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  • : Blog de dominique Baert
  • : Dominique Baert est maire de Wattrelos (Nord)
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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 14:05

Ville-avis-en-commission-13-nov.jpgTout va parfois très vite dans le travail parlementaire. Alors que j’ai à peine été désigné la semaine dernière rapporteur pour avis de la commission des finances sur le projet de loi sur la ville et la cohésion urbaine, l’accélération du calendrier d’examen du texte (le 22 novembre en séance, donc ce 14 novembre en commission des affaires économiques, et donc la veille, ce mercredi 13 en commission des finances) m’a contraint à trouver entre manifestations associatives et cérémonies du 11 novembre, les heures et les nuits nécessaires ce week-end pour rédiger les vingt-cinq pages du projet d’avis et les amendements que je dois donc présenter ce matin en commission !

 

Elu urbain, je fais partie de ceux qui ont en tête l’idéal d’une politique de la ville qui transcende toutes les compétences ministérielles, tous les budgets, et s’impose en interministériel à toutes les politiques de droit commun. Reconnaissons que si beaucoup a été fait depuis 30 ans, la politique de la ville n’en est pas encore là.

 

Le projet de loi du gouvernement est toutefois incontestablement une nouvelle étape salutaire, en redéfinissant l’objet de la politique de la ville, lançant un nouveau programme national de renouvellement urbain (ce qu’on appelle parfois communément l’ANRU 2), créant une dotation politique de la ville pour les collectivités (en remplacement de la DDU), mettant en place l’instrument-clé de la politique de la ville de demain que sera le contrat de ville, lequel articulera les actions entre intercommunalité et commune. La politique de la ville devrait y gagner en transparence et en cohérence.

 

J’ai beaucoup insisté pour que la politique de la ville mobilise, en sus des crédits spécifiques qui lui sont alloués, les crédits de droit commun de tous les ministères.

 

J’ai défendu et fait voter un certain nombre d’amendements, pour : que l’égalité d’accès aux droits soit une égalité réelle et non formelle (car cette dernière peut se trouver affaiblie, notamment pour le logement, l’éducation, l’emploi ou la santé, par l’existence de discriminations diverses ; or, à mes yeux, la politique de la ville ne peut qu’avoir pour objet de combattre cesdites discriminations) ; favoriser la réussite éducative et l’accès aux soins fasse partie des objectifs de la politique de la ville ; associer les associations et comités de quartiers à la politique de la ville ; que les subventions de l’ANRU tiennent compte de la situation financière de l’effort fiscal et de la richesse des territoires concernés ; que la nouvelle dotation politique de la ville soit versée à l’intercommunalité mais aussi aux communes membres concernées ; préciser les responsabilités respectives de l’intercommunalité et du maire ; la décomposition des annexes budgétaires des comptes des communes où, par transparence et pour être plus efficace, seront précisés les crédits spécifiques de la politique de la ville et ceux des autres politiques ministérielles.

 

Le débat aura été dense toute la matinée ; j’aurai eu l’occasion de revenir sur les engagements financiers non tenus par les gouvernements précédents (à fin 2012, sur un programme ANRU de 12 Mds €, les gouvernements de droite ont certes fait voter 6 Mds € d'autorisations d’engagement, mais… n'ont effectivement débloqué que 657 M€ de crédits de paiement !) Tous mes amendements ont été adoptés, le plus souvent à l’unanimité. Je les porterai demain auprès de la commission des affaires économiques.

 

Pour lire mon rapport valant avis sur le projet de loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, cliquez ici.


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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 16:35

FH-Pinault.jpgCet après-midi, j’accompagne mes collègues maires de Roubaix et de Tourcoing, avec Martine Aubry, présidente de la communauté urbaine, au siège de Kering, avenue Hoche. Après les annonces du groupe, après la manifestation des salariés, nous voulons des explications, et surtout des assurances sur l’avenir de l’entreprise et de ses salariés.

 

Pour moi, pour Wattrelos, La Redoute, c’est une relation intime, étroite, tant il y a de familles qui ont travaillé et travaillent encore pour cette entreprise, premier employeur de la ville. Aussi suis-je solidaire, parfaitement, complètement, et je le serai de toutes démarches et manifestations pour défendre la Martinoire, La Redoute toute entière, et ses salariés. A un moment, dès lors qu’on est en responsabilités, les différences doivent s’effacer devant l’intérêt collectif, surtout quand il est aussi crucial que la survie de La Redoute sur notre territoire !

