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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 17:14
Premier atelier auquel je participe. Difficile de le synthétiser, bien sûr. Une note d’ambiance, toutefois : force est de constater que depuis l’arrivée du gouvernement FILLON, en territoire, il n’y a pas encore eu d’expression ni de directives sur la politique culturelle de l’Etat. On ne sait rien : les DRAC n’ont pas encore eu de ligne politique (d’ailleurs, dans le Nord - Pas-de-Calais, cela fait plusieurs mois maintenant que le poste est vacant, depuis le retour sur Paris en mai de son détenteur, après son bref passage dans notre région : c’est fâcheux, quand on voit l’ampleur des dossiers culturels régionaux !), et la nouvelle ministre de la Culture ne s’est pas exprimée.
 
            Un contexte aussi à préciser : il est financier ! Les ressources des collectivités locales évoluent défavorablement, et le risque existe que celles-ci se recentrent progressivement sur leurs compétences légales fondamentales, sacrifiant la culture.
 
            Ce sont là deux réalités contemporaines, et qui sont le cadre de réflexion des élus municipaux, départementaux, régionaux à la veille d’une année où les enjeux locaux domineront.
 
            C’est vrai que dans le débat présidentiel, la culture a été en retrait. Sans doute parce que, pour la Droite, dominante, la culture est réglée par les éditions populaires (populistes ?) des grands médias. Pour les élections locales, il ne faut pas passer outre cette question. Elle se décline dans tous les grands aspects de la vie municipale :
 
·         dans les écoles d’abord, bien sûr, où l’équipement en matière culturelle est une question fondamentale ;
·         en urbanisme ;
·         dans les relations sociales où beaucoup ne peut passer que par la culture (comment lutter contre le communautarisme ? Que répondre à la résurgence du fait religieux ?)
 
Cela ne veut pas dire qu’on puisse oublier le contexte d’argent rare. Il est
nécessaire d’avoir des politiques d’évaluation, lesquelles devront se compléter d’observatoires sociaux ; car culture et social sont liés.
 
            Un autre point-clé est la multitude des intervenants sur les dossiers culturels ! Comment penser sa politique culturelle dans le cadre territorial sans avoir cela à l’esprit ? Il va falloir que des acteurs s’affirment, et d’un avis général dans l’atelier, la communauté de communes (ici, la Communauté urbaine) est un échelon intéressant qui ne pourra qu’être développé.
 
            La certitude, c’est que l’Etat ne mettra pas de moyens supplémentaires dans les années qui viennent sur la culture.
 
            Alors il faudra être imaginatif par : des relations avec les pays frontaliers ; l’apport du mécénat ; la mise en place d’établissements de coopération culturelle (pour mettre en commun les possibilités, plutôt que de voir se développer des féodalités).



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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 14:24
C’est fou : quand j’écoute les chroniques radio, quand je lis les manchettes des journaux ou quand on regarde les quelques secondes que la télévision y consacre dans ses journaux télévisés, le Parti Socialiste serait en plein marasme, ses éléphants ne sont pas à La Rochelle et donc rien ne pourra s’y passer, et d’aucuns même de se dire : La Rochelle, à quoi ça sert ?
Je m’inscris en faux face à tout cela. J’y vais moi en élu, en militant : 3 jours pour y travailler, discuter, débattre. On est nombreux comme cela, plusieurs centaines pour les journées des élus, plusieurs milliers pour les journées militantes. Et franchement, il y a du monde, et on y bosse ! Rien à voir avec tout ce qui se dit ou s’écrit ça et là !
Moi, j’y rencontre d’autres maires, d’autres députés, des élus municipaux ou intercommunaux. Les débats sont de bonne tenue, et les confrontations d’idées intéressantes et toujours utiles. Je participe à 3 ateliers : les finances (cela ne surprendra personne…), la jeunesse, et la culture. Bien sûr, les interventions sont variables quant à ce qu’elles nous enseignent, mais les salles des ateliers sont pleines et conviviales. On discute sur le fond, on change nos villes, on change la vie de nos habitants. Et franchement, c’est ce que devraient voir les caméras et dire à l’extérieur ! Car, pendant ces 3 à 4 heures de discussions, les noms des dirigeants du parti, d’hier ou de demain, ne sont jamais évoqués, les ambitions n’ont rien à y faire.
Le Parti Socialiste, c’est d’abord ça, des élus et des militants qui y croient, et consacrent de leur temps, de leurs vacances ou de leur vie de famille pour venir ici, dire et redire qu’ils veulent faire avancer les idées, faire bouger les choses.
La rénovation ? C’est là qu’elle y trouvera sa vraie force.



