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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 10:19

Ce dimanche, Lionel Jospin sera l’invité de la section wattrelosienne du Parti Socialiste : c’est en ami que Lionel viendra à notre traditionnelle Fête de la Rose.

Lorsque nous l’avons invité, il a tout de suite accepté, ce dont nous sommes très honorés !

Alain Faugaret et moi-même, nous nous réjouissons d’avance de le retrouver car le Gouvernement qu’il a animé de 1997 à 2002 fut l’un des plus réformateurs de l’histoire de la Gauche, et je suis fier d’y avoir pris ma part en tant que député.

La réduction du temps de travail, la parité hommes / femmes, la couverture maladie universelle, l’allocation personnalisée à l’autonomie, les emplois-jeunes, la hausse des effectifs de police et justice, c’était Jospin ! Tout cela sur fond de croissance, de réduction des déficits, de disparition de plusieurs impôts (dont la fameuse vignette automobile, mais aussi la suppression de la part régionale de la taxe d’habitation, ou encore la réforme de la taxe professionnelle) et de baisse du chômage…

Cela fait rêver aujourd’hui !

Je me souviens qu’à l’époque, comme Président du Haut Conseil du Secteur Public, j’avais remis à Lionel un rapport sur l’avenir des services publics (la photo ci-dessus a été prise à cette occasion), qui a fixé bien des éléments de doctrine sur la modernisation et le renforcement de nos services publics, bref un rapport apprécié.

Dimanche, c’est en soutien à la candidature de Ségolène Royal que Lionel se rendra à Wattrelos où il est venu pour la première fois en… 1976. Les militants wattrelosiens lui ont toujours été fidèles et sont impatients de revoir leur ami.

Autre invité de marque, car la Fête de la Rose de « Wattrelos l’européenne » revêt souvent un caractère international : Elio Di Rupo, Ministre Président de la région wallonne et Président du Parti Socialiste wallon, que nous sommes également très honorés de pouvoir accueillir.

On le voit : l’édition 2007 de notre Fête de la Rose sera des plus prestigieuses !

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 16:40




Sur cette photo signée P. Jolivel / Banque de France : le professeur Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006, Maria Nowak, présidente de l'association pour le Droit à l'Initiative Economique (ADIE), et Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France.

On peut être banquier et porter des valeurs d’humanisme et de solidarité fraternelle.
C’est ma conviction, et la raison profonde pour laquelle, après mes études, j’ai choisi cette profession. Et, à la Banque de France, je suis Secrétaire général de l’Observatoire de la microfinance, organisme mis en place à la demande du Président de la République, créé en septembre 2006 et présidé par Monsieur Michel Camdessus, gouverneur honoraire de la Banque de France, ancien directeur général du Fonds monétaire international.
Voilà pourquoi ce matin, quand le gouverneur de la Banque de France, Monsieur Christian Noyer, reçoit le professeur Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006, en présence de Monsieur Camdessus, et de Madame Maria Nowak, présidente de l’association pour le Droit à l’Initiative Economique (ADIE), je participe à l’entretien.
Monsieur Yunus est connu internationalement comme « le banquier des pauvres ». Il a en effet fondé il y a plus de 30 ans la Grameen Bank au Bangladesh pour prêter des petites sommes à des personnes n’ayant pas accès au système bancaire « normal », et leur permettre de créer leur micro-activité.

7 millions de personnes ont, depuis, bénéficié de ces microcrédits.

Le microcrédit est principalement conçu comme un instrument de lutte contre la pauvreté. Les institutions de microfinance sont surtout présentes en Asie du Sud-Est, en Amérique du Sud et en Afrique. Dans ces régions, cependant, le microcrédit ne touche que 103 millions de personnes, soit à peine 2 % du total estimé de la population exclue du système bancaire classique.

Mais, j’en suis convaincu, le microcrédit a également un rôle essentiel à jouer dans les pays industrialisés, notamment en Europe et en France. Il s’agit d’un instrument utile pour financer les besoins de ceux qui sont des « délaissés du système bancaire ». C’est clair : le microcrédit est un outil contre l’exclusion au Sud, et contre la pauvreté au Nord.

