Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
  • Contact

Recherche

Articles Récents

29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 15:03

logo an

 

Le 8 juin, le Ministre du Travail a répondu a une des mes questions posée en mai dernier concernant les difficultés rencontrées par les structures d’aides et de soins à domicile intervenant auprès des personnes et des familles en situation de fragilité ou de perte d'autonomie. En effet, selon les associations du service à domicile, 60 000 personnes et 10 000 salariés d'une centaine de structures françaises sont aujourd'hui en grandes difficultés.

 

Pour lire le texte de la réponse, cliquez ici  


  • Le 22 juin, le Ministre des affaires étrangères et européennes a répondu a ma question portant sur la situation des couples franco-étrangers mariés à l'étranger dans leurs démarches de reconnaissance de leur mariage en droit français.

 

Pour lire la réponse, cliquez ici  


  • Le 29 juin, c’est la Ministre de l'économie qui répondait à ma question sur la base d'imposition de la cotisation foncière des entreprises (CFE) telle que prévue par l'actuelle réforme de la taxe professionnelle.

 

Pour lire sa réponse, cliquez ici

 

Partager cet article
Repost0
25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 07:26

Le Gouvernement présente la loi de règlement pour 2009 et le texte sera examiné dans l'hémicycle dans la nuit de lundi à mardi prochain (j'y serai). Mais s'agissant de cette loi qui règle les comptes de l'année 2009, le Gouvernement doit présenter un rapport annuel de performance (RAP) qui, à partir d'une batterie d'indicateurs définis antérieurement, permet d'apprécier si les engagements ont été respectés, et si donc la gestion des missions publiques (au titre de la LoLF, loi organique des lois de finances) a été efficace.

 

Voilà pourquoi, en tant que rapporteur spécial de la commission des finances de l'Assemblée, j'ai ainsi à présenter mes observations sur la mission Engagements financiers de l'Etat, c'est-à-dire sur l'évolution de la dette. C'est le week-end dernier que j'ai rédigé ce qui, ainsi, va être inséré dans le rapport du rapporteur général du budget sur la loi de règlement pour 2009.

 

 

Pour lire mes observations,21-commentaire RAP2009-EFE 1 cliquez ici.

 

Faut dire que l'exercice 2009 aura vraiment été fécond pour les observations ! Ce n'est plus une loi de règlement que présente le Gouvernement mais une loi de dérèglements ! Souvenons-nous ainsi que le besoin de financement de l'Etat est passé de 179 Mds € inscrits en loi de finances initiale (votée fin 2008)… à 246 Mds € réalisés, tels qu'affichés dans cette loi de règlement. Avec de surcroît une augmentation de 55 Mds € de dette à court terme de l'Etat… Heureusement que les taux d'intérêt auront été très bas, ce qui a contenu la charge de la dette. Mais la conséquence de ces chiffres, ce sont surtout une fragilité croissante de la France (aux taux d'intérêt et aux financements des prêteurs extérieurs) et une augmentation spectaculaire de la dette de l'Etat ! Atteignant 1133 Mds €, elle aura augmenté de 133 Mds € en une seule année…

 

 

 

Partager cet article
Repost0
18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 15:16

0067Z28.jpegC’est une superbe bâtisse nichée en bordure du parc de Barbieux qui, jadis, accueillait les veuves de guerre. Elle vient d’être transformée afin d’accueillir des femmes souffrant d’une maladie de la mémoire : le syndrome de Korsakoff.

 

En qualité de député de Roubaix, je suis donc présent ce matin aux côtés notamment du maire de Roubaix René Vandierendonck, du directeur général du PACT métropole Nord Christian Montaigne et du docteur Laurent Urso, chef du service addictologie au CH Roubaix, pour inaugurer cette résidence Vauban, propriété du PACT depuis 2005, réhabilitée pour plus de 800 000 euros (dont 63 % de subventions : notamment 22 % pour LMCU, autant pour l’Etat et 14 % pour le Conseil régional).

