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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 20:06
Jn--ePoliceNationaleBlog.jpgLa sécurité est une préoccupation majeure dans nos sociétés modernes ; à mes yeux, c’est même le premier des services publics. Sans elle, on ne vit plus dans un état de droit et notre devise républicaine liberté-égalité-fraternité est mise à mal.
J’ai donc un profond respect pour ceux qui la défendent tous les jours sur le terrain : les policiers. Aussi ai-je mis un point d’honneur à répondre présent à l’invitation qui m’a été adressée de participer ce matin à l’inauguration de la Journée de la Police nationale à l’école de police de Roubaix-Hem.
En compagnie d’Alain Perret, préfet délégué à la sécurité, et de Jean Chabrol, directeur départemental de la sécurité publique du Nord, j’ai assisté à différentes présentations très bien construites, très bien menées, mettant en valeur les différentes spécialités du métier, les différents outils à la disposition de nos policiers modernes, comme ce radar de dernière génération (ph. ci-contre), et surtout les compétences et les savoir-faire de femmes et d’hommes qui savent qu’ils font un métier difficile mais, cela se sent chez beaucoup, qui l’aiment (car ils le savent utile).
Une journée très pédagogique qui se voulait également ouverte aux jeunes lycéens et à la prévention, notamment en matière de toxicomanie et de sécurité routière. Espérons que cette opération, désormais habituelle, aura suscité des vocations…



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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 13:38
Officiellement, et du point de vue des fonctionnaires, fussent-ils de haut niveau, la réponse est claire : rien ! C'est ce qui ressort de nos réunions de Commission des finances où, notamment cet après-midi, nous avons auditionné le Directeur Général du Trésor et de la Politique Economique, le Directeur Général de l’Agence des Participations de l’Etat, et le Président de la Sogeade / Sogepa qui gère les parts de l’Etat dans EADS.
 
Rappelons que la Sogepa est la Holding publique qui détient les parts de l’Etat dans Aérospatiale, et que la Sogeade est la structure qui allie la Sogepa et ses partenaires privés (le groupe Lagardère) au capital d’EADS.
 
Je ne vais pas revenir ici sur toute la politique financière et industrielle du groupe, non plus que sur la chronologie des faits (que les journaux détaillent à loisir) de ce qu’il est convenu d’appeler "l’affaire EADS". Je soulignerai simplement (si j’ose dire) certains points que cette journée d’auditions et de discussions met en lumière, ne serait-ce que du point de vue de
l'organisation des prises de décision :
·        la séparation stricte (la "muraille de Chine" disent nos interlocuteurs) entre la Direction du Trésor et l’APE, ce qui fait que si l’APE propose en janvier 2006 la vente des titres de l’Etat, le DG du Trésor dit ne pas être informé ;
·        la liaison directe (sans le passage par la Direction du Trésor) de l’APE avec le Ministre (et son Cabinet) : les propositions de cessions ou d’achats se prennent directement à ce niveau ! Le politique est donc en première ligne dans "l’affaire"… Aussi quand Thierry Breton dit ne pas être au courant, et n’avoir pas pesé sur la décision, difficile de le croire ;
·        la position ambiguë, en général et sur ce dossier en particulier, du représentant du Trésor au Conseil de surveillance de la Caisse des Dépôts. Lorsque celle-ci décide d’acheter les titres Lagardère celui-ci ne dit rien ! Pourquoi ? Parce qu’il sait les réserves de l’APE sur le titre EADS ? On est au cœur du problème…
 
Les discussions, les recherches d’informations continuent, et la Justice est saisie. Il n’en reste pas moins que ce soir, au terme de ces débats, je ne peux que ressentir un trouble face à certaines informations recueillies. C’est ainsi que :
·        nous avons compris que les Conseils d’administration de Sogepa / Sogeade ressemblent à un "club" formel entre amis, que les vraies décisions se prennent ailleurs, et que de fait les informations que transmet EADS à ces structures peuvent être incomplètes. Car comment ne pas être consterné de voir qu’après les révélations mi-juin des difficultés de l’A380, le Conseil d’administration du 27 juin… ne mette pas ce point à l’ordre du jour de sa réunion, et que les représentants d’EADS ne sont même pas présents ?
·        nous avons compris que les instructions données relèvent essentiellement du politique, donc du ministre (et cela passe au-dessus des hauts fonctionnaires, fussent-ils éminents) ;
·        nous avons été surpris de savoir que M. Pontet, Président de la Sogeade / Sogepa, gérant donc des participations d’Etat… était aussi parallèlement "Chairman Investment" (c'est-à-dire gestionnaire des investissements !) d'une grande banque privée (HSBC) !!! Et personne ne s'étonne de ce mélange des fonctions…
·        nous avons été plus surpris encore de savoir que dans quelques jours, M. Pontet va quitter ses fonctions (car atteint par la limite d'âge) et que le nouveau Président sera … Arnaud Lagardère (celui-là même qui a vendu une partie de ses parts d'EADS au détriment de la Caisse des Dépôts, et présenté par le Président de la République comme son "frère" !).
 