Ainsi, en France comme en Europe, il est une réponse à deux segments de besoins :

·        celui du financement de la création ou du développement des microentreprises, notamment lorsqu’il s’agit de la création d’entreprises par un demandeur d’emploi : c’est le « microcrédit professionnel » ;

·        celui de l’aide ponctuelle à des personnes en difficulté, en accompagnement d’un projet spécifique : c’est le « microcrédit social ».

Ici, à Wattrelos, j’ai fait signer une Convention avec la Caisse solidaire du Crédit Mutuel Nord-Europe pour que le Centre Communal d’Action Sociale puisse distribuer du « microcrédit social » à certains de mes concitoyens que les banques n’accueillent pas « spontanément ». Comme l’a dit dans la presse l’un d’entre eux, « cela lui a sauvé la vie ». Pas du point de vue vital, bien sûr, mais c’est incontestable que ce petit plus lui a changé considérablement la vie.

A Wattrelos aussi, depuis quelques mois, l’ADIE a ouvert une permanence à Beaulieu pour aider ceux qui souhaitent créer leur entreprise ; déjà plusieurs dossiers sont passés, et des jeunes se sont installés, en créant leur affaire : tant mieux !

A Paris, pour aujourd’hui, j’ai préparé le discours du gouverneur, et les décisions qu’il vient d’annoncer, où l’engagement de la Banque de France pour le développement du microcrédit en France et en Europe est confirmé avec force. Là aussi, tant mieux !

Il reste tout à faire pour aider les exclus du système bancaire.

Quand j’étais parlementaire, fort de mon expérience à la Banque de France de Roubaix, et des situations sociales très dures que j’avais vues auprès de celles et ceux que je rencontrais, j’avais fait voter la réduction de l’interdiction bancaire de 10 à 5 ans : 1.200.000 personnes en France avaient retrouvé le droit de faire des chèques, d’avoir une carte bleue, le droit de vivre « normalement », par cette seule modification.
Mais ce n’était pas fini, j’avais d’autres projets pour combattre l’exclusion financière, et donc l’exclusion tout court. Malheureusement, j’ai été battu en juin 2002, et je n’ai pu poursuivre le chantier.

Aussi, en ce printemps 2007, en travaillant avec le Ministère de l’Economie et des Finances pour préparer de nouveaux textes législatifs qui permettraient de faciliter la distribution de microcrédit social, en aidant à mobiliser la Banque de France sur ce dossier, ou en siégeant au Conseil d’Orientation du Fonds de Cohésion Sociale qui, sous la présidence de M. Camdessus, accorde les garanties aux associations ou aux banques distributrices du microcrédit,  j’ai le sentiment de poursuivre cette mission que je me suis donnée : mettre la finance au service des plus modestes aussi.

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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 16:26

Les cérémonies de commémoration du 19 mars 1962 ne sont pas anodines, ou simplement traditionnelles pour moi, bien au contraire. J’y attache une importance particulière.

Comme homme d’abord, évidemment. Le conflit en Algérie est un des souvenirs de ma prime enfance : l’un des frères de ma mère y était engagé, et c’était mon « parrain ». Dans mes toutes premières années, je ne l’ai pas beaucoup vu : à l’époque, je ne comprenais pas. J’ai su, plus tard. Comme j’ai rencontré ensuite bien des familles wattrelosiennes, des amis de mes parents, des connaissances de la vie associative, des voisins de quartier, qui m’en ont parlé, qui « m’ont dit », qui ont évoqué la disparition de quelqu’un qu’ils avaient connu, un de leurs proches.

Et pourtant… Triste constat : j’ai quitté le lycée en 1976 avec mon Bac en poche, et jamais, jamais, on ne m’avait parlé de la guerre d’Algérie ! Quand l’heure du Bac est venue, on amorce à peine la décolonisation en Asie du Sud-Est…

Etait-ce un retard, inexcusable, sur le programme, ou un tabou ? Je ne le saurai jamais.