 

Nous sommes à l’articulation d’un « projet sanitaire, psychiatrique et social », comme l’explique Christian Montaigne, avec cette résidence Vauban qui accueille des femmes souffrant d’amnésie de faits récents et de perte de repères spatio-temporels, souvent associés à une conduite alcoolique, les privant de leur autonomie avec malheureusement peu d’espoir de guérison, même si des progrès peuvent être observés. Les appartements de cette résidence, qui sont tous très clairs, sont prévus pour qu’aucune étourderie ne compromette la sécurité de ses occupantes ou du bâtiment (minuteries sur plaques électriques, détecteurs de mouvements, etc.).

 

C’est donc un beau projet humain qui se concrétise ce matin par la signature d’une convention entre la Ville de Roubaix, le CH Roubaix, le PACT et l’Etablissement public de santé mentale de l’agglomération lilloise (photo). Parce que l’action publique se doit de protéger toutes celles et ceux qui sont en situation de faiblesse – notamment les femmes, notamment ces femmes qui sont ce matin au premier rang du public lors de cette inauguration – et parce que la solidarité est une force, je ressens de la fierté ce matin au nom de notre collectivité tout entière. Et je pense à ces propos du président de la commission médicale d’établissement du centre hospitalier de Roubaix, le docteur Bricoteau, en conclusion de son intervention ce midi : « Une société se juge à la manière dont elle traite les plus démunis ».

 

L’aboutissement de ce projet est rassurant : il atteste qu’on est encore capable, dans notre monde, de se mobiliser pour la solidarité.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 09:07

Ce soir, je suis aux côtés d’une jeune artiste peintre roubaisienne qui expose pour la première fois ses toiles, Yveline Lenoir-Jaskula.

 

Cette jeune femme, touchée par un cancer, s’est trouvée contrainte à l’immobilité et, dans sa lutte, a choisi d’exprimer par la peinture son ressenti, son combat, sa foi dans la vie aussi et surtout. Sans la connaître préalablement, en circulant avec elle au milieu de ses tableaux, je le lui dis : cela saute aux yeux, dans le continuum de ses peintures qu’elle a disposées chronologiquement. Aux couleurs un peu fortes, parfois sombres des premières, succèdent rapidement des couleurs plus enjouées, lumineuses, et s’affirment de plus en plus deux présences, la femme et la vie !

 

Je confirme ce que dit l’invitation qui m’avait été envoyée. Cette jeune femme « déborde d’optimisme et éclabousse son entourage de rires et de gaieté, sentiment que l’on retrouve dans ses toiles. Ses peintures parfois timides parfois époustouflantes de couleurs et de formes évoluant en tourbillons sans fin représentent des pensées, un état d’esprit, la féminité et la vie elle-même avec ses peines et ses joies ».

 

Cela a été pour moi un plaisir d’être ici ce soir quelques instants, avec ses invités.

 

N’hésitez pas à lui rendre visite, à elle et à son exposition. Vous aimerez. Rendez-vous au 74, avenue d’Alsace à Roubaix.

 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 15:49

Aujourd’hui, je suis interviewé par le journal d’EdF. Voici le contenu de cet entretien à paraître prochainement :

 

Question : Quels sont les priorités de la Ville de Wattrelos en matière de développement durable et de maîtrise de la demande d'énergie sur son patrimoine et vers le public ? Quelles sont vos attentes vis-à-vis d'EdF ?

 

Dominique Baert : « Lors de la mise en place de l’équipe municipale, le 1er Adjoint a eu pour délégation le développement économique et le développement durable : c’est en soi tout un symbole du projet d’avenir que veut porter la Municipalité et de l’intégration du développement durable dans l’action municipale. Elle vise ainsi à l’optimisation des nouvelles constructions afin de limiter les dépenses énergétiques (programme de renouvellement urbain à Beaulieu, école Michelet, Cité des Sports ; à l’avenir : renouvellement du centre-ville et du quartier des Villas sur le principe des écoquartiers dans le cadre de la charte LMCU). Nous menons aussi des actions de sensibilisation du public (intervention dans les écoles, bennes vertes, actions ponctuelles de sensibilisation : biodiversité, fauchage tardif = gestion différenciée ; acquisition d’une désherbeuse à vapeur ; véhicules électriques, utilisation de biocarburants = huile végétale usagée recyclée (en cours de test) ; formation des personnels à l’écoconduite ; participation à la fête de la Science sur les techniques au service du développement durable). Nous allons aussi travailler à la mise en place d’un agenda 21, et à l’adoption d’une charte de la construction à Wattrelos (pour habitat et entreprises). Vis à vis d’EdF, notre opérateur, nous attendons surtout une aide logistique et / ou financière pour accompagner certains de ces projets, mais pourquoi pas aussi pour développer des solutions alternatives telles que l’implantation d’une centrale de production photovoltaïque sur un ancien site industriel pollué (PCUK) avec la ville et / ou LMCU. »