Décidément, oui, tout cela crée un malaise ! Et cela confirme, une fois de plus, que politique et affaires ne font pas un bon ménage…


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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 07:38
Voici la dernière question écrite qu'en ma qualité de parlementaire j'ai posée : 

- à Madame la Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports sur des abus manifestes dans l'attribution de la CMU à des non-nationaux. Créée en 1999 pour garantir aux plus démunis un accès aux soins, la CMU fait prendre en charge les frais médicaux par le régime général de sécurité sociale. Cependant, les seules conditions d'éligibilité de la CMU de base consistent à ne bénéficier des prestations d'aucun régime obligatoire d'assurance maladie et à justifier de trois mois ininterrompus de résidence en France. Lire la suite (J.O. du 9 octobre 2007).


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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 10:21
Dans son projet de budget pour 2008, le Gouvernement modifie les règles d’évolution des dotations de l’Etat aux collectivités locales, privant ces dernières de près de 400 millions € de ressources en 2008. C’est un acte politique qui met à mal la décentralisation. C’est une faute sociale, car alors que les difficultés sociales sont grandes, les collectivités (communes, départements) vont manquer de moyens pour y répondre. C’est une erreur économique, aussi et surtout, car si la croissance économique française peine à accélérer, comment oublier que par leurs dépenses et leurs investissements, les collectivités territoriales stimulent les économies locales et donc la croissance française ?
 
Réduire les ressources de nos collectivités, c’est prendre un risque avec la croissance du pays !
 
Comment le gouvernement de Fillon peut-il oublier que, depuis 2003, les investissements des collectivités locales ont augmenté chaque année en moyenne de + 8 % ? Cela représente 40 milliards € d’investissement en 2006 (contre 30 milliards en 2002) ! En comparaison, les entreprises françaises ont investi 187 milliards euros en 2006 (contre 159 en 2002) soit une hausse de seulement + 4 % par an.
 
L’investissement local joue donc un rôle de premier plan.
 
N’oublions pas que les communes investissent prioritairement dans l’aménagement urbain, le logement ; les départements dans la voirie et les collèges ; les régions dans les lycées et transports collectifs.
 
Alors que veut le Gouvernement ? Pourquoi prendre le risque de couper les jambes de collectivités qui ont besoin d’investir, qui ont déjà beaucoup de difficultés à le faire dans un contexte de hausse de prix (+ 5,5 % en 2006) qui renchérit les coûts ?
 
Comment ne pas comprendre que les besoins, à moyen terme, en infrastructures routières, protection environnementale, aménagement urbain, logement, transports, ou liés à la décentralisation sont soutenus ?
 
L’INSEE estime le « stock » actuel de capital fixe des administrations publiques locales à 577 milliards € et à 27 milliards € son « usure annuelle ». Pour développer ce stock, il faut donc investir davantage que cela. Voilà le constat !
 
Alors, oui, il faut dénoncer la stratégie suivie par le Gouvernement en matière de collectivités locales, car ces dernières ne sont que la variable d’ajustement d’un budget de l’Etat qu’on prive (avec les « cadeaux fiscaux » de l’été) de recettes fiscales, en totale inutilité économique. Pour favoriser les intérêts particuliers de ses électeurs riches et rentiers, le Pouvoir affaiblit les ressources qui œuvrent à l’intérêt collectif, il freine les investissements qui donnent à notre économie son efficacité et qui améliorent les conditions de vie.
 
Ce gouvernement n’a qu’une politique pour nos collectivités : le garrot !