Mais là n’est pas la question. Pour moi, j’ai toujours su, j’ai toujours pensé qu’il y avait bien eu une « guerre » là-bas, de l’autre côté de la Méditerranée. Aussi, est-ce tout à fait logiquement qu’à l’Assemblée, en 1999, j’ai soutenu l’idée, et voté avec la majorité parlementaire de l’époque, la loi qui a reconnu officiellement la « guerre » d’Algérie !

Avant, on parlait de « maintien de l’ordre », entre autres expressions compliquées pour dissimuler l’essentiel à mes yeux. C’était bien une « guerre », et il faut savoir le dire ! C’est juste, de surcroît, au regard de l’histoire comme de la reconnaissance des droits, et de la mémoire, de ceux qui s’y sont trouvés engagés dans les opérations militaires.

Je n’avais pas encore trois ans lorsque le général Ailleret, Commandant en chef en Algérie, ordonna le cessez-le-feu le 19 mars 1962 à midi, suite aux accords conclus la veille à Evian entre le chef de la délégation algérienne Krim Belkacem et les négociateurs français Jean de Broglie, Louis Joxe et Robert Buron.

Le 19 mars 1962, on le sait, ce n’était pas la fin de tout mais au moins l’espoir que tout cela s’arrête. Cette date appartient à l’Histoire.
Elle est la plus connue, elle est la mieux reconnue de l’opinion publique, c’est une évidence. Et c’est pourquoi, là aussi, il m’est paru tout aussi évident, lorsque j’étais député, de voter le 22 janvier 2002 une loi destinée à officialiser cette date pour la commémoration de la fin des combats. La loi n’a pas été définitivement adoptée ensuite par le Parlement : c’est regrettable. Car cet après-midi, aux cimetières, aux côtés d’André Marchal, président de la section locale de la FNACA, et des présidents et responsables locaux des autres associations patriotiques, je suis fier que, tous unis, tous les uns avec les autres, nous sachions, ensemble, honorer ceux qui sont tombés.
En leur mémoire, je tiens à ce que chaque 19 mars soit un moment de dignité et de recueillement dans ma ville.

Les Wattrelosiens qui ont souffert, qui ont perdu la vie ne sont pas oubliés. Toutes les autres victimes non plus. Je suis en effet très sensible au devoir de reconnaissance dont nous, enfants d’une génération qui n’a connu que la Paix, devons faire preuve. Ainsi, je ne manque jamais une assemblée du monde combattant, ni aucune commémoration, et ce, depuis longtemps. Je suis jeune, c’est vrai, et j’ai eu cette chance de ne pas avoir connu la guerre : c’est une vraie chance, quand on voit ce que fut notre histoire, et celle des générations qui nous ont précédé !

Voilà pourquoi, quand j’étais parlementaire, je me suis beaucoup mobilisé sur ces dossiers du monde combattant. Parmi les quelque 200 questions que j’ai posées au Gouvernement, bon nombre concernaient ce thème. Et c’est normal ! Les anciens combattants, témoins de ce qu’ont été les horreurs et les absurdités de la guerre, méritent notre reconnaissance. Ils ont mon respect, sincère, et mon dévouement !

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18 mars 2007 7 18 /03 /mars /2007 08:28

Aujourd’hui, à Lille, il y a une nouvelle manifestation pour protester contre l’annonce d’une éventuelle fermeture du Consulat du Portugal à Lille. Je ne peux participer à ce rassemblement, malheureusement, mais je suis de tout cœur  avec les manifestants. Dès le Conseil municipal de décembre à Wattrelos, j’avais dit publiquement combien je trouvais aberrante cette idée de fermeture : si un consulat est utile, c’est bien ici dans notre agglomération où la communauté portugaise est importante !

C’est donc une mauvaise idée et je l’ai écrit le 31 janvier, au Premier Ministre du Portugal, Monsieur José Socrates, en ces termes :

« Monsieur le Premier Ministre,

Notre presse locale s’est faite l’écho d’une possible fermeture en France, de six consulats du Portugal dont celui de Lille, capitale pourtant d’une région qui accueille une importante communauté lusitanienne.