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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 15:16
Avignon-2007-pour-le-web.jpgRégulièrement, on me pose la question de savoir ce que je fais de mes week-ends. La réponse est simple : je bosse. Mes loisirs sont simples à lister : 1 ou 2 cinémas, et 1 à 3 pièces de théâtre par an. Une exception toutefois : un séminaire de banquiers, de responsables d’entreprises, de hauts fonctionnaires et d’hommes politiques une fois par an à Avignon en juillet, et qui se déroule au Palais des Papes même (photo ci-contre). Au programme : dans la journée, on discute, on réfléchit, et le soir, quelques spectacles. C’est un moment privilégié pour moi dans le rythme de l’année.
Cette année, l’ordre du jour est philosophique : "Vivre ensemble à l’heure de la post-modernité", avec pour invité Michel MAFFESOLI qui vient de publier "Le réenchantement du monde".
Pour ce philosophe, la crise actuelle n’est pas qu’économique, culturelle ou politique. Chaque époque se caractérise par des "épistémê", c’est-à-dire un ensemble de "mots" qui l’identifient et la symbolisent. Et pour lui, les phases de crises ou de mutations sont des périodes où s’élabore une nouvelle "épistémê".

1°) Quelle est notre épistémê "moderne" ?
Pour M. MAFFESOLI, elle repose sur 4 mots-clés :
 
- le "travail", qui est une valeur moderne. Au début du 19ème siècle, le travail est devenu "un impératif catégorique" (Kant) : "C’est ce par quoi il y a réalisation de soi" ;
- le "rationalisme", dans le prolongement de Max Weber qui parle de "rationalisation généralisée de l’existence", et "d’araisonnement du monde" ;
- "l’utilitarisme", car "ne vaut que ce qui sert à quelque chose". La grande idée moderne, c’est
"l’homme maître et possesseur de la nature". Le schéma moderne, c’est un social maîtrisable et une nature soumise…
- la "temporalité" du groupe : ce qui caractérise la tradition moderne, c’est le futur. L’important, c’est demain ! La concrétisation la plus symbolique de cela, ce furent les expositions universelles du 19ème siècle, où la société se donne à voir à elle-même (cf. en 1867 la phrase phare de l’exposition : "Rien n’arrête l’idée dont le temps est venu : le progrès").
Voilà ce que fut le vivre ensemble dit "moderne" : un individu autonome, qui se réalise par le travail, avec le futur pour objectif.

2°) Il y a aujourd’hui une "saturation". N’y a-t-il pas une épistémê post-moderne en gestation ?
Cette "saturation" des concepts est certes une "décadence", mais aussi une "émergence". Il y a éclatement des unités :
-                     la République une et indivisible paraît éclater en une mosaïque d’intérêts divers ;
-                     les "grandes institutions" (familles, syndicats, …) connaissent une fragmentation. Il y a retour de la communauté. Le mot même de "communautarisme" apparaît, un mot "dangereux".
-                     les grands systèmes qui avaient constitué la modernité, avec la fin des grands récits de référence (marxisme, freudisme…).

3°) Quelles en sont les conséquences ?
Des mots sont en train de se substituer aux précédents, et caractériseront la "post-modernité".
Ce qui prendra de plus en plus d’importance, ce n’est plus le travail, mais ce sera l’idée de "création" ("faire de sa vie une œuvre d’art"). Elle va caractériser la post-modernité.
Le "rationalisme", c’est l’accent mis sur le cerveau. Aujourd’hui, c’est le corps dans son entier qui devient important. Il y a un "retour du corps" (on le voit dans la mode, les besoins de fitness, de bien-être…). La métaphore du "corps social" n’en est plus une, elle peut devenir une réalité.
Il y a une "esthétisation" de l’existence. C’est le retour des émotions communes. Notre vie sociale se fait sur la ponctuation de nos émotions (sportives, culturelles…).
La temporalité, aujourd’hui, c’est le présent ! Le "carpe diem" s’impose : le "projet" n’est plus à l’esprit.
M. MAFFESOLI résume cette mutation des mots et des références, comme étant "une revanche des valeurs du Sud sur les valeurs du Nord". Et il tire la conclusion « qu’il faut avoir la capacité d’accompagner ce qui est inéluctable », rappelant que "chaque société rêve de la suivante ; sachons accompagner le mouvement, pour qu’il ne devienne pas un cauchemar".