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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 10:16
C’est le message que la Commission des Finances veut porter en auditionnant cet après-midi le gouverneur de la Banque de France, le Président de l’Autorité des Marchés Financiers, un haut dirigeant de la Société Générale, un représentant britannique d’une agence de notation, et MM. Aglietta et Bourguinat, deux éminents professeurs de finance internationale, que je suis heureux de retrouver (j’avais travaillé avec eux quand j’étais au Plan et à Matignon).
Bien sûr, on pourrait dire que cette crise dite des « subprimes » est une crise financière de plus, comme le monde en a tant connu, et en connaîtra sans doute encore. Son origine est, de fait, très classique au sens économique du terme : un rythme économique soutenu, un crédit très abondant et bon marché, qui a progressivement entraîné un appétit sans cesse croissant pour le risque et pour l’endettement. Mais, compte tenu des mutations du système financier moderne, avec le développement de la désintermédiation et de la titrisation, cette crise s’est propagée par des véhicules d’investissement complexes (on appelle ça des « conduits ») en dehors des bilans bancaires.
Alors les différentes personnalités ont débattu entre elles, et avec les commissaires aux finances présents, des raisons et des conséquences de la crise.
J’ai évidemment pris part à la discussion, en insistant sur le double cheminement de la crise, à savoir à travers les bilans bancaires (les banques françaises ont investi une fraction de leur portefeuille de placement en titres exposés au subprime), mais aussi leur hors-bilan. Alors mes questions ont concerné ce que nous devons redouter comme effets de cette crise :
 
. un effet de richesse, ou plutôt de « portefeuille » ? Car il y aura des pertes dans des banques ! Combien ? Quand on sait l’exposition au « subprime » au bilan de certaines banques (Natixis 289 M€ ; BNP Paribas 370 M€ ; Société Générale 800 M€ ; Crédit Agricole SA 280 M€), ce à quoi il faut ajouter le « hors-bilan », difficile d’imaginer qu’il n’y aura pas de conséquences sur les comptes des banques. Déjà Calyon reconnaît une « perte de trading » au 3è trimestre, qui pourrait diminuer de 20 % les bénéfices du groupe ; la banque suisse UBS a annoncé une perte probable de 360 à 480 millions d’euros… Les banques françaises sont, comme les autres, exposées ; combien vont-elles laisser de plumes ?
 
. un effet de « liquidité » ? Pour deux raisons. D’abord parce que les banques centrales ont injecté beaucoup de liquidités (plus de 400Mds € !). Mais quand il faudra rembourser ces prêts des banques centrales, les banques sauront-elles rembourser ? D’autant plus que si elles annoncent des pertes, leur ratios prudentiels vont se détériorer, donc leur notation, donc elles subiront une hausse de leurs conditions de refinancement, et donc auront plus de difficultés à emprunter.
 
. un effet de « frilosité » ? Devons-nous craindre que les banques, qui semblent de plus en plus réticentes à se prêter entre elles, soient plus frileuses pour prêter à l’économie, aux entreprises et aux ménages ? Et c’est bien là le cœur de toutes nos interrogations : quelle conséquence cette crise financière aura-t-elle sur la croissance économique ?
Car il est clair que si le crédit se fait plus rare, et/ou plus cher, la croissance va être freinée ! Et moins de croissance, c’est moins d’emplois, plus de déficits, plus de dette publique…
Voilà pourquoi ce débat cet après-midi est important. Surtout avant que nous abordions le vote du Budget pour 2008 !