Ma commune de Wattrelos a un attachement fort, intime, à celle-ci. Nous sommes ainsi jumelés avec Guarda, et nous accueillons nombre de vos concitoyens qui, historiquement, ont représenté jusqu'à plus de 10 % de notre population ! C'est vous dire si cette communauté est importante en nombre, comme à mes yeux de maire de tous les Wattrelosiens !

Nous sommes fiers de sa présence, de son implication dans la vie locale, économique et culturelle. Remarquablement intégrés, vos compatriotes sont des femmes et des hommes, reconnus pour leur courage et leur dynamisme, mais aussi attachés à leur racines, fidèles à leur histoire, leur identité et leurs traditions, et légitimement attachés à leur pays d’origine.

Beaucoup m’ont saisi de leur émotion à l’annonce de cette éventuelle fermeture. Je la partage, et je tiens à vous le dire.

Le Consulat est un cordon ombilical qui les relie à la Mère patrie et sa rupture est vécue comme une déchirure incompréhensible.

Aussi je voulais relayer auprès de votre autorité cette inquiétude. L’amitié franco-portugaise, solidement ancrée dans des décennies de partenariat, mérite qu’au-delà des considérations économiques et budgétaires, cette fermeture ne se produise pas ! A tout le moins, avant qu'elle ne soit définitive, je voudrais vous demander de l'examiner à l’aune de l’émotion qu’elle suscite.

Fort de mon sentiment de reconnaissance et d’affection pour la communauté portugaise, je tiens à porter le témoignage des craintes engendrées par la possible fermeture du Consulat du Portugal à Lille. Pour les résidents d'origine portugaise ici chez nous, il est un peu leur maison. Pour moi, comme pour bon nombre d'élus locaux, il est un partenaire fondamental, agréable et utile socialement » !

J’espère être entendu. En tout cas, nous élus, représentant toute notre population, et donc aussi celle d’origine lusitanienne, nous devons porter ce message.

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 11:48

 

Puisque le temps est limité, je voudrais mettre en avant cinq idées.

 

-         1ère idée : nos villes, et Wattrelos en particulier, sont un « mille-feuille » de migrations successives tout au long du siècle passé. Et jamais d’ailleurs l’arrivée de migrants n’a été facile. Il s’est agi successivement des Belges (souvenons-nous de Germinal), des Polonais (devenus des « Polaks »), des Italiens (« Ritals »), des Portugais (qui ont représenté il y a 40 ans plus de 10% de la population de Wattrelos), ou de l’immigration maghrébine. A Wattrelos, la population immigrée (6,5 % de la population) est davantage européenne (3,9 %) que maghrébine (2,6 %). Les proportions sont inverses sur la totalité de notre agglomération.

 

 

 

-         2ème idée : pourquoi ces migrants ? Par le lien migrant / travail. Ici, ce n’est pas une terre promise pour eux, mais une « terre habitable » parce que terre de travail. Or, de nos jours, le travail s’en va, se réduit, et le migrant reste. C’est là que des questions surgissent :

o       car le lien était fort entre migrant et travail (c’était même sa raison d’être là)

o       car entre temps la vie du migrant s’est installée. Il est devenu un immigré pour qui on a construit certes parfois un habitat à la va-vite, mais il est citoyen, sa vie est ici. Et voilà que l’enfant paraît : la terre d’accueil devient berceau familial.

Dans une situation où le lien migrant / travail se distend donc, le migrant est confronté à deux faits nouveaux :

o       un écartèlement entre sa culture originelle et le lieu où il réside

o       une terre d’accueil qui ne lui est pas toujours hospitalière.

Un point cependant est à souligner, un élément nouveau en ce qui concerne ce lien migrant / travail : c’est qu’aujourd’hui, ce ne sont pas (plus) les plus pauvres de leur pays qui deviennent migrants, ce sont souvent des cadres moyens ou supérieurs, ce qui pose un nouveau problème : l’incapacité à retrouver ici des fonctions qui correspondent à leurs qualifications antérieures. C’est un vrai problème, et il est important.