Tout cela, c’est vrai, incite à la réflexion. C’est l’intérêt de ce type de débat. J’y observe des constats pertinents sur les évolutions en cours de notre société. Mais personnellement, je n’en tire pas les mêmes conclusions que notre ami philosophe : il ne faut pas renoncer à contenir des évolutions, voire à les combattre quand elles ne sont pas un "progrès", quand elles nourrissent des forces centrifuges dans la société, quand elles risquent de contribuer à son éclatement. Non, il ne faut pas renoncer au volontarisme ! C’est cela la nécessité, et le champ du "politique"…
 
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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 16:20
Afin de respecter la loi s'appliquant aux médias en matière de campagne électorale, je ne publierai plus avant lundi. Bien entendu, la possibilité de laisser un commentaire est également bloquée.
Merci de votre patience, et à lundi !


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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 13:10
segolille.jpgQuelle actualité en cette fin de campagne !
Après le meeting du PS à Lille hier soir (photo ci-contre) dont je vous causais dans l’article précédent, j’organise ce soir un moment convivial autour d’un barbecue à 19h à Roubaix, à l’école Buffon (dans la rue du même nom, au bout de la rue de la Vigne).
Une soirée gratuite que j’ai voulu joyeuse et musicale en invitant les groupes Carré d’As, Mehdi l’Expert, Effectif Dameurs, Damas et Céline.

Si le cœur vous en dit, vous êtes évidemment les bienvenus !

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2 juin 2007 6 02 /06 /juin /2007 08:59
Img4313.jpgC’est toujours un moment privilégié que de pouvoir écouter Dominique Strauss-Kahn.
Cela fait plus de vingt ans que je travaille avec lui, je l’ai bien sûr côtoyé à l’Assemblée nationale de 1997 à 2002, et je dois dire que j’éprouve toujours le même intérêt à l’entendre discuter de deux sujets qui nous passionnent tous les deux : l’économie (et donc l’emploi !) et les finances publiques.
C’est sur le premier thème qu’il s’est exprimé hier à Wattrelos, répondant favorablement et très amicalement à mon invitation et à celle de Francine, devant un public venu nombreux salle Amédée-Prouvost – des militants, mais pas seulement – malgré l’horaire (17h30) pas facile pour se libérer mais qui nous était imposé par un autre déplacement de DSK (cette campagne législative étant courte, DSK n’a pu satisfaire à toutes les sollicitations, mais il a tenu particulièrement à être présent à Wattrelos).
Après mon introduction (à lire dans A consulter > 9 idées pour l'emploi, ou à écouter en cliquant sur la vidéo en bas de page), Dominique Strauss-Kahn a expliqué que, malgré l’élection récente de Nicolas Sarkozy, l’heure n’est pas au défaitisme ni au fatalisme mais bien au rassemblement et à la reconquête. En effet, il faut, au soir du 17 juin, le plus grand nombre de députés socialistes au Palais Bourbon pour contrer « la succession de CPE » qui nous attend !
DSK l’a dit : cette gauche qui porte pour valeurs l’humanisme, la justice sociale, le progrès ou encore l’éducation doit pouvoir se faire entendre.
« Penchons-nous un peu plus sur les réformes phares du programme du président Sarkozy, a notamment déclaré DSK. Prenons celle de la réforme du droit des successions (comme s’il n’y avait rien de plus important à faire en France aujourd’hui). Chaque année en France, les deux tiers des donations et successions sont déjà exonérées ! Alors vers qui se destine la réforme ? A quelle partie de la population s’adresse-t-il en voulant réformer ce droit ? Evidemment vers les plus riches et les plus importantes successions, ceux qui ont déjà beaucoup !
Ce transfert de « richesses » vers les plus aisés se fera malheureusement au détriment des catégories les plus modestes. Que ce soit en instaurant des franchises pour remédier au déficit de l’Assurance Maladie, en défiscalisant les heures supplémentaires, autre réforme mensongère et dangereuse de M. Sarkozy, ou encore en déduisant les intérêts d’emprunt pour l’achat d’un bien immobilier. Car en autorisant cette déduction d’impôt pour les achats actuels, ce sont à nouveau les plus aisés que l’on aide. Ce n’est pas un coup de pouce donné aux plus modestes : que l’on ne s’y trompe pas !
Revenons enfin sur l’exemple surmédiatisé des heures supplémentaires qui seraient accordées aux salariés pour "gagner plus s’ils travaillent plus".
Dans la réalité, c’est l’employeur qui décide toujours s’il faut travailler plus, pas l’employé ! Si la conjoncture le permet, si l’entreprise obtient de nouveaux contrats, il est certes plus pratique de faire travailler plus un salarié, mais cela ne répond pas au problème du chômage ! Car rémunérer l’activité supplémentaire en heures supplémentaires, qui plus est défiscalisées, ne créera aucun nouvel emploi. Et n’en déplaise à M. Sarkozy ce seront des milliers de personnes qui seront laissées sur le bord de la route !
Alors parmi ces circonscriptions où le résultat reste indécis, choisissons un élu parfaitement au fait des problèmes de ses concitoyens, un élu présent chaque jour sur le terrain, qui connaît le combat quotidien de chacun pour l’emploi, la santé ou l’éducation et qui engagera toute sa volonté et son énergie ! » 
 