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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 15:06
On connaît la méthode : quand les chiffres ne sont pas bons, ou n’évoluent pas comme le Gouvernement le veut, il décide de réviser l’indicateur ! Et de ce point de vue, celui de François Fillon n’a pas tardé ! Il n’est en fonction que depuis mai, et déjà en septembre la présentation des chiffres du chômage est modifiée !
Ainsi, l’INSEE a cessé depuis septembre la publication mensuelle des taux de chômage, et ne publiera plus qu’un taux trimestriel avec un mode de calcul modifié.
Il est vrai que, d'après un rapport rendu à la ministre, la baisse du chômage depuis 2005 n’aurait pas été aussi importante qu’il a été dit : elle aurait été surestimée d’environ 20 % (en raison des radiations, du système de convocations, des chômeurs en formation…). Ça, c’est pour le passé !
Et pour demain ?
Et bien, il faut savoir que la nouvelle méthode de calcul de l’INSEE va conduire à sortir
200 000 chômeurs du baromètre officiel (à cause d’une interprétation plus restrictive sur la recherche active d’emploi) !
Voilà un domaine où le Gouvernement a été réactif : c’est même de la précipitation ! Le rapport demandé à l’Inspection des Finances, et des Affaires Sociales a été remis à la ministre des finances le 25 septembre… et la décision de changement du calcul du taux de chômage mise en œuvre le 28 septembre !
Curieux, non ?
D’autant que ce nouveau calcul du taux de chômage, outre qu’il devrait être plus favorable, aura aussi et surtout pour effet d’éviter toute comparaison avec les taux précédents…
Qui ne voit l’intérêt pour le Gouvernement, surtout lorsque :
-         le nombre officiel des demandeurs d’emplois à l’ANPE est à nouveau à la hausse (août 2007 : + 0,6 % pour la catégorie 1) ;
-         la croissance économique faiblit (estimée à + 0,8 %) ;
-         les offres d’emploi se réduisent (- 4,4 %) ;
-         les statistiques sur l’emploi des salariés viennent d’être révisées à la baisse (variation au 2è trimestre : 0 %) ;
-         le Gouvernement prévoit une réduction sévère des contrats aidés dans le budget 2008 (à peine 230 000 dans le secteur non marchand), dont les suppressions et les non-renouvellements vont intervenir dès cet automne (notamment dans l’Education nationale).
 
En termes simples, le Gouvernement prend ses précautions pour éviter de trop mauvais chiffres dans les mois qui viennent… et pour cela, change le thermomètre !!! Mais cela ne change rien à la température sociale… Celle-là est malheureusement orientée à la souffrance sociale.


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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 07:48
Comme un certain nombre de mes collègues membres de la Commission des Finances, j’avais saisi le Directeur des Services Fiscaux de mon Département, pour avoir une appréciation des conséquences financières du « bouclier fiscal » dans le Nord, du nombre de contribuables concernés, et des sommes en cause. Cet été, j’avais eu une réponse du DSF du Nord renvoyant vers le ministre la fourniture de ces informations.
Cette démarche a abouti car, finalement, le ministre du Budget a transmis à Didier Migaud, Président de la Commission des Finances, un tableau récapitulant les résultats région par région. Celui-ci nous l’a remis ce matin. C’est intéressant…
Ainsi, au niveau national, la conséquence du plafonnement des impôts en fonction du revenu (mécanisme du « bouclier fiscal » à 60 %, avant la loi votée cet été !), il y a 2398 demandes présentées par des contribuables, pour un total de 121,1 millions d’euros de remboursements (soit en moyenne 50 500 € pour chacun !).
Dans le classement des régions, si l’on excepte l’Ile de France (avec le cas particulier de Paris), c’est dans le Nord – Pas-de-Calais que la masse des remboursements est la plus forte (près de 10 millions d’euros), suivi de Rhône-Alpes (8,99 millions d’euros) et de PACA (8,21 millions d’euros).
Mais c’est dans le Nord – Pas-de-Calais que les chèques vont être les plus gros ! Car ce ne sont que 111 contribuables qui vont être remboursés de 9,98 millions d’euros (soit une moyenne de 89 880 euros).
Et ces chiffres valent pour les huit premiers mois de l’année, avant le passage du « bouclier fiscal » de 60 à 50 % que la majorité Sarkozy-Fillon a fait voter en juillet !!! Avec une diminution de près de 20 % du plafonnement, il y aura plus de demandes de remboursement… et surtout des chèques plus gros encore !
Mais des gros chèques pour qui ? Pour les gros contribuables…
Et oui, dans la France de Nicolas Sarkozy, « tout devient possible »… même d’enrichir les riches plus encore.