 

 -         3ème idée : pour beaucoup de migrants la République ne joue plus bien son rôle. En effet, en situation de crise économique, qui devient crise sociale, la devise républicaine s’affaiblit.

o       La crise économique devient crise sociale. Le chômage gangrène les relations sociales, la vie des familles, la vie des quartiers. Mais pour ces personnes, les conséquences du chômage sont accentuées par les caractéristiques de cette migration : ce sont des bras et de la sueur, et pour l’essentiel des gens modestes, de niveau de formation primaire. Ils subissent donc des difficultés particulières

§       pour leur propre reconversion

§       pour l’accès des enfants aux C.S.P. supérieures.

Dans cette crise qui persiste, les migrants sont particulièrement touchés.

o       Pour eux, la devise républicaine est souvent perçue comme un leurre.

§       La liberté ?

·      Bien sûr, celle d’aller et de venir existe.

·      Mais la liberté sans la capacité à bouger n’existe pas ! Et comment se sentir « libres » quand on voit l’accumulation des textes sur l’immigration qui à chaque fois sont ressentis comme des remises en cause de droits antérieurs ! Il est essentiel que la République arrête de modifier sans cesse les règles du jeu, et arrête donc de multiplier les lois sur l’immigration.

§       L’égalité ? En vérité, le ressenti, c’est que les inégalités s’accroissent :

·      inégalités entre capital et travail

·      inégalités entre travailleurs et non travailleurs

·      inégalités entre les travailleurs eux-mêmes : ceux des secteurs exposés et ceux des secteurs protégés.

D’où un vécu d’inégalités de ressources, d’inégalités d’accès.

§       La fraternité ? C’est l’inverse qui s’installe ! Qu’observent autour d’eux les migrants ? Des pratiques de haine, des résurgences de racisme. Ou des tentations de ghettoïsation, organisées par les uns, ou de communautarisme, recherchées par les autres. En vérité, je le dis comme je le pense, puisque ce débat est ça et là évoqué dans l’actualité, l’identité nationale, la vraie, c’est pour moi, que la liberté l’égalité et la fraternité soient les mêmes pour tous sur notre territoire !

 

 

o       Ne nous étonnons pas car il y a perte de repères républicains.

§       Quand les services publics diminuent dans nos quartiers, c’est la présence de la République qui s’affaiblit.

§       Quand la République ne sait plus intégrer et qu’elle est porteuse de discrimination, c’est elle qui est mise en cause.

§       Quand l’Etat ne sait plus protéger, l’Etat-Providence ne remplit plus sa fonction.

 

 -         4ème idée : aujourd’hui, c’est la jeunesse qui trinque, qui supporte, le plus.

o       C’est dur pour les jeunes. L’emploi des jeunes est en crise, et tous les indicateurs sociaux mettent en exergue le chômage des jeunes, et leurs difficultés à trouver un emploi.

o       C’est dur pour les jeunes de catégorie sociale modeste (non diplômés, non qualifiés). Un phénomène de « déscenseur social » s’observe.

o       Mais c’est plus dur encore pour les jeunes descendants de migrants. Là encore, tous les indicateurs statistiques le confirment, comme la réalité sociale de nos quartiers.

   

 

-         5ème idée : dès lors, l’ambition de la politique doit être de construire une égalité réelle des chances.

1)     Les symboles ont leur importance, la communication aussi. Mais il ne faut pas faire croire que cela se résume à cela. Nommer un préfet issu de l’immigration (alors qu’il n’est pas issu du corps préfectoral, Aïssa Dermouche), et en faire un symbole, c’est bien, mais il faut dire la vérité, et notamment qu’il a été mis fin à ses fonctions en catimini à peine quelques mois après. Et comment oublier qu’un jour, de 1958 à 1962, on a eu dans ce pays un Président noir du Sénat, Gaston Monnerville ? Et comment s’émouvoir aujourd’hui d’un présentateur noir au J.T., alors que je me souviens, moi, quand j’étais gosse, que l’artiste que je voyais le plus souvent à la télé était « coloré » : Henri Salvador ! Et à l’époque, tout cela paraissait naturel, normal. La vérité, c’est que quand la croissance économique était forte, la machine à intégration fonctionnait bien. Alors je veux être franc : les symboles / quotas m’insupportent, ce n’est pas la bonne réponse à apporter.