 

Les deux questions que porte notre délégation, exprimées évidemment par Martine Aubry, est de savoir comment le groupe Pinault a pu laisser La Redoute en arriver là où elle en est, et quel avenir lui prévoit-il ?

 

François-Henri Pinault rappelle le processus de transformation du groupe, les calendriers, le processus de cession de La Redoute, les délais, et les investissements en recapitalisation et physiques faits. Parmi ses prises de position, sans bien sûr être exhaustif, je vois utile de citer :

 

Ø  « La Redoute a du potentiel. Il est hors de question qu’elle disparaisse. Mais il lui faut terminer sa modernisation. La nouvelle entreprise va s’appuyer sur les fonctions marketing en ligne de La Redoute : la difficulté qui se rajoute au processus en cours, c’est que le marché est en train de baisser » ;

Ø  « Je m’attache à choisir un industriel qui préserve l’avenir. On va examiner les projets industriels pour voir ceux qui ont le plus de sens. On n’a pas l’intention de faire un chèque en blanc à quelqu’un qui ne va rien faire ! »

Ø  François-Henri Pinault confirme qu’il accompagnera la cession, « en co-investissant, et en co-finançant les pertes ; il « va investir dans la logistique et l’informatique, et le financement de l’exploitation de l’entreprise pendant cette période » ; il annonce que « depuis juin, on travaille avec les repreneurs, pour que l’avenir industriel ait du sens et que l’impact social soit le plus réduit ».

« Je choisirai le projet qui garantira la pérennité de l’entreprise », y compris en l’appuyant financièrement  (« Ce seront des sommes considérables ») répète-t-il.

 

Pour ma part, et j’y tenais, j’ai interpellé François-Henri Pinault sur le site de la Martinoire, car nous dire que s’agissant de la logistique « il a beaucoup insisté auprès des repreneurs pour qu’elle soit dans la région Nord » ne peut pas me satisfaire. Pour les salariés de la Martinoire dont beaucoup sont Wattrelosiens ou Roubaisiens, c’est impossible de poursuivre leur travail plus loin. Leur revendication, ma revendication majeure, c’est que l’investissement de logistique, si le site de la Martinoire n’est pas en tout ou partie convertible, c’est sur Wattrelos-Roubaix qu’il doit se faire.

 

Et en ce qui me concerne, je ne vois que deux sites : le foncier encore disponible de la Martinoire (car les parkings et infrastructures existent déjà !) ; ou sur le nouveau parc de La Lainière ! En bordure de voie rapide, ce dernier site serait à la fois efficient et symbolique… et je ne doute pas qu’il rencontrerait l’adhésion de tous les élus de notre métropole. Ce combat-là, il faut aussi le mener, en sus du sauvetage de l’entreprise Redoute !


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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 09:26

11nov-enfants.jpgCe matin, les traditionnelles cérémonies de la commémoration du 11 novembre 1918 commencent par un dépôt de gerbe au cimetière du Crétinier, puis au monument aux morts du centre. Les allées ont été refaites cette année, et le nombre important d’enfants et de parents qui entourent porte-drapeaux, élus et anciens combattants rehaussent l’importance et la solennité du moment.

 

Après la lecture de deux poèmes, les enfants des écoles Jean-Macé, Pierre-Curie et Lacordaire chantent ensemble La Marseillaise. Emouvant.

 

11-nov-2013.JPG

Dans mon discours, j’insiste sur le lourd tribu humain que la France a payé pendant la première guerre mondiale, une guerre dont les soldats connurent l’horreur dans les tranchées, comme le raconte Roland Dorgelès dans Les croix de bois. Comme le soulignait le 7 novembre dernier le Président de la République, les leçons de la der des ders restent à méditer car elles sont encore d’une brûlante actualité. « Là où il y a injustice criante, contraste entre richesse opulente et pauvreté déprimante, il y aura tensions, rancœurs, jalousies, haines et donc risques de conflits. »

 

11-nov-2013_2.JPGNous « filles et fils de la paix », avons le devoir de « rejeter l’injustice, rejeter toute forme d’idéologie totalitaire d’où ne peut surgir que le malheur des hommes, refuser les vieux démons du chacun pour soi » et plaider pour « une Europe de la paix et solidaire » car telle était « l’espérance qu’en lettres d’honneur nos soldats de 14-18 ont écrite par leurs souffrances et leurs sacrifices ». « L’Europe réconciliée est la réponse qu’ils attendaient de nous » écrit François Mitterrand en 1988.