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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 14:30
Ce n’est pas celui de Costa Gavras, non, mais celui de François Fillon, Premier ministre en titre, qui lors de son voyage en Corse vient de déclarer : « Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, d’un Etat qui est depuis 15 ans en déficit chronique… ».
Les mots ont leur importance, et leur signification. Leur symbole aussi. C’est le cas du mot « faillite ».
Comment mieux résumer que la situation financière de la France est difficile qu’en utilisant ce terme ? Certes, sur le strict plan juridique et économique, il n’est pas fondé : la France n’est pas en cessation de paiements, ses banquiers ne lui ont pas « coupé les vivres », et elle sait encore emprunter.
Mais…
Mais la réalité, c’est une croissance économique plus faible d’un point à celle de la zone euro, et bien moins forte que la croissance du commerce mondial. C’est une dette publique qui est, à fin juin 2007, de plus de 66 % du PIB. C’est un déficit public de près de 42 milliards d’euros, un déficit des comptes sociaux de 12 milliards d’euros, des hôpitaux publics au bord de l’asphyxie, un commerce extérieur déficitaire de 35 milliards d’euros, un chômage toujours élevé, et un pouvoir d’achat qui souffre…
Alors, M. le Premier Ministre, si la France est en « faillite », trois questions doivent vous être posées :
. n’est-il pas irresponsable d’avoir décidé cet été 15 milliards d’euros de dépenses supplémentaires de l’Etat (pour les fameux « cadeaux fiscaux »), alors que le « trou » budgétaire est déjà de plus de 40 milliards ? Prendre le risque d’augmenter le déficit de 30 %, est-ce bien la meilleure manière de restaurer les comptes ?
. où est le « choc de confiance » annoncé par le candidat Sarkozy, et censé être engagé par vos mesures fiscales injustes de l’été, alors même que l’INSEE ne cesse de réduire la prévision de croissance pour 2007, et que, d’après les premières rumeurs sur le Projet de Budget pour 2008, le Gouvernement n’anticipe guère qu’une croissance de 2 à 2,25 % , et une stabilité du déficit de l’Etat, et donc pas d’amélioration ?
. qui porte la responsabilité de la situation financière d’aujourd’hui ? Est-il admissible que le Président Sarkozy dise que la croissance de 2007 n’est pas la sienne, et pas même celle de 2008… Ignore-t-il qu’il fut ministre (et même de l’Economie !) des gouvernements des cinq dernières années et président de l’UMP… et que Mme Lagarde, MM. Bertrand, Woerth ont aussi été au gouvernement… avec vous, M. Fillon ?
Alors, irresponsabilité ou incompétence, duperie ou manipulation ?
Surprise et malaise en tout cas, car chacun a compris que l’utilisation du mot « faillite », laissé échapper par M. Fillon, risque bien d’en annoncer un autre : celui de « rigueur » ! Mme Lagarde, ministre de l’Economie, l’a laissé échapper, elle, cet été. Un autre aveu ?



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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 07:25
Je reviens sur le sujet que j’évoquais l'autre jour (14/09) : qu’elles semblent loin, les belles paroles du candidat Nicolas Sarkozy, prononcées il y a quelques mois seulement ! « Si je souhaite que le patron malhonnête qui pille son entreprise ait des comptes à rendre autant que le politicien corrompu et que l’adolescent qui rackette ses camarades d’école, c’est parce que l’on ne peut pas demander aux citoyens d’assumer leurs responsabilités si des délinquants petits ou grands restent impunis » (discours de Saint-Quentin, 25 janvier 2007). Le 30 août dernier, devant les chefs d’entreprise réunis à l’université d’été du Medef, le même Nicolas Sarkozy devenu président assénait : « La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme. » Les propos sont d’autant plus remarquables qu’ils proviennent de celui qui est à l’origine directe d’une douzaine de lois pénales depuis 2002, qui ont conduit à une explosion des incarcérations…visiblement, il s’agit d’épargner la délinquance en col blanc !
 
Nicolas Sarkozy n’hésite pas à dénoncer la « pénalisation à outrance » du droit des affaires et la « guerre sans merci » que les juges français livreraient aux patrons. Pourtant, la réalité est tout autre : moins de 0,50 % des condamnations des tribunaux concernent des délits économiques et financiers. C'est dire si la vie des affaires est surpénalisée ! Et le droit des affaires a déjà subi un toilettage important puisque la moitié des 140 sanctions pénales qu’il contenait a été supprimée depuis 2001 : loi sur les nouvelles régulations économiques (2001); loi de sécurité financière et sur le développement de l’initiative économique (2003) ; ordonnances de 2004 sur la simplification du droit. Enfin, ainsi que le dénonce Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la Magistrature (Le Monde du 11 septembre 2007), « le meilleur moyen de ne pas faire aboutir une affaire, c’est de jouer sur les effectifs spécialisés dans la délinquance économique et financière ; depuis 2002, ces brigades ont été dépeuplées ».
 