Baertdskemploi
Vidéo envoyée par dBaert
Je vous propose également un extrait du discours de DSK qui débute son propos en m'apportant son soutien :
 

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Vidéo envoyée par dBaert
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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 08:49

C'est un ami de longue date qui nous fait l'honneur de venir animer, en compagnie de Francine et de moi-même, une deuxième réunion publique à une semaine du premier tour des élections législatives, sur l'un des thèmes que j'ai classé parmi mes priorités absolues : l'économie et l'emploi. Il s'agira du seul déplacement de Dominique Strauss-Kahn dans le Nord.
dsk.jpg
Bien entendu, tout le monde est invité à participer à ce grand rendez-vous !

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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 14:57

leguen.jpgHier, Francine LANGEVIN et moi proposions à toutes les personnes intéressées une réunion publique, salle Jacques-Brel à Croix, sur les questions de santé qui se posent dans notre société. Nous avions convié, pour enrichir le débat, un spécialiste de ces questions : Jean-Marie LE GUEN, Député socialiste de Paris, Médecin, Membre du Haut Conseil de l’Assurance Maladie, et je dois dire que cette réunion nous a franchement ravi : la salle était pleine, et les échanges furent nombreux et très intéressants.
Beaucoup de participants m'ont confié qu'ils avaient trouvé le moment tout à fait instructif et passionnant.
Je suis d'autant plus content de cette affluence et de cet intérêt que Francine et moi avons la conviction que le devenir de la santé, de la protection sociale, les questions que pose le vieillissement de la population - qui font partie des grands problèmes, parmi les plus fondamentaux qui soient - sont trop sous-estimés, beaucoup trop. On en parle peu, bien trop peu.
Car enfin, du point de vue politique, dans une grande puissance économique comme la France, qui est la 4ème ou la 5ème puissance mondiale, et en ce début du XXIème siècle, n’est-ce pas une priorité essentielle, absolue de permettre à chacun de pouvoir accéder aux soins, au droit à se soigner ? Est-il acceptable qu’en 2007, 13 % de la population renonce déjà à se soigner pour des raisons financières ?
Et du point de vue financier, est-il envisageable de continuer de ne pas voir que la protection sociale a un coût, dont nul ne peut assurément dire qu’il est correctement réparti, que ce soit du point de vue de l’efficacité économique autant que du point de vue de la solidarité intra comme inter-générationnelle ?
Et surtout, a-t-on aussi bien conscience que dans notre société, on vit de plus en plus vieux (et c’est tant mieux) mais qu’en France, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans va augmenter de 60 % d’ici à 2030 ? Sait-on aussi que la société n’a pas encore vraiment compris, ni préparé ce que seront les conséquences de ce vieillissement, que ce soit dans l’offre de soins ou dans l’adaptation des structures d’accueil, ou plus simplement dans l’adaptation des conditions de la vie quotidienne ?
Trois questions que je pose, que vous vous posez, et qui sont au cœur d’un projet qui veut préparer l’avenir.
J’ai voulu cadrer le débat en évoquant, en quelques clichés, la situation. Les Français ont le sentiment que la santé va mal, qu’est-ce que cela signifie ? 3 choses surtout : 