 

Q. : Wattrelos et plus largement LMCU ont un habitat ancien important souvent dégradé. Quelle est votre politique en matière de rénovation urbaine de l'habitat ?

 

D.B. : « Au-delà du PRU qui concerne l’ancienne Zup de Beaulieu, nous soutenons les travaux dans notre habitat ancien, et sommes ainsi dans le périmètre porté par LMCU pour le PNRQAD. C’est là à mon avis que se situe la plus intelligente des actions de développement durable. La rénovation de l’habitat ancien dans lequel se trouvent les familles les plus en difficulté permet non seulement d’améliorer le confort de vie de ces familles (habitat mieux chauffé, moins humide, moins de maladies chroniques) ainsi que leur condition financière puisque les charges liées au chauffage sont fortement réduites. Ainsi, il faudrait favoriser la pose d’isolants dans les combles et la réfection des toitures anciennes (limitation des infiltration d’eau), la pose de doubles-fenêtres (meilleur confort sonore en outre). Malheureusement, le PNRQAD ne porte que sur un seul quartier (Crétinier). Au vu des besoins des autres quartiers, la Ville mène une réflexion sur la réorientation de ses aides (pour l’heure, l’intervention municipale se fait surtout sur les façades) dans cette direction. Tout appui externe serait évidemment le bienvenu… »

 

Q. : Le Grenelle 2 est en discussion. Quels moyens financiers en attendez-vous pour une application locale ?

 

D.B. : « Honnêtement, au vu du texte voté et des contraintes budgétaires de l’Etat, je crains de devoir répondre : pas grand chose… Pourtant, l’économie d’énergie est non seulement un enjeu pour la planète, il l’est aussi pour le pouvoir d’achat, et donc la consommation des ménages. La croissance verte est un projet d’avenir. Et elle se construira d’autant plus qu’on aidera ceux qui ont le moins (ménages, collectivités) à faire des économies, pour aujourd’hui et pour demain. Voilà pourquoi il me paraît urgent que les pouvoirs publics priorisent des moyens vers les communes les moins favorisées pour les aider à développer les approches de développement durable en venant à leur aide. Trop souvent, seules les communes riches peuvent s’engager dans de telles démarches parce qu’elles possèdent les ressources pour le faire. Wattrelos a de grands besoins en matière de renouvellement énergétique de son parc immobilier : écoles, salles de sport, équipements associatifs et culturels, services publics, éclairage public, etc. (isolation, réduction de ses consommations électriques, de gaz et d’eau par une optimisation de ses équipements,…). Mais avec des dotations d’Etat et des ressources qui baissent chaque année depuis 2007, difficile d’être ambitieux, même si on est volontaire ! »

 

Q. : Le développement durable et la lutte contre les gaz à effet de serre sont une priorité. Quel levier financier pourrait s'insérer dans cette politique ?

 

D.B. : « En tout cas, pas la fameuse taxe carbone du Gouvernement morte-née ! La politique fiscale peut certainement contribuer à lutter contre la production des gaz à effet de serre mais elle doit être équitable. Il faut continuer à lutter contre le gaspillage qui existe chez les particuliers et dans les administrations ou entreprises. Pourquoi ne pas définir une norme (basée sur une moyenne) de ce que peut être la consommation électrique, de gaz ou d’eau pour les familles, les administrations, les entreprises (selon la taille de la famille, le type d’habitat, le type et la taille de l’administration ou de l’entreprise) ? Jusqu’à ce niveau moyen de consommation à l’année, le tarif de l’énergie ou de l’eau serait plus intéressant. Au delà, le prix serait régulièrement augmenté selon des paliers qu’il faudrait définir (de plus en plus élevé à chaque palier). Bien sûr,  seule la tranche dépassant le palier serait soumise au tarif supérieur ! Je pense que cela constituerait un bon moyen de faire prendre conscience qu’il est nécessaire d’économiser l’énergie, sans que les plus modestes ou ceux qui en consomment le moins en soient privés (ou rationnés) de ce bien fondamental. Lutter contre l’effet de serre, c’est d’abord combattre les gaspillages, ce n’est pas rationner l’accès à l’énergie du plus grand nombre. »

