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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 14:57
Elles sont plurielles, mes satisfactions après le premier tour des élections présidentielles.
D’abord la qualification pour le second tour de Ségolène Royal bien sûr, mais aussi le taux de participation des électeurs wattrelosiens (76 %, soit… 12 points de plus qu’en 2002 !), le recul significatif du Front national…
Tous mes commentaires dans le petit film que je vous propose ci-dessous :
 

Soirdu1ertour
Vidéo envoyée par dBaert
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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 14:24

Voici le communiqué de presse que j’ai envoyé aux journaux régionaux et que cosigne Alain Faugaret, Maire honoraire de Wattrelos et Conseiller général du Nord : 

Le 22 avril et le 6 mai, le vote pour l'élection présidentielle doit provoquer le changement politique que notre pays attend, et dont Wattrelos et ses habitants ont besoin ! 

Depuis 5 ans, la France est en crise, marquée par une explosion de la précarité, des inégalités, des tensions et de la violence. Il faut un nouveau projet de société.  Ségolène Royal a entendu les besoins exprimés par les Français.

L'emploi, l'éducation, la formation, le logement, la vie chère, la santé, la protection de l'environnement et la lutte contre toutes les violences sont les piliers de son projet pour construire une France entreprenante et solidaire, forte de la diversité de ses talents.

Elle porte un projet crédible, ancré à gauche dont la France, mais aussi Wattrelos, a besoin pour se remettre debout.Tout se jouera au premier tour, le 22 avril !

C'est pourquoi nous appelons chacun à se mobiliser en faveur de Ségolène Royal, seule candidate possible du vrai changement.

 

 

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 10:24
desir.jpgJ’étais hier soir en compagnie de mon ami Harlem Désir (au centre sur cette photo), l’ancien président de S.O.S. Racisme et actuel député européen, à Roubaix pour une Réunion du Changement (c’est-à-dire une manifestation de soutien à Ségolène Royal, seule candidate du changement) en compagnie de mon « modeste » (comme il le dit avec tout l’humour qui est le sien) collègue roubaisien et complice René Vandierendonck, mais aussi Gilles Pargneaux, Premier secrétaire de la fédération du Nord du PS (à droite sur la photo), Fanny Bullaert, qui est comme moi candidate aux prochaines élections législatives, et nos fidèles suppléantes que sont Francine Langevin en ce qui me concerne et Nassera Hamdi en ce qui concerne Fanny.
Cette Réunion du Changement était consacrée aux jeunes qui sont au cœur du projet socialiste que défend Ségolène Royal : un thème bien choisi dans une ville qui est l’une des plus jeunes de France, avec un invité de marque, Harlem, qui fut un exemple pour la jeunesse dans les années 80 – on se souvient des petites mains Touche pas à mon pote qu’on portait dans les collèges, lycées, les facultés, qu’arboraient des artistes aimés des jeunes comme Coluche ou Renaud…
Bref, hier soir, on a causé jeunesse, notamment en compagnie d’épatants jeunes danseurs des Trois Ponts, D Street.
Lors de mon allocution, j’ai insisté sur les difficultés spécifiques des jeunes dans la société d’aujourd’hui : s’il est un sujet au cœur d’une campagne présidentielle, ce doit être les jeunes, car, comment parler d’avenir sans parler de la jeunesse ? C’est elle en effet qui a, pour demain, le plus besoin d’un changement.
Pourquoi ? Parce que notre société connaît un chômage de masse et une forte précarisation, que parmi les chômeurs et les personnes en précarité, les jeunes sont particulièrement touchés. Parce que donc les jeunes connaissent de graves difficultés d’accès à l’emploi, des conditions matérielles et financières pas faciles, des problèmes de santé et de logement.
De plus, les inégalités sociales en matière de réussite scolaire restent très fortes : sait-on que le taux de retard en sixième est de 35 % pour les enfants des familles les plus pauvres, contre 12 % pour les enfants des ménages les plus riches ? Sait-on qu’on en France, aujourd’hui, près de deux millions de jeunes de moins de 18 ans vivent en dessous du seuil européen de pauvreté monétaire de 670 euros ? Sait-on aussi que les enfants d’étrangers non européens sont les plus touchés ? Trop de jeunes sont actuellement pauvres, et ils sont plus souvent aussi dans une précarisation accrue. Ils ont de surcroît des difficultés croissantes d’insertion professionnelle. Sait-on aussi qu'à 30 ans, la génération née en 1954 n’a passé que 10 % de ses trimestres (de cotisation pour la retraite) sans emploi, alors qu'en revanche, pour la génération née en 1970, ce sont 38 % des trimestres qui auront été passés au chômage ? Sait-on enfin que les jeunes Français d’origine maghrébine sont deux fois et demie plus souvent au chômage que les jeunes Français d’origine française, quel que soit leur niveau d’études ?
Voilà pourquoi il est fondamental que cette campagne présidentielle porte des propositions pour les jeunes. Dans le pacte présidentiel de Ségolène Royal, elles ne manquent pas : Gilles Pargneaux, notre Premier Secrétaire Fédéral, les a rappelées. Contrat Première Chance pour ceux qui sortent du cursus scolaire sans qualification, 500 000 emplois-tremplins, allocation d’autonomie pour les moins de 25 ans contre une obligation de formation des plus jeunes, un cautionnement public pour aider l’accès au logement, un prêt de 10 000 euros pour pouvoir lancer son projet de vie, un investissement massif dans l’éducation et les universités, avec des suivis individualisés.
C’est de tout cela dont on a parlé hier soir avec Harlem, qui a très clairement mis en perspective le projet des socialistes.
La jeunesse, c’est l’avenir de notre pays : il faut s’investir pour elle, investir dans cette jeunesse comme la Gauche a toujours su le faire par le passé. Comme elle saura encore le faire si Ségolène est élue Présidente de la République.
J’ai conclu mon propos en rappelant cette phrase, slogan d’une précédente campagne présidentielle : un candidat avait dit : dans une campagne présidentielle « Il n’y a pas un fauteuil à occuper, il y a un travail à faire ! » J’en suis d’accord : pour les jeunes, pour nos jeunes, il y a en effet du travail à faire !!!
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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 07:21