 

C’est, comme le disent les paroles d’une chanson canadienne, c’est à nos jeunes « de porter l’oriflamme / et de garder au fond de l’âme / le goût de vivre en liberté / Acceptez le défi, sinon / les coquelicots se faneront. »

 

Honneur à nos disparus et espérance, c’est le message de La Marseillaise et de l’hymne européen, interprétés ensuite par l’Union musicale.

 

11-nov-2013_3.JPG

 

11-nov-2013-me-daille-Ville.jpeg

Pendant le banquet républicain qui a suivi j’ai mis à l’honneur, en leur remettant la médaille de la Ville de Wattrelos pour les remercier de leur fidélité et de leur dévouement, nos quatre porte-drapeaux : Christian Laby (ACPG), Vincenzo Arnone (Fraternelle des combattants), Jean-Pierre Stevens (FNACA), et Jean-Pierre Vercruysse (Union musicale). Ils le méritent bien car c’est par eux que nos couleurs de France sont de toutes nos manifestations commémoratives wattrelosiennes. Merci à eux, pour la République, pour la France et pour Wattrelos !

 

Pour lire mon discours, cliquez ici.


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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 10:45

Comme je l’ai déjà dit, j’ai rencontré M. Jean-Yves Grall, tout nouveau Directeur général de l’Agence Régionale de Santé Nord, Pas de Calais à qui, pendant plus d’une heure, j’ai exprimé les caractéristiques de santé de ma population, les espérances que je voulais pour elle à travers les politiques municipales que nous menons et soutenons, et surtout l’importance viscérale que j’attache à l’accès aux soins, à toute heure, que doit autoriser notre Centre Hospitalier de Wattrelos. Et bien évidemment, la volonté unanime de la population, des élus, des personnels de voir maintenues nos urgences locales.

  

Aussi ai-je apprécié l’interview de J.Y. Grall que publie ce jour la revue spécialisée milieux hospitaliers, Hospimedia. Que peut-on y lire ?

  

« Parmi les dossiers laissés par son prédécesseur, figure aussi celui des urgences de Wattrelos. Sur cette question, Jean-Yves Grall ne souhaite pas a priori remettre en cause pour les wattrelosiens cette possibilité de pouvoir accéder à des soins urgents non programmés 24 heures sur 24 car cette demande semble correspondre à un besoin de la population. « Je n’ai pas l’intention de détricoter ce qui existe depuis longtemps » et « je ne vois pas ce qui empêche la poursuite de cet accès », a-t-il précisé. Il faudra néanmoins que l’hôpital de Wattrelos s’organise pour pouvoir assurer cette prestation ».

 

Cette prise de position, ouverte, pragmatique et à l’écoute des besoins du territoire et de notre population, me parait intéressante. La vigilance et la prudence restent de mise bien sûr, et mon attention combative ne faiblit pas. Mais, avec ces déclarations, la situation semble se détendre, et évoluer dans le sens de l’intérêt de l’Hôpital de Wattrelos. Espérons que les prochaines semaines nous en apportent confirmation…

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 18:09

AN-8-NOVEMBRE.jpgPour rituel qu'il soit, l'exercice n'en est pas moins important.

 

Après la rédaction de mon rapport sur les crédits de la politique de la Ville (programme 147) au nom de  la commission des finances, sa présentation en commission élargie en débat avec les ministres concernés (le 30 octobre dernier), le vote des crédits en commission des finances, le processus budgétaire, côté dépenses, se clot sur le vote en séance dans l'hémicycle.