 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 09:14

Le Gouvernement rend publiques ses propositions sur les retraites ! Elles sont critiquables !

 

Ø      Sur la méthode d'abord : pas de vraies négociations… et en plein été !

 

Le Gouvernement dit avoir beaucoup consulté. Peut-être ! Mais c'est tout ! En fait, il a reçu séparément chacun des acteurs concernés (syndicats, partis politiques, etc.). Mais de fait, il a refusé de dialoguer dans une même réunion avec l'ensemble des partenaires sociaux, du moins les syndicats qui n'ont cessé de le lui demander. Il a refusé de prendre en compte les propositions du Parti socialiste en faveur d'une réforme plus juste, pérenne et préservant pleinement notre système de retraite par répartition tout en permettant à chacun de choisir, s'il le peut, le moment de son entrée en retraite (voir mon article du 20 mai).

 

Par ailleurs, lors de l'examen du projet de réforme au Parlement, le Gouvernement a d'ores et déjà annoncé qu'il refuse catégoriquement la publicité des travaux en commission. Et cela alors que depuis la réforme constitutionnelle de 2008, les travaux en commission sont fondamentaux et sont devenus bien plus décisifs pour écrire les lois que les travaux dans l'hémicycle (puisque maintenant, c'est le texte adopté en commission qui vient en débat dans l'hémicycle). Ajoutons que l'examen du projet de réforme commencera au Parlement en plein été (d'ailleurs, je l'examinerai en commission des finances les 19 et 20 juillet prochains !) et se poursuivra au moment de la rentrée scolaire : inutile donc de préciser qu'il s'agit de moments bien choisis par le Gouvernement, de moments où nombre de Français seront en vacances !

 

Ø      Sur le fond ensuite : un projet injuste

 

  • Le projet de l'actuelle Majorité est injuste car il fait reposer l'effort encore sur les mêmes, ceux qui déjà aujourd'hui connaissent des situations difficiles ou de fragilité :

 

-         les salariés car l'âge légal de départ à la retraite passe de 60 ans à 62 ans ; au total 90 % de la réforme sera supportée par eux seuls (recul de l’âge légal ; relèvement des cotisations des fonctionnaires). Malgré les grandes annonces gouvernementales de vouloir faire « payer les riches », les prélèvements sur les revenus du capital et les hauts revenus sont dérisoires. Pire, les stock options et les retraites chapeaux continueront d'être protégées par le bouclier fiscal !

 

-         les salariés qui ont commencé à travailler jeunes car le dispositif de départ anticipé pour les carrières longues est impacté par le report à 62 ans de l'âge légal.

 

-         les femmes ou les travailleurs précaires qui ont des carrières incomplètes, les jeunes qui entrent de plus en plus tard dans la vie professionnelle : avec le report de l'âge de l'annulation de la décote, tous devront probablement attendre 67 ans pour percevoir une retraite à taux plein !

     

  • A cela s'ajoute que le Gouvernement n'a pas respecté ses promesses pour la prise en compte de la pénibilité et pour favoriser l'emploi des seniors :

 

-         la prise en compte de la pénibilité est pourtant un engagement que François Fillon a pris en 2003. Le dispositif aujourd'hui proposé n'a même pas fait l'objet de négociations avec les organisations syndicales, et est plus que contestable : une visite médicale devra prouver que le salarié qui souhaite bénéficier de la pénibilité (et ainsi être en retraite à 60 ans) est atteint d’une incapacité physique diminuant sa capacité de travail de 20 % « ayant donné lieu à l’attribution d’une rente pour maladie professionnelle ou pour accident du travail ». L’espérance de vie par métier n’est même pas évoquée !