assembl--1.jpgL'élection a-t-elle déjà eu lieu ? Non, bien sûr. Mais cet après-midi, je me rends à l'Assemblée, pour la faire visiter, pour expliquer son fonctionnement, comment se font les lois, préciser les différentes commissions de l'Assemblée, les amendements, les compte-rendus des débats… et tout cela, je l'explique à plus d'une trentaine de jeunes élèves du lycée Lavoisier de Roubaix.

Fruit du hasard, il y a deux semaines, je vais déjeuner, pour le tester et faire un clin d'œil d'encouragement à l'équipe pédagogique, au restaurant d'application des formations hôtelières du lycée Lavoisier (entre parenthèses, une excellente adresse : allez-y, cela fera plaisir aux jeunes ! Ils font ça tellement bien, cela les encouragera. Mais attention : faut réserver !). Et des enseignants m'abordent, en m'expliquant que, dans le cadre d'un voyage d'application à Paris, des jeunes vont aller visiter l'Assemblée nationale, mais que ni le député de la circonscription ni son assistante ne seront là pour les accueillir et leur faire la visite… Est-ce que je connais quelqu'un qui le pourrait ? Je n'hésite pas une seconde : moi, bien sûr !

Pourquoi ? Parce que le refus du parlementaire en place, et cette impossibilité qu'il met en avant, de lui-même comme de sa collaboratrice, me consternent ! C'est une priorité d'aider nos jeunes à devenir des citoyens, de leur expliquer la République. Pour un élu, c'est un devoir de savoir répondre à l'attente de ses concitoyens, et de répondre présent à ce type de sollicitation !

Ensuite, parce que, pendant les cinq ans où j'ai moi-même siégé à l'Assemblée, jamais je n'ai laissé en plan aucune classe, aucun établissement scolaire, aucun groupe qui ait voulu se rendre à l'Assemblée ; jamais je n'ai été absent non plus du Parlement des Enfants, toujours j'étais aux côtés du ou de la Député(e) junior de la circonscription quand il devait aller siéger à Paris.

Ce type de visite de nos jeunes est utile, très utile. On n'est plus à la télévision, là, on est au cœur du fonctionnement du pouvoir législatif… D'ailleurs, en les accueillant, c'est le "cours" que je leur ai fait sur les trois pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire.