1er élément : un état des indicateurs de santé particulièrement médiocre dans le Nord. De grandes enquêtes ont été publiées ces derniers mois qui soulignent le mauvais état de santé « moyen » des Nordistes. Taux de mortalité supérieur à la moyenne nationale, espérance de vie plus courte ici qu’ailleurs, risques de certains cancers plus tôt et surtout plus nombreux qu’ailleurs (cancer du sein : + 32 %, cancer du poumon : + 22 %, voies digestives : + 81 %), exposition à des risques industriels (je pense à l’amiante en particulier) plus grande ici qu’ailleurs, et avec un taux de suicides supérieur de + 25 % par rapport à la moyenne nationale.
Et la conclusion de ces enquêtes est brutale : ici on est en moins bonne santé, mais aussi on a plutôt tendance à se soigner moins et moins bien. Peut-on s’en satisfaire, faut-il s’y résigner ? Non, bien sûr. Pour ma part, moi, je m’y refuse.
 
2ème élément : la situation des comptes sociaux. Certes l’équilibre de la Sécurité Sociale a toujours été délicat dans ce pays. Compte tenu des déficits considérables à l’époque, en 1995, Alain JUPPE avait même créé la CADES pour prendre en charge la dette cumulée et la reporter, au prix d’emprunts, sur les générations suivantes. De 1997 à 2002, notamment sous l’effet de la croissance économique, les comptes se sont rétablis : en 2002, je ne l’oublie pas, la Sécurité Sociale était globalement équilibrée. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : le déficit prévisionnel du régime général est de – 8 milliards d'€ en 2007.
Et au sein de la Sécurité Sociale, l’assurance maladie est particulièrement touchée : le déficit est de 4 milliards d'€.
Rappelons que les dépenses d’assurance-maladie, ce sont 144,8 milliards d'€, dont 65,8 M€ pour les établissements de santé.
Alors pour rétablir les comptes, on annonce – encore ces jours-ci – des mesures de redressement… pour après les élections législatives ! Mais la question qui se pose est claire : qui va payer ? On parle de « franchise », c’est-à-dire moins de remboursements de soins : pour qui, comment, combien ? Cela devrait être au cœur des élections législatives.
 
3ème élément : la grave situation financière de l’hôpital public
Des moyens financiers importants avaient été dégagés entre 1997 et 2002 par le Gouvernement de Lionel JOSPIN avec la mise en place d’une politique de péréquation pour le financement des hôpitaux du Nord-Pas-de-Calais. Cette politique a été abandonnée dès 2002, et par suite d’autres réformes intervenues surtout en 2004, les comptes de nos hôpitaux ont été gravement touchés.
 