2)     La bonne réponse, c’est de construire une égalité réelle. Qu’est-ce que cela veut dire ?

§       Assurer une administration plus efficace : déconcentrer vers les mairies (faciliter le droit d’accès). Un nouvel équilibre est à trouver entre capacité locale et capacité nationale.

§       Mettre le paquet sur l’insertion sociale par l’alphabétisation et le maintien de la langue française. C’est vrai pour le migrant, c’est vrai pour tous d’ailleurs.

§       Aider les jeunes de migrants à accéder à l’enseignement supérieur : c’est la base de tout ! A Wattrelos, j’ai renforcé l’accès aux « bourses d’enseignement supérieur » que verse la Ville : nous sommes l’une des seules à faire cet effort (132 000 euros au total pour près de 400 étudiants en 2006) et j’en suis fier.

§       Construire une discrimination positive équilibrée. Mais discrimination positive ne veut dire ni favoritisme ni népotisme. Seule compte la capacité de l’intéressé(e) à exercer la fonction. Les partis politiques ont une responsabilité, bien sûr dans la désignation de leurs candidats, mais rien ne serait pire que l’idée de choisir des candidats uniquement par leur origine. Si, dans ma majorité municipale, trois adjoints sur 21 (soit 15 %) et cinq élus sur 35 sont issus de l’immigration récente, ils ne doivent leur rôle et leur fonction qu’à leur engagement au service de la cité, à leur engagement dans leur quartier ou dans leur domaine d’activité. 

 Face à la question de nos migrants, nos sociétés sont en transition, et les Etats sont en décalage. Nous devons tous avoir conscience : qu’il faut tout faire pour favoriser l’intégration et refuser le communautarisme ; qu’il faut vraiment le faire car, comme l’écrivait Gramsci entre les deux guerres mondiales : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. »

 

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 11:47

 

Qui dit  que les débats sont inintéressants, trop confidentiels, et qu’ils lassent les auditeurs ? Hier soir, c’est tout l’inverse que j’ai connu.
La zone pastorale de Roubaix avait invité des élus de l’agglomération à débattre en présence de membres des communautés paroissiales, de militants associatifs et de familles elles-mêmes migrantes. Autour de la table, les maires de Leers, d’Hem, un adjoint roubaisien, un conseiller d’opposition… mais, heureusement, pas d’extrêmes (ni à gauche, ni à droite), et l’UMP n’est pas venue.

Chacun a 10 minutes pour son intervention liminaire. Puis évidemment, il y a le débat avec la salle. Des témoignages ont été apportés, des objections aussi. Tout le monde a conscience qu’on est là au cœur du pacte républicain, que l’on parle là de la cohésion sociale, et de l’avenir de notre société.

Ma contribution tient à l’expression de 5 idées (il faut faire court !) : on en trouvera une synthèse dans la pièce thématique jointe (rubrique A consulter > Dossier migrants).

Tout cela a commencé à 20h pour finir à 23h30 ! Mais une soirée intéressante où l’humain a été vraiment au cœur des débats.

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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 11:35

A Wattrelos, ce ne sont pas les hirondelles qui font le printemps mais… le Salon des Artistes ! C’est pareil chaque année : comme le Salon se tient mi-mars, huit jours après, c’est le printemps, c’est mécanique ! Et en plus, c’est vrai, il fait souvent soleil à l’inauguration. Et bien, pour le millésime 2007, il aura aussi fait beau !

Par un superbe soleil ont été accueillis les 208 artistes wattrelosiens et locaux, ainsi que les 79 œuvres d’artistes allemands de notre ville jumelle de Köthen dont la délégation est emmenée par Hartmut Schmiegel.

Je suis toujours frappé par la force créatrice et l’imagination dont font preuve les artistes amateurs qui participent à ce Salon, et c’est un grand plaisir pour moi de déambuler parmi les œuvres, comme à l’accoutumée avec mon ami, complice et prédécesseur Alain Faugaret, maire honoraire (qui a accompagné les débuts de cette manifestation), et des membres de l’Atelier des Arts de Wattrelos, sans oublier le sympathique et « perpétuel » président Michel Couillet.