Ensuite, ils ont tout vu : l'Hôtel de Lassay (Présidence de l'Assemblée), la salle des quatre colonnes, les salons des députés, la cour d'honneur, le Bureau de Poste (merci au chef d'établissement de les avoir si bien accueillis)… et grâce à moi, ils ont pu entrer dans le Saint des Saints : la buvette de l'Assemblée, où les serveurs, gentiment, ont pu leur offrir un coca ou un jus d'orange. Il faisait chaud, et cela fut agréable ! assembl--2.jpg

Puis direction la Bibliothèque et ses superbes livres, plus que centenaires, avant de terminer dans l'hémicycle ; et là tout y passe : comment vote-t-on ? Où est la gauche, où est la droite, comment note-t-on tout ce qui se dit ?

Bref, une visite prévue pour durer une heure… et qui finalement en aura presque pris deux ! On était les seuls, et je crois qu'on a fait la fermeture.

Ils étaient fatigués et en avaient plein la tête ! Je crois qu'ils étaient satisfaits et heureux ! Moi aussi…

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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 07:01

En politique, ceux qui me connaissent le savent : si je suis un homme de convictions, et elles sont solides en moi, je suis volontiers connu comme pragmatique et réaliste. On me reconnaît homme d'écoute et tolérant, et ne suis coutumier ni des invectives, ni des caricatures.

Mais là, trop c'est trop ! Nicolas Sarkozy est un danger pour la démocratie, et je veux porter cette idée et dénoncer avec force les excès de ce personnage.

Cela a peut-être échappé à bon nombre de nos concitoyens, mais deux événements récents me révulsent. Certains médias s'en sont faits l'écho (dont le Canard Enchaîné), et cela mérite en effet d'être rapporté largement.

D'abord, cet incident où, lors d'une émission le 18 mars sur France 3, devant enregistrer France Europe Express, l'encore ministre N. Sarkozy fait une colère homérique parce qu'une loge spéciale n'a pas été apprêtée pour son maquillage et que personne d'assez haut placé dans la direction n'est là pour l'accueillir comme il estime que cela devrait être !

Autre "drame", en direct sur France 3 Nord – Pas-de-Calais, où, interrogé au journal régional à Lille (quelques instants avant de tenir meeting), le candidat-ministre-président de l'UMP critique expressément le reportage qui vient de lui être présenté… tout simplement parce que ledit reportage évoque ce qui a bien été un dossier "chaud" de son ministère : celui de la confection des passeports biométriques à l'Imprimerie nationale de Douai. Et la journaliste d'être vertement rabrouée, et en pleine émission ! Pourquoi ? Parce que le reportage ne disait pas ce que le candidat-ministre aurait voulu qu'il dise !

Et dans les deux cas, le même Nicolas Sarkozy d'exploser, et de proclamer que ces journalistes ne perdent rien pour attendre, et qu'il réglera leur sort dès qu'il sera élu !

C'est grave. Très grave.

Les journalistes de France 3 ont raison de protester : voilà pourquoi je mets leur communiqué ci-après en copie.

N. Sarkozy rêve-t-il d'une presse aux ordres, de journalistes à la botte, d'articles de presse, de journaux directement écrits par le pouvoir, rêve-t-il du retour de l'ORTF de De Gaulle, veut-il pour notre pays du retour de la censure et de commissaires politiques à ses ordres ?

Attention, il y a danger !

Une fois, on peut (peut-être) se dire que c'est l'énervement de la campagne ! Deux fois, ce n'est plus possible. Ces crises d'autorité sont le signe d'une pensée plus profonde : « Si vous n'êtes pas idolâtre, vous êtes contre moi! » C'est "servez-moi ou disparaissez !"

Ce n'est plus de la démocratie cela. L'honneur d'une démocratie, c'est de savoir respecter sa presse et ses journalistes. Et s'il le faut, de les défendre !
"Sarko facho" ? C'est un slogan ! Et si c'était une réalité ?

Communiqué de la Société des Journalistes de France 3 :

Nicolas Sarkozy se verrait-il déjà à l'Elysée ?

 

Trépigne-t-il déjà en s'imaginant bientôt disposer des pleins pouvoirs ? 