Aujourd’hui, en France, deux tiers des hôpitaux publics sont en déficit. Les trois quarts des Centres Hospitaliers Universitaires le sont, et leur déficit cumulé est de 240 M €.
Ici, les chiffres sont inquiétants, voire dramatiques. En 2006, 950.000 € de déficit pour l’hôpital de Wattrelos, 2,4 M € pour celui de Roubaix, 5,0 M € pour celui de Tourcoing, et malheureusement, je peux continuer la liste : 3,0 M € pour Armentières, 5,2 pour Arras, 3,7 pour Béthune, 13,7 M € pour Lens, 10,4 pour Lille, 1,6 M € pour Seclin, et 6,1 M € pour Valenciennes. Au total, à fin 2006, la différence entre les recettes et les dépenses de nos hôpitaux publics est de 53,6 M € pour toute la région Nord-Pas-de-Calais.
Pour la France entière, le trou est de 750 M € !
Ce chiffre n’est repris nulle part dans la comptabilité publique. Il est soigneusement caché par nos dirigeants. Mais il fait peur, et pour tout dire, il m’inquiète.
C’est dire si la santé, les conditions d’accès aux soins sont un enjeu de taille. Je trouve qu’on n’en parle pas assez dans cette campagne, où d’aucuns semblent privilégier l’entretien d’une certaine confusion politique, plutôt que de traiter les vrais sujets de fond. Si on veut maintenir un accès aux soins pour toute la population, il faut afficher une vraie priorité politique et financière pour l’hôpital public. Pour ma part, je ferai tout pour cela.
Jean-Marie Le Guen, pour sa part, a rappelé que la question de la protection, du vieillissement, et plus généralement de la santé est au cœur du quotidien de chacun. Cependant certaines régions sont en retard. Il existe des inégalités flagrantes, anciennes, héritées des conditions de travail – disons même de l’exploitation – des travailleurs des XIXème et XXème siècles : des femmes et des hommes usés et n’ayant pas accès à la santé. Et notre région, le Nord – Pas-de-Calais, notre département du Nord et nos communes reflètent cette situation.
« Ce n’est qu’après la deuxième guerre mondiale, grâce à la Gauche, qu’en France un système de soins pour tous a pu voir le jour, a précisé Jean-Marie Le Guen.
Aujourd’hui, ce système de soins connaît beaucoup de difficultés, notamment les hôpitaux publics qui constituent le pilier de cet accès aux soins. Les chiffres désastreux évoqués par Dominique Baert ne doivent pas faire oublier que les déficits de la Sécurité sociale n’ont pas toujours existé et que oui, pendant 5 années, sous le gouvernement de Lionel Jospin, les comptes de la Sécurité sociale étaient globalement équilibrés. »
Alors aujourd’hui, comment agir ? J.-M. Le Guen propose judicieusement de mettre l’accent sur la prévention. « Cette prévention est primordiale et elle doit être généralisée. Il faut pour cela une médecine du travail indépendante et que les moyens soient donnés à l’administration pour mener à bien sa mission.
Ainsi, aujourd’hui près d’un tiers des cancers est causé par des pathologies liées au travail (conditions de travail, exposition à des produits comme l’amiante, etc.).
L’entreprise devrait être un lieu d’éducation à la santé ; certaines en ont compris l’utilité car il en va de l’intérêt de chacun, salariés comme dirigeants. »
Jean-Marie Le Guen est sensible spécifiquement à la problématique de l’alimentation. Il n’a pas manqué de rappeler que l’obésité sera le problème du XXIème siècle (en France, 13% de la population est en surpoids et on se dirige vers une situation comparable à celle des Etats-Unis). Car une nouvelle fois, la question de l’alimentation, de l’accès à cette éducation par la nourriture connaît une grande inégalité. « Ce problème est socialement situé, les plus pauvres ayant moins la possibilité d’accéder à ces informations. A ce sujet, je propose d’interdire la publicité pour certains produits dans les émissions destinées à la jeunesse. Il faut adopter une attitude plus dynamique envers les enfants, notamment ceux qui se situent sous le seuil de pauvreté. Ce sont ces enfants, au nombre de deux millions, qui ayant moins facilement accès aux soins, vont négliger et dégrader leur santé. A titre d’exemple, la différence d’espérance de vie entre un enfant obèse aujourd’hui et son camarade de classe en bonne santé est de 13 ans !
De l’autre coté de la chaîne de la vie, la prévention des conséquences du vieillissement est important, afin de permettre de gagner des années de vie. On gagne aujourd’hui en France un trimestre d’espérance de vie chaque année et un enfant sur deux qui naît aujourd’hui sera centenaire ! »
L’invité du jour termina son intervention en rappelant l’importance de la prévention dans un système hyper-soignant qu’est le système français.
La santé n’est pas un fardeau mais un investissement, et c’est solidairement que l’on règlera cette question.

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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 08:09

Hier, je vous présentais l'enjeu national de ces élections législatives ; aujourd'hui, je vous propose de découvrir quelles sont mes priorités locales pour cette 8ème circonscription (à lire également dans Mes priorités 2007-2012 pour la 8ème) :

 
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Présentation2
Vidéo envoyée par dBaert
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 13:52

Ce matin, Francine et moi avons annoncé à la presse notre entrée en campagne.
Je vous propose de découvrir une première partie du propos portant sur l'enjeu national de ces élections législatives dans la vidéo ci-dessous (à lire également dans A consulter > Les engagements du PS (2007-2012) :

 

 
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Présentation1
Vidéo envoyée par dBaert
 
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