 

-         quant à l'emploi des seniors, la seule proposition gouvernementale devant permettre de favoriser leur emploi (le taux d'emploi des seniors en France étant aujourd'hui le plus bas d'Europe !) se résume à un CDD seniors, dispositif d’aide à l’embauche pendant un an destiné aux employeurs qui feront signer un contrat de travail de plus de six mois à un salarié âgé de plus de 55 ans. Dispositif qui  risque d'être peu efficace ! Car sans de vraies mesures favorisant l'emploi des seniors, le recul de l'âge de la retraite, au final, fera que bon nombre de salariés qui auraient pu partir en retraite deviendront chômeurs !

 

La réforme gouvernementale des retraites est donc un projet injuste et de renoncement à des engagements de première importance (pénibilité, emploi des seniors). C'est aussi un projet de très court terme puisqu'il ne vaut que jusqu'en 2018.

 

C'est enfin un projet qui met doublement en péril les générations futures ! D'abord parce qu'il ponctionne (notamment pour financer le régime général !), les sommes qui avaient été provisionnées pour assurer leurs pensions (grâce à la création du fonds de réserve des retraites par le gouvernement Jospin que la Droite n'alimente plus depuis 2002 !).

 

C'est pour toutes ces raisons que le projet gouvernemental n'est pas acceptable en l'état, ni même dans sa philosophie. Il faut le combattre car si nul ne nie que la question des retraites est d'importance, et complexe, la réponse gouvernementale n'est certes pas la meilleure.

 

Pour consulter la comparaison des propositions gouvernementales et socialistes, Comparatif retraitescliquez ici.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 14:24

electricite-pilone.jpgLe texte paraît anodin mais derrière un titre sibyllin et un contenu que le Gouvernement présente volontiers comme exclusivement technique, c’est sans doute un des projets de loi les plus importants depuis longtemps en matière d’énergie et de ceux qui, incontestablement, dessineront l’avenir énergétique de la France ! 

 

Cet après-midi, en effet, après plusieurs jours de débat, le Gouvernement soumet au vote de l’Assemblée, le projet de loi Nomé (nouvelle organisation du marché de l’électricité) dont l’objectif est d’ouvrir davantage les marchés de l’électricité à la concurrence et dont la raison d’être est de contraindre EdF à vendre à ses concurrents, à un tarif avantageux (mais la discussion avec les dirigeants d’EdF a été vive et c’est bien normal !), une part de l’énergie qu’elle produit.

 

C’est dire si ce texte n’est vraiment pas mineur. Pourquoi ? Pour trois raisons :

 

Ø D’abord parce qu’il vise à faciliter l’entrée de nouveaux concurrents sur le marché de l’électricité, pour battre en brèche le monopole d’EdF : c’est donc une posture purement idéologique, avec un présupposé idéologique – qui ne s’est pas toujours économiquement vérifié – selon lequel, avec plus de fournisseurs concurrents, le consommateur ne pourra que bénéficier de baisses de prix !

  

Ø Ensuite parce qu’il met à mal précisément l’avantage concurrentiel d’EdF et de l’économie France toute entière, à savoir le bas prix d’électricité qui résulte de l’importante production d’origine nucléaire en France, fruit des investissements d’EdF. Et là, on marche sur la tête : on contraint l’opérateur historique – alors même que parfois le pays manque déjà d’électricité ! – à vendre de sa production à ses concurrents… alors que lui-même doit dégager les retours sur investissement qui lui permettraient d’avoir les moyens financiers, justement, d’assurer le renouvellement de son parc de centrales, ou d’autres investissements en énergies renouvelables. Mais si on appauvrit EdF, si ces investissements ne se font pas, n’est-on pas en train de tuer la poule aux œufs d’or, celle en vertu de laquelle l’énergie, en France, est plutôt bon marché (ce qui est un facteur de compétitivité) ?