 

C'est en fin d'après-midi aujourd'hui que les crédits du logement et de la ville sont réexaminés et votés par les députés, en présence de Cécile Duflot, ministre du logement et de la ville, et de Bernard Cazeneuve, ministre du budget. Au banc des commissions, comme rapporteur de la commission des finances, je monte à la tribune pour une brève intervention, en proposant avec avis favorable l'approbation des crédits.

 

Pas de suspense : les crédits sont très largement votés (d'autant plus aisément qu'il n'y a devant nous, pour l'opposition, qu'un seul député UMP et un seul député UDI ! C'est choquant quand on sait qu'il s'agit du financement de la politique du logement et des quartiers en rénovation ! Cela dit, pour moi, c'est mission accomplie.

 

Pour lire mon intervention, cliquez ici.

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 11:26

Colloque-AVPU.JPGJ’ouvre ce matin, à l’auditorium de la Maison de l'éducation permanente, la rencontre régionale de l’association des villes pour la propreté urbaine (AVPU), dont Wattrelos est adhérente. Cette association, créée en 2010 et présidée par Magali Ordas, compte plus de cinquante communes et agglomérations membres, de toutes tailles (à commencer par la ville de Paris), et dont l’objectif est d’améliorer la propreté urbaine en créant un réseau, un maillage permettant de mutualiser les compétences, les savoir-faire.

 

Toutes les collectivités sont bien sûr concernées par cette problématique, de plus en plus prégnante ; pour preuve, la rencontre de ce matin a attiré des collègues des villes environnantes (Roubaix, Tourcoing, Croix, Wasquehal, Hem, et même des agents de LMCU) mais aussi plus lointaines (Grande-Synthe, Compiègne).

 

Il me revient donc de situer, en préambule, le contexte wattrelosien, son histoire, ses spécificités urbaines (117 courées et rangées difficiles d’accès où la problématique des déchets est par nature complexe ; proximité avec la Belgique où les déchets sont payants, d’où la tentation de s’en débarrasser subrepticement en France…) et de rappeler que la propreté urbaine est une préoccupation majeure chez nous. C’est même la première des priorités de nos concitoyens qui participent aux comités de quartiers que nous avons mis en place il y a un peu plus de dix ans maintenant. Le phénomène s’amplifie avec le temps. 

 

Je constate d’ailleurs parallèlement – cause ou conséquence – qu’au demeurant les sollicitations personnelles prennent de plus en plus le pas sur la dimension collective. Et que de la même manière, dans l’évolution de notre cadre de vie, les comportements acitoyens se développent. Certes, ce n’est pas le cas seulement à Wattrelos, mais dans la relation avec les élus, il est clair que les choses se sont modifiées avec le temps : nombre de citoyens se placent en consommateurs de services de nettoyage davantage qu’en contributeurs responsables à l’entretien de leur environnement. C’est d’ailleurs pour cela, et pour répondre à la demande des comités de quartiers, que la Ville a publié, dans le Journal de Wattrelos, un guide du bien vivre ensemble ! Tout cela à partir d’une remarque simple : si chacun, près de chez lui, devant chez lui, fait des efforts, collectivement, la ville de tous ne s’en portera que mieux.

 

Bien des investissements en équipements (balayeuse, machine anti-tags, gloutons…) et en moyens humains ont été faits dans les services municipaux wattrelosiens, et pourtant des insatisfactions peuvent subsister, y compris chez mes agents, les élus ou de ma part. Je sais tout ce qui est fait, tous les tonnages ramassés, les luttes incessantes contre les espaces dégradés. Et je ne cesse de vouloir pour autant qu’on puisse encore faire mieux. Et je rêve qu’un jour je puisse retirer des agents du service nettoiement – parce qu’il y aurait moins de travail – pour en affecter davantage à l’entretien des espaces verts, parcs et jardins, pour que la ville soit plus belle, toujours plus agréable à vivre.

 

Oh, bien sûr, moi qui voyage dans des communes alentour (jusqu’à Paris), je constate ô combien  que des communes qui ont des moyens considérablement plus importants que ceux de Wattrelos ont aussi des problèmes récurrents de nettoiement, qu’elles ne font pas toujours mieux, et parfois moins bien que mes équipes. Alors je pense à cette citation de Talleyrand :  « Quand je me considère, je me désole, mais quand je me compare, je me console »... La vérité est que la lutte est incessante pour faire comprendre qu’une ville propre, c’est l’affaire de tous, et pas seulement de la collectivité.  