Ce qui nous a d’ailleurs valu une bonne partie de rigolade : voilà que nous tombons sur un groupe de statuettes de quatre personnages (cf. photo) que nous découvrons avec intérêt quand l’œil des élus que nous sommes Alain et moi est attiré par l’un des personnages ceint d’une écharpe bleu-blanc-rouge (le quatrième de la bande qui se tient à la queue-leu-leu).

-         « Tiens, l’artiste t’a représenté ! » me lance Alain, goguenard.

Je regarde plus attentivement et je remarque que le premier de la bande, quoique non « écharpé », a les traits et un profil « arrondi » qui… me rappellent fortement « quelqu’un » !

-         « Tu as bien regardé le premier : il ne te rappelle pas quelqu’un, qu’on connaît bien ? »

Au moment où je réponds cela, Alain se rend compte que j’ai raison et sa simple mine interloquée suffit à me faire éclater de rire… et lui aussi ! Match nul !

Cette anecdote pour illustrer le plaisir personnel que nous avons eu à découvrir la palette de couleurs et de talents exposés au centre socio-éducatif jusqu’au dimanche 25 mars (entrée libre : n’hésitez pas !). Et ils ont du mérite, tous ces artistes à présenter leurs tableaux, leurs sculptures : c’est un peu une partie d’eux-mêmes qu’ils livrent au regard des autres. Comme je le rappelais dans mon discours, dans sa « Théorie de l’art moderne », Paul Klee écrivait que « L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible ». Oui, il rend visible les émotions, le ressenti de l’artiste, et c’est cela l’exercice de l’exposition : en présentant ses œuvres, on se présente aussi soi ! Bravo pour celles et ceux qui osent le faire.

Un moment d’émotion également lors de cette inauguration : l’hommage que j’ai rendu à Abel Leblanc, artiste bien connu et habituel membre du jury, frappé par un deuil très proche quelques jours avant le Salon. Abel avait tenu à être là quand même, pour lire le palmarès, parce que c’est un fidèle, un homme de cœur et un grand ami de l’Art et des artistes. Nous avons tous été très touchés par sa présence.

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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 11:41

Lanparty
Vidéo envoyée par dBaert

Ils étaient de nouveau plusieurs centaines, ce week-end, pour la quatrième lan party proposée par la Ville et organisée par l’association Nexen.
Une lan, c’est une compétition de jeux vidéo en réseau. Et comme Wattrelos a la volonté, depuis quelques années, d’être une ville numérique et de développer les fameuses NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) qui facilitent les relations avec l’Administration, et plus largement les relations entre les gens (ce blog l’atteste !), il me semblait naturel qu’un tel événement puisse trouver sa place dans notre ville.
Alors, de toute la France, ils sont revenus, les « gamers » : des joueurs avertis (la compétition est une manche officielle de la Coupe de France) et d’autre plus… aventuriers, comme la trentaine de Wattrelosiens qui ont tenté leur chance avec beaucoup de courage et que je suis allé soutenir le vendredi soir et le samedi matin avant que ne commence le tournoi. Bon, au final, ils n’ont pas gagné mais ils auront au moins participé : bravo à eux !
Il y avait également des stands destinés au grand public par l’association wattrelosienne 3 Clics : à la fin de la vidéo ci-dessus, on me voit en… « guitar hero » ! J’ai bien pratiqué la guitare quand j’étais adolescent mais je ne me serais jamais imaginé tenir virtuellement le riff de Smoke on the water !
Tout ça pour dire que je suis fier du virage qu’a opéré la Municipalité en ce début de siècle, car ce genre d’événement, c’est aussi un message envoyé à la jeunesse qui est pour moi une priorité majeure : par les jeux, les fêtes proposés, par son action en faveur de la culture, du sport, de l’éducation, la Ville veut dire son attachement à cette jeunesse qui est aussi son avenir. En la sensibilisant à l’informatique et aux ordinateurs, je veux combattre tout risque de « fracture numérique » pour mes concitoyens demain.
Comme quoi, on peut s’amuser et être sérieux.
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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 14:37

Bien sûr, j’ai signé la proposition de parrainage pour Ségolène Royal : le jour même où, le matin, j’ai reçu au courrier la lettre du Conseil Constitutionnel avec le bordereau de parrainage, dès l’après-midi je postais en retour au Conseil Constitutionnel ledit parrainage.