Sans doute grisé par les sondages qui le placent en tête du premier tour, le candidat UMP s'est récemment laissé aller à une petite crise d'autorité dans les locaux de France 3. Une sorte de caprice régalien que l'on croyait appartenir à d'autres temps, ceux de la vénérable ORTF. 
M. Sarkozy a en effet menacé de « virer » notre direction. Comme ça, sur un coup de tête. Parce qu'elle n'a pas daigné lui dérouler le tapis rouge et accourir immédiatement à sa rencontre lorsqu'il est venu, le 18 mars dernier, participer à l'émission France Europe Express, présentée par Christine Ockrent.

A peine arrivé, Monsieur le Ministre-candidat se laisse d'abord aller à quelques grossièretés, estimant que cette émission « l'emmerde » et qu'il n'a pas envie de la faire !

Ensuite, le voici vexé de devoir attendre dans les couloirs de France 3 pour être maquillé, d'autres invités occupant déjà les lieux (et oui, France 3 ne dispose que d'une salle de maquillage). Coupable de ce « crime de lèse-Sarkozy »,  voici notre direction sur la sellette. «Toute cette direction, il faut la virer », a lâché  le candidat UMP, comme le rapporte le Canard Enchaîné du 21 mars 2007. « Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ca ne va pas tarder».
Les Français sont désormais prévenus ! L'une des priorités de Nicolas Sarkozy s'il est élu président de la République sera de couper des têtes à France 3. A la trappe ces directeurs qui tardent à exécuter les courbettes.

Le Ministre-candidat avait déjà habitué notre rédaction à ses poses agacées, à ses humeurs dans nos locaux, face à une rédaction qui ne lui semble manifestement pas suffisamment docile.

Comme cette récente provocation gratuite à l'adresse d'un journaliste du service politique « ça ne doit pas être facile de me suivre quand on est journaliste de gauche ! ». Désormais c'est à la direction qu'il veut s'en prendre ?
La Société des Journalistes de la Rédaction Nationale de France 3 ne peut qu'être scandalisée par une telle attitude de la part d'un candidat à la plus haute magistrature de France. Nous nous inquiétons que M. Sarkozy puisse afficher sans aucune gêne un tel mépris pour l'indépendance des chaînes de service public.
Non, monsieur Sarkozy, les journalistes de la Rédaction Nationale de France 3 ne sont pas et ne seront jamais vos valets. Ils résisteront à toute menace pesant sur leur indépendance. Si nous devons des comptes, ce n'est pas à un ministre-candidat, mais aux millions de téléspectateurs, qui regardent chaque jour nos journaux d'information. Par respect pour eux, pour leur intelligence, nous n'accepterons jamais aucune forme de mise sous tutelle politique. Ni de votre part, ni de la part d'aucun autre candidat.
A bon entendeur.

L
a Société des Journalistes de France 3. Le 23 mars 2007.

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 16:40




Sur cette photo signée P. Jolivel / Banque de France : le professeur Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006, Maria Nowak, présidente de l'association pour le Droit à l'Initiative Economique (ADIE), et Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France.

On peut être banquier et porter des valeurs d’humanisme et de solidarité fraternelle.
C’est ma conviction, et la raison profonde pour laquelle, après mes études, j’ai choisi cette profession. Et, à la Banque de France, je suis Secrétaire général de l’Observatoire de la microfinance, organisme mis en place à la demande du Président de la République, créé en septembre 2006 et présidé par Monsieur Michel Camdessus, gouverneur honoraire de la Banque de France, ancien directeur général du Fonds monétaire international.
Voilà pourquoi ce matin, quand le gouverneur de la Banque de France, Monsieur Christian Noyer, reçoit le professeur Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006, en présence de Monsieur Camdessus, et de Madame Maria Nowak, présidente de l’association pour le Droit à l’Initiative Economique (ADIE), je participe à l’entretien.
Monsieur Yunus est connu internationalement comme « le banquier des pauvres ». Il a en effet fondé il y a plus de 30 ans la Grameen Bank au Bangladesh pour prêter des petites sommes à des personnes n’ayant pas accès au système bancaire « normal », et leur permettre de créer leur micro-activité.