 

Ensemble, on est plus forts. C’est pourquoi une association telle que l’AVPU peut être utile, pour les échanges d’expérience qu’elle permet. Mieux connaître les réussites, les échecs des uns et des autres,  c’est  être demain encore plus efficace dans sa politique de propreté urbaine. Voilà pourquoi Wattrelos y a adhéré.

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 21:13

La-Redoute-syndicats-mairie-Lille.jpegJuste après la manifestation de ce matin, je suis cet après-midi en mairie de Lille, aux côtés de Martine Aubry, maire de Lille et présidente de LMCU, de mes collègues maires de Roubaix et Tourcoing, mais aussi de Pierre de Saintignon, premier vice-président du Conseil régional, et de Patrick Kanner, président du Conseil général, afin de recevoir les délégués syndicaux de La Redoute, accompagnés de leur avocat, mon ami Mario Califano, et de quelques salariés.

 

L’objectif est d’organiser un front commun, et de mutualiser nos forces et capacités d’action, d’explorer toutes les pistes juridiques possibles, afin de contester la cession et d’éviter les mesures de suppressions d’emplois et de démantèlement annoncées.

 

Pour Martine Aubry, la vente à distance reste un secteur porteur, majeur dans le Nord, dont La Redoute est l’un des leaders. Or, le groupe Kering dont elle dépend l’a littéralement laissé « sécher sur pied » pour investir dans le monde du luxe. Il s’est donc servi de La Redoute à des fins stratégiques, l’a ponctionnée, oubliant de moderniser son outil de production, la laissant se désorganiser progressivement, compromettant ainsi sa pérennité. Bref, Kering méprise ouvertement une entreprise qui fait pourtant la fierté de notre région, et qui donne du travail peu ou prou, de façon directe ou indirecte, à quelque 6 000 personnes. Quel cynisme, quelle irresponsabilité !

 

Le message est clair : il faut exiger de la part de Kering, qui a réalisé 1,2 milliard de bénéfices l’an dernier (et dont les résultats seraient encore meilleurs cette année !) un vrai projet de réindustrialisation de La Redoute.

 

Parallèlement à l’action des syndicats et des salariés, les pouvoirs publics peuvent agir. Martine Aubry va ainsi demander à Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif (que j’ai pour ma part rencontré et questionné mercredi soir à ce sujet) de sommer solennellement le groupe Kering de renoncer à la cession tant que l’avenir de La Redoute ne sera pas clarifié.

 

Mais l’objectif de cette rencontre est aussi de pouvoir écouter syndicats et salariés, et de s’informer de leurs témoignages. On le sent d’emblée : l’émotion est palpable quand les uns et les autres s’expriment. La Redoute, ce sont des familles complètes, des femmes seules aussi, qui y travaillent depuis longtemps, des travailleurs âgés ou en situation de handicap, et dont la formation n’a pas été beaucoup renforcée ces dernières années. La perspective de  devoir perdre leur emploi, comme le dit Nora Miloudi, Secrétaire du C.E., est « catastrophique ».

 

Depuis 2006, à La Redoute, les effectifs ont fondu. Notamment à Wattrelos (oui, je l’ai bien vu ces dernières années, le volant d’intérimaires, très souvent wattrelosiens, a quasiment disparu : il y avait plus de 500 personnes !). Nombre de salariés se sentent méprisés. La secrétaire du CHSCT, Nicole, insiste pour que ne soit pas sous-estimé le risque psychosocial que déclencherait la destruction, dans ce contexte tendu, de centaines d’emplois.

 

La-Redoute-conf-de-presse-mairie-Lille.jpegLa Redoute doit vivre, c’est essentiel. Elle doit même se relancer, peut se moderniser, se réorganiser pour faire face à la concurrence et redonner confiance à son personnel en valorisant ses savoir-faire. C’est notre combat commun, élus, syndicats et salariés. Nous le mènerons au plus haut niveau de décision en appelant François-Henri Pinault, patron d’un très grand groupe, à se comporter comme tel, car pour l’heure, la décision essentielle est chez lui. Comme je le disais avec vigueur, au terme de la conférence de presse, à un journaliste en sortant de la mairie de Lille, si pour François-Henri Pinault la tentation de Venise, c’est bien, qu’il n’oublie pas la responsabilité de Roubaix !

