôpital !
 
 
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