7 millions de personnes ont, depuis, bénéficié de ces microcrédits.

Le microcrédit est principalement conçu comme un instrument de lutte contre la pauvreté. Les institutions de microfinance sont surtout présentes en Asie du Sud-Est, en Amérique du Sud et en Afrique. Dans ces régions, cependant, le microcrédit ne touche que 103 millions de personnes, soit à peine 2 % du total estimé de la population exclue du système bancaire classique.

Mais, j’en suis convaincu, le microcrédit a également un rôle essentiel à jouer dans les pays industrialisés, notamment en Europe et en France. Il s’agit d’un instrument utile pour financer les besoins de ceux qui sont des « délaissés du système bancaire ». C’est clair : le microcrédit est un outil contre l’exclusion au Sud, et contre la pauvreté au Nord.

Ainsi, en France comme en Europe, il est une réponse à deux segments de besoins :

·        celui du financement de la création ou du développement des microentreprises, notamment lorsqu’il s’agit de la création d’entreprises par un demandeur d’emploi : c’est le « microcrédit professionnel » ;

·        celui de l’aide ponctuelle à des personnes en difficulté, en accompagnement d’un projet spécifique : c’est le « microcrédit social ».

Ici, à Wattrelos, j’ai fait signer une Convention avec la Caisse solidaire du Crédit Mutuel Nord-Europe pour que le Centre Communal d’Action Sociale puisse distribuer du « microcrédit social » à certains de mes concitoyens que les banques n’accueillent pas « spontanément ». Comme l’a dit dans la presse l’un d’entre eux, « cela lui a sauvé la vie ». Pas du point de vue vital, bien sûr, mais c’est incontestable que ce petit plus lui a changé considérablement la vie.

A Wattrelos aussi, depuis quelques mois, l’ADIE a ouvert une permanence à Beaulieu pour aider ceux qui souhaitent créer leur entreprise ; déjà plusieurs dossiers sont passés, et des jeunes se sont installés, en créant leur affaire : tant mieux !

A Paris, pour aujourd’hui, j’ai préparé le discours du gouverneur, et les décisions qu’il vient d’annoncer, où l’engagement de la Banque de France pour le développement du microcrédit en France et en Europe est confirmé avec force. Là aussi, tant mieux !

Il reste tout à faire pour aider les exclus du système bancaire.

Quand j’étais parlementaire, fort de mon expérience à la Banque de France de Roubaix, et des situations sociales très dures que j’avais vues auprès de celles et ceux que je rencontrais, j’avais fait voter la réduction de l’interdiction bancaire de 10 à 5 ans : 1.200.000 personnes en France avaient retrouvé le droit de faire des chèques, d’avoir une carte bleue, le droit de vivre « normalement », par cette seule modification.
Mais ce n’était pas fini, j’avais d’autres projets pour combattre l’exclusion financière, et donc l’exclusion tout court. Malheureusement, j’ai été battu en juin 2002, et je n’ai pu poursuivre le chantier.

Aussi, en ce printemps 2007, en travaillant avec le Ministère de l’Economie et des Finances pour préparer de nouveaux textes législatifs qui permettraient de faciliter la distribution de microcrédit social, en aidant à mobiliser la Banque de France sur ce dossier, ou en siégeant au Conseil d’Orientation du Fonds de Cohésion Sociale qui, sous la présidence de M. Camdessus, accorde les garanties aux associations ou aux banques distributrices du microcrédit,  j’ai le sentiment de poursuivre cette mission que je me suis donnée : mettre la finance au service des plus modestes aussi.

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 11:48

 

Puisque le temps est limité, je voudrais mettre en avant cinq idées.

 

-         1ère idée : nos villes, et Wattrelos en particulier, sont un « mille-feuille » de migrations successives tout au long du siècle passé. Et jamais d’ailleurs l’arrivée de migrants n’a été facile. Il s’est agi successivement des Belges (souvenons-nous de Germinal), des Polonais (devenus des « Polaks »), des Italiens (« Ritals »), des Portugais (qui ont représenté il y a 40 ans plus de 10% de la population de Wattrelos), ou de l’immigration maghrébine. A Wattrelos, la population immigrée (6,5 % de la population) est davantage européenne (3,9 %) que maghrébine (2,6 %). Les proportions sont inverses sur la totalité de notre agglomération.