 

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 17:50

Manif-La-Redoute-nov-2013.jpeg Manif-La-Redoute-nov-2013_2.jpeg

 

Sale temps sur la région et sale temps pour les salariés de La Redoute qui se mobilisent aujourd’hui à Lille. Une manifestation pour dire leur colère et leur angoisse suite à l’annonce, la semaine dernière, du directeur financier du groupe Kering (ex-PPR), de se séparer d’au moins 700 emplois (cf. article du 31 octobre).

 

Pas moins de quatorze cars ont été affrétés ; après avoir reçu les représentants syndicaux en mairie lundi après-midi, je suis évidemment de cette manifestation, en compagnie de mes collègues maires de Roubaix et Tourcoing, Pierre Dubois et Michel-François Delannoy, ainsi que des élus wattrelosiens, pour battre le pavé lillois, même humide. Nombreux sont les visages connus autour de moi : forcément, La Redoute à Wattrelos, c’est le site industriel de la Martinoire où travaillent beaucoup de mes concitoyens (La Redoute est le premier employeur de la ville, et de loin), parfois en famille d’ailleurs.

 

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Manif-La-Redoute-nov-2013_3.jpegC’est dire l’émotion qu’a suscitée l’annonce de Kering, qui avait certes déclaré vouloir se désengager de la vente à distance depuis 2009 (afin de recentrer son activité en direction du sport et des produits de luxe), mais qui avait jusque là uniquement exprimé son souhait de trouver le meilleur repreneur possible, capable de porter le meilleur projet industriel possible en respectant l’emploi. Quelle volte-face !

 

Les parapluies, chapeaux et casquettes sont donc de sortie, en cette fin de matinée, pour dénoncer cette attitude brutale, choquante, irresponsable sur le plan social. Les banderoles, slogans et chants se mêlent dans une ambiance très digne, empreinte de beaucoup d’émotion, et je mesure toute la détermination des manifestants qui m’entourent. C’est bien, il en faudra pour engager la lutte et faire prendre conscience à l’actionnaire que derrière sa décision, ce sont des milliers de familles (si l’on prend en compte les emplois indirects) qui seront terriblement fragilisées.

 

Manif-La-Redoute-nov-2013_7.jpeg Manif-La-Redoute-nov-2013_9.jpeg Manif-La-Redoute-nov-2013_6.jpeg


Ce cataclysme, ce tsunami social pour reprendre l’expression de mon collègue Pierre Dubois, il faut tout faire pour l’éviter. Cette manifestation est une étape importante, réussie, un incontestable succès de mobilisation. Mais l’action doit se poursuivre sans faiblir.

 

La Redoute et Wattrelos ont plus de 40 ans d’histoire en commun. Les élus wattrelosiens se battront fidèlement pour elle, aux côtés de ses salariés, car la vente à distance est encore un secteur d’avenir ; La Redoute en est encore l’un des leaders et elle doit avoir un avenir. C’est, ce midi, le cri des salariés et des élus qui les accompagnent.

 

Manif-La-Redoute-nov-2013_10.jpeg Manif-La-Redoute-nov-2013_11.jpeg


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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 14:10

Culture-en-commission.jpgCe soir, dès après le lancement des clubs Coup de pouce en mairie, je préside à l’Assemblée la séance de nuit de la commission des finances élargie consacrée aux crédits de la mission Médias, livre et industries culturelles, en présence d’Aurélie Filippetti, ministre de la culture.

 

Cinq rapporteurs des commissions des finances, des affaires culturelles et des affaires étrangères ont décomposé l’évolution des différentes lignes budgétaires. Nombre d’intervenants, ainsi que la ministre, ont salué la mémoire des deux journalistes de RFI assassinés au Mali.

 

Parmi les débats-clés, évidemment, la situation de France Télévisions, très bousculée – et durablement – par la décision de l’ancienne majorité de supprimer la publicité après 20 heures. Ont été évoqués la révision de la trajectoire de ressources tant publiques que publicitaires du contrat d’objectifs et de moyens, manifestement insincère, signé sous le gouvernement précédent, les orientations de l’avenant approuvé cet été et les efforts de gestion qui subsistent. Rappelons que le budget pour 2014 de FT est de 2 845 M€ et doit supporter une baisse des charges de 63 M€  (- 2,2 %) en trois ans.