  

Ø Enfin, ce texte n’est rien d’autre qu’une décision autoritaire de prélever une partie de la valeur ajoutée de l’opérateur public, pour la transférer à des entreprises privées (qui se comportent ainsi comme des coucous, n’ont pas fait les lourds investissements de production, mais veulent tirer parti des profits que ceux-ci ont pu générer !) puisque, avec ce texte, EdF devra concéder aux fournisseurs d’électricité 25 % de sa production d’origine nucléaire ! Un journal l’a écrit, cette loi Nomé assure « le partage du gâteau nucléaire » : c’est exactement cela, au détriment de notre économie et des consommateurs ! EdF devra en effet fournir un maximum de 1 000 milliards de WH par an à ses concurrents (GdF Suez, Poweo, Direct Energie).

  

De fait, la conséquence plus que vraisemblable de ce texte – elle est à mes yeux certaine – c’est que le prix de l’électricité va s’envoler dans les années qui viennent.

  

Ainsi, la commission de régulation de l’énergie annonce que la réforme va provoquer une envolée des tarifs de l’électricité de plus de 11,4 % dès 2011 pour les particuliers (et de 3,5 % par an entre 2011 et 2025 !) et de près de 15 % pour les entreprises. Ces augmentations viendraient s’ajouter à celles du prix du gaz : + 9,7 % au 1er avril 2010 et + 5 % au 1er juillet 2010, asphyxiant totalement les consommateurs et les entreprises.

  

Comme pour le gaz, cette inflation tarifaire de l’électricité est le résultat des options libérales du Gouvernement. Les tarifs réglementés ne dépendront plus d’une décision politique qui tient compte de la situation économique et sociale du pays mais de la commission de régulation de l’énergie. D’autre part, dans tous les pays européens qui ont déréglementé leur marché de l’énergie, les consommateurs ont vu les prix s’envoler, la compétitivité des entreprises s’est fortement dégradée, la désindustrialisation accélérée. Cette déréglementation va aussi accroître les inégalités sociales. En refusant de reconnaître que l’énergie est un bien de consommation pas comme les autres, ce projet de loi fragilise davantage les 3,5 millions de Français en état de précarité énergétique.

  

Avec mes collègues socialistes, je crois, moi, que l’électricité est un bien public et qu’elle doit le rester. Elle est même un bien de première nécessité qui doit être préservée du profit privé. On me dira que j’ai, en la matière, une posture idéologique ? Oui, je l’assume. Car dans la répartition des richesses d’un pays, l’accès à l’énergie pour tous est une condition première de vie, et pour certains même de survie.

  

Alors c’est sans réserve que, cet après-midi, j’ai voté contre ce texte de démantèlement.

 

 

Partager cet article
Repost0
9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 13:57

On connaît le mandat de la commission Attali, mise en place il y a deux ans autour de son président Jacques Attali. Elle alors émis un rapport avec 316 propositions « pour libérer la croissance ». Aujourd’hui cette commission d’experts a été remise au travail, dans un contexte tout autre, celui de la crise, celui de la préparation des conditions pour sortir de la crise.

 

Pour cette nouvelle phase de réflexions, et contrairement aux travaux menés il y a deux ans, cette fois-ci Jacques Attali a proposé que les parlementaires puissent être associés aux travaux. C’est ainsi que, sur proposition du président de la commission des finances, l’Assemblée nationale a désigné parmi ses représentants deux députés SRC : Aurélie Filipetti et moi-même.

 

Le calendrier de travail est particulièrement contraint, les propositions finales devant être remises en juillet. Quant aux objectifs assignés, ils sont doubles : réduire l’endettement public et améliorer l’emploi.

 

Ce travail en commun en association avec le Parlement fait suite à l’audition récente de Jacques Attali par la Commission des finances (cf. article du 19 mai).

 

Reste à savoir comment exactement Jacques Attali envisage dans les faits la participation effective et le lien concret avec les parlementaires. Reste à savoir, au-delà des deux réunions de travail à ce jour communiquées – tardivement – de ces jours-ci, ce que sera le programme réel de réflexions.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 10:03

Le 11 mai dernier, j’interpellais par écrit la secrétaire d'État chargée des aînés sur les difficultés actuelles des structures d'aides et de soins à domicile intervenant auprès des personnes et des familles en situation de fragilité ou de perte d'autonomie.