 

 

 

-         2ème idée : pourquoi ces migrants ? Par le lien migrant / travail. Ici, ce n’est pas une terre promise pour eux, mais une « terre habitable » parce que terre de travail. Or, de nos jours, le travail s’en va, se réduit, et le migrant reste. C’est là que des questions surgissent :

o       car le lien était fort entre migrant et travail (c’était même sa raison d’être là)

o       car entre temps la vie du migrant s’est installée. Il est devenu un immigré pour qui on a construit certes parfois un habitat à la va-vite, mais il est citoyen, sa vie est ici. Et voilà que l’enfant paraît : la terre d’accueil devient berceau familial.

Dans une situation où le lien migrant / travail se distend donc, le migrant est confronté à deux faits nouveaux :

o       un écartèlement entre sa culture originelle et le lieu où il réside

o       une terre d’accueil qui ne lui est pas toujours hospitalière.

Un point cependant est à souligner, un élément nouveau en ce qui concerne ce lien migrant / travail : c’est qu’aujourd’hui, ce ne sont pas (plus) les plus pauvres de leur pays qui deviennent migrants, ce sont souvent des cadres moyens ou supérieurs, ce qui pose un nouveau problème : l’incapacité à retrouver ici des fonctions qui correspondent à leurs qualifications antérieures. C’est un vrai problème, et il est important.

 

 -         3ème idée : pour beaucoup de migrants la République ne joue plus bien son rôle. En effet, en situation de crise économique, qui devient crise sociale, la devise républicaine s’affaiblit.

o       La crise économique devient crise sociale. Le chômage gangrène les relations sociales, la vie des familles, la vie des quartiers. Mais pour ces personnes, les conséquences du chômage sont accentuées par les caractéristiques de cette migration : ce sont des bras et de la sueur, et pour l’essentiel des gens modestes, de niveau de formation primaire. Ils subissent donc des difficultés particulières

§       pour leur propre reconversion

§       pour l’accès des enfants aux C.S.P. supérieures.

Dans cette crise qui persiste, les migrants sont particulièrement touchés.

o       Pour eux, la devise républicaine est souvent perçue comme un leurre.

§       La liberté ?

·      Bien sûr, celle d’aller et de venir existe.

·      Mais la liberté sans la capacité à bouger n’existe pas ! Et comment se sentir « libres » quand on voit l’accumulation des textes sur l’immigration qui à chaque fois sont ressentis comme des remises en cause de droits antérieurs ! Il est essentiel que la République arrête de modifier sans cesse les règles du jeu, et arrête donc de multiplier les lois sur l’immigration.

§       L’égalité ? En vérité, le ressenti, c’est que les inégalités s’accroissent :

·      inégalités entre capital et travail

·      inégalités entre travailleurs et non travailleurs

·      inégalités entre les travailleurs eux-mêmes : ceux des secteurs exposés et ceux des secteurs protégés.

D’où un vécu d’inégalités de ressources, d’inégalités d’accès.

§       La fraternité ? C’est l’inverse qui s’installe ! Qu’observent autour d’eux les migrants ? Des pratiques de haine, des résurgences de racisme. Ou des tentations de ghettoïsation, organisées par les uns, ou de communautarisme, recherchées par les autres. En vérité, je le dis comme je le pense, puisque ce débat est ça et là évoqué dans l’actualité, l’identité nationale, la vraie, c’est pour moi, que la liberté l’égalité et la fraternité soient les mêmes pour tous sur notre territoire !

 

 

o       Ne nous étonnons pas car il y a perte de repères républicains.

§       Quand les services publics diminuent dans nos quartiers, c’est la présence de la République qui s’affaiblit.

§       Quand la République ne sait plus intégrer et qu’elle est porteuse de discrimination, c’est elle qui est mise en cause.

§       Quand l’Etat ne sait plus protéger, l’Etat-Providence ne remplit plus sa fonction.