Je n’ai pas de raison majeure de retarder ma signature : socialiste je suis ; je soutiens la candidate socialiste. D’abord parce qu’elle est la candidate de mon parti, qu’elle porte les valeurs auxquelles je crois, et parce qu’elle est LA candidate susceptible de faire gagner la Gauche et de battre la Droite de Nicolas Sarkozy.

La campagne présidentielle n’est pas un concours où chacun peut participer, ce n’est pas une foire aux suffrages. C’est un moment de débat, c’est un moment de construction ; on y construit l’avenir du pays et des citoyens. La règle des parrainages est à mes yeux juste.

Ceux qui ont la responsabilité de pouvoir désigner, parrainer un candidat ont une vraie responsabilité : choisir celui, ou celle, qui pourrait demain présider la France !

Contrairement, c’est vrai, à bon nombre de mes amis à Gauche, et y compris à bon nombre de socialistes, je suis favorable à l’élection du Président de la République au suffrage universel et, même si je ne néglige pas la nécessité de corriger certaines de nos règles institutionnelles (notamment sur le fonctionnement parlementaire), je suis attaché à ce Président (ou cette Présidente) « clé de voûte de nos institutions ».

Alors soyons clairs : à ce moment important de la vie démocratique et institutionnelle, je ne pense ni souhaitable ni nécessaire qu’il y ait une ribambelle de candidats. Car à terme, un trop grand nombre de candidats ôte toute signification au résultat obtenu : croit-on d’ailleurs que la démocratie gagne à voir se présenter 20 ou 30 candidats ? Qui n’a pas déjà entendu nos concitoyens plaider pour avoir – à juste titre – une pluralité des choix (pour pouvoir exprimer leur sensibilité), mais qui ne les a pas aussi entendu dire ne pas savoir qui choisir, tant il y a de candidats ? Paradoxe de la démocratie, bien sûr.

Voilà pourquoi mon choix est responsable et clair : c’est pour Ségo.
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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 08:26

Je suis fidèle en amitié, et je m’en honore. Aussi, dès qu’il m’a invité, c’est devenu un incontournable de mon agenda, il fallait que j’y sois ! Ce vendredi, un Croisien parmi les plus célèbres, Jean Gomanne, fête ses années de chansons, et à cette occasion, il a invité ses amis – j’en suis ! – et a sorti un nouveau CD, un « Florilège » (c’est son titre, avec une Tour Eiffel en fond d’image) de ses chansons. Pour être franc, c’est de la chanson comme je l’aime, française, chantant l’amour et la vie, de ces chansons que nous avons tous un jour fredonnées, et que nous conservons tous dans un coin de notre tête.

« Ca sent si bon la France » ;  « C’est magnifique » ; « A l’auberge du Cheval Blanc » ; « Toutes les femmes sont belles »… « Comme d’habitude » !

Jean est rayonnant et heureux, et il a raison de l’être. Ses sympathiques amis qui tiennent ce café mythique du LAF se sont même déguisés d’habits de fête pour lui et ses hôtes ! Le sourire est sur toutes les lèvres, c’est chouette.

J’ai beaucoup de respect pour ces artistes qui, comme Jean, ont passé leurs samedis soirs, dimanches midi, à faire des déplacements, à animer des bals, à pousser la chansonnette, à semer un peu de bonheur autour d’eux dans leur passage. Dans un film récent, Quand j’étais chanteur, G. Depardieu était émouvant. Mais tous ces artistes ont du mérite. Avec toutes ses années de carrière, Jean leur fait honneur. C’est un grand, et j’ai pour lui respect et amitié.

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