Notre président qui lorgne tant du côté des Américains aurait pourtant bien fait pour une fois de s’en inspirer. Alors qu’en matière de délinquance économique la France s’illustre par le nombre de non-lieux (80%), la longueur des procédures et la faiblesse des sanctions infligées à ses dirigeants dans des cas graves comme l’affaire Elf ou celle du Crédit Lyonnais, les patrons impliqués outre-Atlantique dans les scandales d’entreprises tels que Worldcom, Tyco ou Enron ont été condamnés à 24 années de prison. Aux Etats-Unis, la loi Sarbanes-Oxley adoptée en 2002 dans la foulée de l’affaire Enron , a encore durci les sanctions et rend les dirigeants pénalement responsables des comptes publiés.
 
Les propos de Nicolas Sarkozy sont en contradiction avec les engagements de la France en matière de lutte contre la corruption, auprès de l’OCDE et de l’ONU ; les deux dernières directives de la Commission Européenne, sur le blanchiment et sur les abus de marché, ont clairement préconisé le maintien d’un cumul de peines pénales et d’amendes administratives.
 
Non content de plaindre les pauvres patrons délinquants contre lesquels s’acharneraient les juges, Nicolas Sarkozy a utilisé une image plus que douteuse pour demander l’interdiction des dénonciations anonymes : “A quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ?", a-t-il demandé, à l’heure où l’OCDE et l’ONU demandent à leurs pays membres de mettre en place une législation protégeant les dénonciations anonymes. Nul doute qu’il est au moins aussi grave de dénoncer un patron dans une affaire de corruption, de délits d’initiés ou d’abus de biens sociaux, que de dénoncer son voisin sous prétexte qu’il était juif ou résistant !
 
 
 
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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 13:59
Cet après-midi, j’inaugure mes fonctions de Rapporteur spécial de la Commission des Finances, et il m’appartient, dans le cadre des fonctions que la Commission m’a confiées, d’interroger M. Benoît COEURE, Directeur général de l’Agence France Trésor.
Comme souvent, cette audition a été calée précipitamment. Pour ma part, je n’ai été prévenu que jeudi dernier : avec le week-end que j’ai eu, les dossiers et lettres que j’ai dû rédiger, pas simple de préparer cet entretien. Mais il le faut : le Président et le Rapporteur général m’ont signifié compter sur moi pour mener cette discussion, et poser les questions nécessaires.
C’est chose faite. J’y ai travaillé tard hier soir et ce matin (cf . fichier pdf en bas de l'article).
Le sujet est important même s’il n’est pas « grand public ».
En effet, la France est très endettée (66, 2 % du PIB fin 2005, bien supérieur au critère européen de 60 % !), et fin 2006, le Gouvernement de l’époque paraît avoir allégé la dette : ce n’est qu’une apparence, et il y a un peu de « manipulations » de chiffres.
Mais là n’est pas le plus sérieux. C’est qu’en cet automne 2007, des constats inquiétants sont à faire :
-         la dette est lourde, et coûte cher à la Nation (les intérêts, soit près de 40 milliards d’Euros, sont le 2è poste budgétaire de l’Etat, après l’Education, et avant la Défense !) ;
-         cette dette ne va pas diminuer dans les années qui viennent : déjà le Gouvernement dit vouloir se fixer pour objectif sa stabilisation (à 63,7 et 63,2 % du PIB en 2007 et 2008) au mieux ! Sauf que, depuis sa prévision, le déficit tarde à se réduire, les « cadeaux fiscaux » de l’été vont l’aggraver, et la croissance ne repart pas !
-         la charge de la dette (les intérêts payés) vont augmenter d’au moins 2 milliards d’euros par an dans les années qui viennent (au moins !) ;
-         elle augmentera d’autant plus si les taux d’intérêt à court terme remontent. Il faut savoir que, sur deux ans, une hausse de + 0,10 point des taux de la Banque Centrale augmente d’1 milliard d’euros la charge de la dette de l’Etat français !
-         nous payons nos emprunts de plus en plus chers. Non seulement les taux d’intérêt à long terme augmentent, mais en plus, les « conditions » de crédit que les prêteurs appliquent à la France augmentent, en raison de la dégradation de notre situation budgétaire et de notre commerce extérieur ! Aujourd’hui, la France paie plus cher ses emprunts que l’Allemagne !!!

s3.archive-host.com/membres/up/1195081252/QuestionsalAgenceFranceTresor.pdf





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