 

 -         4ème idée : aujourd’hui, c’est la jeunesse qui trinque, qui supporte, le plus.

o       C’est dur pour les jeunes. L’emploi des jeunes est en crise, et tous les indicateurs sociaux mettent en exergue le chômage des jeunes, et leurs difficultés à trouver un emploi.

o       C’est dur pour les jeunes de catégorie sociale modeste (non diplômés, non qualifiés). Un phénomène de « déscenseur social » s’observe.

o       Mais c’est plus dur encore pour les jeunes descendants de migrants. Là encore, tous les indicateurs statistiques le confirment, comme la réalité sociale de nos quartiers.

   

 

-         5ème idée : dès lors, l’ambition de la politique doit être de construire une égalité réelle des chances.

1)     Les symboles ont leur importance, la communication aussi. Mais il ne faut pas faire croire que cela se résume à cela. Nommer un préfet issu de l’immigration (alors qu’il n’est pas issu du corps préfectoral, Aïssa Dermouche), et en faire un symbole, c’est bien, mais il faut dire la vérité, et notamment qu’il a été mis fin à ses fonctions en catimini à peine quelques mois après. Et comment oublier qu’un jour, de 1958 à 1962, on a eu dans ce pays un Président noir du Sénat, Gaston Monnerville ? Et comment s’émouvoir aujourd’hui d’un présentateur noir au J.T., alors que je me souviens, moi, quand j’étais gosse, que l’artiste que je voyais le plus souvent à la télé était « coloré » : Henri Salvador ! Et à l’époque, tout cela paraissait naturel, normal. La vérité, c’est que quand la croissance économique était forte, la machine à intégration fonctionnait bien. Alors je veux être franc : les symboles / quotas m’insupportent, ce n’est pas la bonne réponse à apporter.

2)     La bonne réponse, c’est de construire une égalité réelle. Qu’est-ce que cela veut dire ?

§       Assurer une administration plus efficace : déconcentrer vers les mairies (faciliter le droit d’accès). Un nouvel équilibre est à trouver entre capacité locale et capacité nationale.

§       Mettre le paquet sur l’insertion sociale par l’alphabétisation et le maintien de la langue française. C’est vrai pour le migrant, c’est vrai pour tous d’ailleurs.

§       Aider les jeunes de migrants à accéder à l’enseignement supérieur : c’est la base de tout ! A Wattrelos, j’ai renforcé l’accès aux « bourses d’enseignement supérieur » que verse la Ville : nous sommes l’une des seules à faire cet effort (132 000 euros au total pour près de 400 étudiants en 2006) et j’en suis fier.

§       Construire une discrimination positive équilibrée. Mais discrimination positive ne veut dire ni favoritisme ni népotisme. Seule compte la capacité de l’intéressé(e) à exercer la fonction. Les partis politiques ont une responsabilité, bien sûr dans la désignation de leurs candidats, mais rien ne serait pire que l’idée de choisir des candidats uniquement par leur origine. Si, dans ma majorité municipale, trois adjoints sur 21 (soit 15 %) et cinq élus sur 35 sont issus de l’immigration récente, ils ne doivent leur rôle et leur fonction qu’à leur engagement au service de la cité, à leur engagement dans leur quartier ou dans leur domaine d’activité. 

 Face à la question de nos migrants, nos sociétés sont en transition, et les Etats sont en décalage. Nous devons tous avoir conscience : qu’il faut tout faire pour favoriser l’intégration et refuser le communautarisme ; qu’il faut vraiment le faire car, comme l’écrivait Gramsci entre les deux guerres mondiales : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. »

 

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 11:47

 

Qui dit  que les débats sont inintéressants, trop confidentiels, et qu’ils lassent les auditeurs ? Hier soir, c’est tout l’inverse que j’ai connu.
La zone pastorale de Roubaix avait invité des élus de l’agglomération à débattre en présence de membres des communautés paroissiales, de militants associatifs et de familles elles-mêmes migrantes. Autour de la table, les maires de Leers, d’Hem, un adjoint roubaisien, un conseiller d’opposition… mais, heureusement, pas d’extrêmes (ni à gauche, ni à droite), et l’UMP n’est pas venue.

Chacun a 10 minutes pour son intervention liminaire. Puis évidemment, il y a le débat avec la salle. Des témoignages ont été apportés, des objections aussi. Tout le monde a conscience qu’on est là au cœur du pacte républicain, que l’on parle là de la cohésion sociale, et de l’avenir de notre société.