 

En effet, selon les associations du service à domicile, 60 000 personnes et 10 000 salariés d'une centaine de structures françaises sont aujourd'hui en grandes difficultés. 400 autres structures seraient également menacées. Si la qualité du service rendu aux familles ou personnes en situation de fragilité ou de perte d'autonomie exige logiquement une professionnalisation des personnels en matière de qualification sanitaire et médico-sociale, cette dernière n'est pas valorisée par une tarification pour le moins peu adaptée.

 

Pour lire la suite de ma question et la réponse ministérielle, cliquer ici.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 16:43

yasmine6.jpg

Ce matin, c’est l’aboutissement de tout le travail que j’ai conduit avec l’école Jules-Ferry de Roubaix. Se tient en effet, toute la journée, le 16e Parlement des Enfants, et ma députée junior, Yasmine (cf. articles du 1er avril et 28 mai 2010) vient siéger à l’Assemblée nationale. Et elle n’en est pas peu fière.

 

J’imagine son émotion, celle de sa maman qui l’accompagne tôt ce samedi à la gare de Lille-Europe en arrivant sur le quai du TGV. Elles ne sont pas seules d’ailleurs puisque son institutrice Anne-Lyse Descamps les accompagne, privilège rare, car elle est l’enseignante de LA classe qui a rédigé la proposition de loi sélectionnée pour l’ensemble de l’académie !

 yasmine3.jpg

Je suis moi aussi très tôt à l’Assemblée car je considère comme un devoir d’être là pour recevoir Yasmine et sa maman. Je les accueille dès la porte d’entrée et les guide pour les quelques formalités administratives et vestiaire.

 yasmine5.jpg

Quelques photos souvenir très vite ensuite dans la cour, entrée par l’escalier des ministres, et j’emmène mon petit monde dans l’hémicycle où Yasmine peut s’asseoir à ma place, s’installer à la place du Premier Ministre (avec sa maman et son institutrice), s’essayer à prendre la parole (elle a vraiment tout d’une grande !), avant – privilège des privilèges – de grimper à la tribune… pour faire comme si elle s’exprimait devant l’hémicycle tout entier.

 yasmine4.jpg

Elle est souriante, et sa maman très fière, je le sens bien. Alors, quand les huissiers à « beaux habits » se proposent de poser avec eux, elle n’hésite pas longtemps !

 

Malheureusement, il faut aller travailler ! J’emmène donc Yasmine (avec son institutrice) à la salle de la commission des affaires culturelles où se réunissent les enfants des académies de Lille et de Lyon. Ils vont discuter des trois propositions de loi qui ont été retenues pour la France entière, à savoir :

 

> Ppl visant à installer de nouvelles règles de sécurité dans les villes et les villages situés près de l’eau pour prévenir et préparer les citoyens aux risques de submersion – école d’Angoulême (Poitiers) ;

 

> Ppl visant à permettre la participation d'élèves représentants de leur classe au conseil d’école de leur établissement scolaire pour exprimer leurs idées et questions concernant leur vie à l’école – école de Bourgogne (Reims) ;

 

> Ppl visant à mieux garantir le droit à l’éducation et à la santé, à responsabiliser les pouvoirs publics et les industries de jeux vidéo dans l’éducation à la santé et la protection des enfants et des adolescents contre la cyberaddiction - école de Petite Ile (Réunion).

 

éAu terme de la journée, au vote final dans l’hémicycle, la Ppl n° 1 obtiendra 352 voix, 155 voix à  la Ppl n° 3, et 70 voix pour la n° 2.û

  yasmine1.jpg

Dans ce type de réunions en commission, les députés junior n’ont rien à envier aux plus grands : ils interviennent méthodiquement et souvent avec pertinence. Yasmine, ainsi, y aura pris la parole. Tout à l’heure, après le déjeuner, elle siégera dans l’hémicycle, en présence du pPrésident de l’Assemblée et du ministre de l’Education nationale. Elle y représentera sa classe, son école, son quartier et Roubaix ! Elle est, pour nous tous, adultes, une partie de notre avenir collectif… Qu’elle vive ainsi la République, cela aura été pour elle – comme pour ses copains – un grand moment citoyen et personnel. Pour ma part, j’aurai tout fait pour qu’il en soit ainsi…

 

 

 

Partager cet article
Repost0