 

Ont été également longuement traités l’audiovisuel extérieur, TV5, l’Institut national de l’audiovisuel (qui supporte un prélèvement de 20 M€ sur son fonds de roulement car cette somme, thésaurisée pour un projet immobilier qui supposait que l’Etat – promesse non financée de la Droite ! – apporte encore 55 M€, n’est pas concevable !). La ministre a beaucoup insisté à juste titre sur tous les grands chantiers annoncés (telle la Maison de l’Histoire) mais non financés par le gouvernement précédent, qu’elle se trouve ainsi dans l’obligation – réaliste – d’annuler au vu de la situation des finances publiques.

 

La ministre a aussi détaillé la réforme des aides à la presse. Mais elle s’est surtout félicitée – et je partage son enthousiasme – de l’effort fait par son ministère sur le livre et les industries culturelles (programme 334), dont les autorisations d’engagement augmentent de + 23,3 %. Une bonne transition avec ce qu’en mairie tout à l’heure je faisais avec les Coups de pouce ; ce qui me permet de dire à la ministre combien il serait essentiel que pour consolider ce type d’actions – et leur éviter les aléas budgétaires – son ministère s’engage avec celui de la Ville et de l’Education nationale.


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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 00:00

Clubs-coup-de-pouce-2013.JPGApprendre à lire, c’est essentiel ! Dès les premiers apprentissages, l’avenir d’un enfant peut se jouer. S’il décroche à ce moment-là, si la lecture lui est trop complexe, fastidieuse, le retard pris peut devenir un handicap pour le parcours scolaire. C’est dire si je suis très attaché à cette action car je la crois fondamentale pour la réussite scolaire de nos enfants.

 

Voilà pourquoi je me suis battu, en liaison avec l’inspecteur de l’Education nationale, pour porter auprès du préfet et des services du ministère de la Ville, que le financement de nos clubs Coup de pouce soit reconduit, élargi même.

 

Ainsi, ce soir, avec Jean-Pierre Mollière, IEN, la représentante de l’Apfée, et nos élus en charge des écoles, je lance à l’Hôtel de ville les 14 clubs Coup de Pouce qui vont commencer le 12 novembre prochain et vont fonctionner durant cette année scolaire.

 

Le dispositif va concerner 13 écoles, mobiliser 16 enseignants et 16 animateurs, mais aussi les parents des 70 enfants concernés (5 par club !). L’idée est, dans un accompagnement personnalisé des enfants à l’école, mais aussi à la maison (d’où le rôle important des parents !), de rendre la lecture plus ludique, plus agréable, et finalement de faire tomber la barrière de l’apprentissage de la lecture pour les enfants qui risquaient de décrocher. Voilà pourquoi on parle de club et pourquoi ce soir, enfants, parents, enseignants, inspecteur de l’EN et maire, nous signons la carte du club de chaque enfant, véritable passeport vers la lecture.

 

Tout cela est soutenu par l’Etat, qui au titre de la réussite éducative soutient la ville pour précisément 101 181 euros. C’est un bel effort (il y a quelques années, nous n’avions que moins de la moitié de cette somme !), qui me permet – et j’en suis très heureux – d’ouvrir deux clubs Coup de pouce, à l’école Jean-Macé au Laboureur, qui en avait été jusqu’à présent injustement dépourvue. C’est d’ailleurs grâce à Manuel Valls, qui a consenti une zone de sécurité prioritaire à Wattrelos, que nous pouvons ouvrir ces clubs à Jean-Macé, puisque le Laboureur étant en ZSP, j’ai pu plaider l’extension de la géographie prioritaire d’intervention aussi sur la lecture à cette école élémentaire. Et tant mieux !

 

Tout cela pour donner un bon départ, le meilleur possible, à nos enfants dans leur cursus scolaire, car c’est à l’école que se forge la capacité à réussir. Lire est la première des libertés. C’est aussi la première des émancipations, c’est elle qui ouvre les portes du monde et de la connaissance.


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