Ma contribution tient à l’expression de 5 idées (il faut faire court !) : on en trouvera une synthèse dans la pièce thématique jointe (rubrique A consulter > Dossier migrants).

Tout cela a commencé à 20h pour finir à 23h30 ! Mais une soirée intéressante où l’humain a été vraiment au cœur des débats.

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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 14:37

Bien sûr, j’ai signé la proposition de parrainage pour Ségolène Royal : le jour même où, le matin, j’ai reçu au courrier la lettre du Conseil Constitutionnel avec le bordereau de parrainage, dès l’après-midi je postais en retour au Conseil Constitutionnel ledit parrainage.

Je n’ai pas de raison majeure de retarder ma signature : socialiste je suis ; je soutiens la candidate socialiste. D’abord parce qu’elle est la candidate de mon parti, qu’elle porte les valeurs auxquelles je crois, et parce qu’elle est LA candidate susceptible de faire gagner la Gauche et de battre la Droite de Nicolas Sarkozy.

La campagne présidentielle n’est pas un concours où chacun peut participer, ce n’est pas une foire aux suffrages. C’est un moment de débat, c’est un moment de construction ; on y construit l’avenir du pays et des citoyens. La règle des parrainages est à mes yeux juste.

Ceux qui ont la responsabilité de pouvoir désigner, parrainer un candidat ont une vraie responsabilité : choisir celui, ou celle, qui pourrait demain présider la France !

Contrairement, c’est vrai, à bon nombre de mes amis à Gauche, et y compris à bon nombre de socialistes, je suis favorable à l’élection du Président de la République au suffrage universel et, même si je ne néglige pas la nécessité de corriger certaines de nos règles institutionnelles (notamment sur le fonctionnement parlementaire), je suis attaché à ce Président (ou cette Présidente) « clé de voûte de nos institutions ».

Alors soyons clairs : à ce moment important de la vie démocratique et institutionnelle, je ne pense ni souhaitable ni nécessaire qu’il y ait une ribambelle de candidats. Car à terme, un trop grand nombre de candidats ôte toute signification au résultat obtenu : croit-on d’ailleurs que la démocratie gagne à voir se présenter 20 ou 30 candidats ? Qui n’a pas déjà entendu nos concitoyens plaider pour avoir – à juste titre – une pluralité des choix (pour pouvoir exprimer leur sensibilité), mais qui ne les a pas aussi entendu dire ne pas savoir qui choisir, tant il y a de candidats ? Paradoxe de la démocratie, bien sûr.

Voilà pourquoi mon choix est responsable et clair : c’est pour Ségo.
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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 08:26

Je suis fidèle en amitié, et je m’en honore. Aussi, dès qu’il m’a invité, c’est devenu un incontournable de mon agenda, il fallait que j’y sois ! Ce vendredi, un Croisien parmi les plus célèbres, Jean Gomanne, fête ses années de chansons, et à cette occasion, il a invité ses amis – j’en suis ! – et a sorti un nouveau CD, un « Florilège » (c’est son titre, avec une Tour Eiffel en fond d’image) de ses chansons. Pour être franc, c’est de la chanson comme je l’aime, française, chantant l’amour et la vie, de ces chansons que nous avons tous un jour fredonnées, et que nous conservons tous dans un coin de notre tête.

« Ca sent si bon la France » ;  « C’est magnifique » ; « A l’auberge du Cheval Blanc » ; « Toutes les femmes sont belles »… « Comme d’habitude » !

Jean est rayonnant et heureux, et il a raison de l’être. Ses sympathiques amis qui tiennent ce café mythique du LAF se sont même déguisés d’habits de fête pour lui et ses hôtes ! Le sourire est sur toutes les lèvres, c’est chouette.

J’ai beaucoup de respect pour ces artistes qui, comme Jean, ont passé leurs samedis soirs, dimanches midi, à faire des déplacements, à animer des bals, à pousser la chansonnette, à semer un peu de bonheur autour d’eux dans leur passage. Dans un film récent, Quand j’étais chanteur, G. Depardieu était émouvant. Mais tous ces artistes ont du mérite. Avec toutes ses années de carrière, Jean leur fait honneur. C’est un grand, et j’ai pour lui respect et amitié.

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